Hakek a exprimé bien mieux que moi ma propre opinion sur le sujet, dans la conclusion de son dernier livre, La présomption fatale :
Pour ce qui me concerne personnellement, je me considère aussi peu à même d’affirmer que de nier l’existence de ce que d’autres appellent Dieu, car je dois admettre que je ne sais pas ce que ce mot est censé signifier. Je rejette sans aucun doute toute interprétation anthropomorphique, personnelle ou animiste du terme, interprétations au travers desquelles de nombreuses personnes parviennent à lui donner une signification. La conception d’être agissants semblables à l’homme ou semblables à l’esprit m’apparaît plutôt être le produit d’une surestimation arrogante des capacités d’un esprit du type de celui de l’homme. Je ne peux attacher de signification aux mots qui, dans la structure de ma propre pensée ou dans ma vision du monde, n’ont pas une place qui leur donnerait un contenu. Il serait ainsi malhonnête de ma part d’utiliser de tels mots comme s’ils exprimaient une croyance à laquelle j’adhère.
J’ai longtemps hésité pour savoir si je devais ou non insérer cette note personnelle ici. J’ai fini par décider de le faire parce que le soutien d’un agnostique déclaré peut aider les croyants, qui hésitent parfois, à continuer sur la voie de conclusions que nous partageons. Peut-être que ce que de nombreuses personnes désignent sous le nom de dieu n’est qu’une personnification de cette tradition de morale et de valeurs qui gardent la communauté en vie. Nous apprenons aujourd’hui à voir que la source de l’ordre — la carte ou le guide qui peut indiquer comment jouer avec succès son rôle au sein du tout — et que la religion situe en une divinité semblable à l’homme, se trouve non à l’extérieur du monde physique, mais constitue l’une de ses caractéristiques, beaucoup trop complexe pour que chacun de ceux qui lui appartiennent forme une « image » ou un « dessin » d’elle. Les interdits religieux à l’encontre de l’idolâtrie et de la fabrication d’images de cette sorte sont donc judicieux. Peut-être néanmoins que beaucoup de gens ne peuvent concevoir la tradition abstraite que sous la forme d’une volonté personnelle. S’il en est ainsi, ne seront-elles pas, en une époque où les aspects les plus manifestement supra-naturels se voient rejetés comme autant de superstitions, enclines à vouloir trouver cette volonté dans la « société » ?
Seule différence, il appelle cela de l’agnosticisme, j’appelle cela de l’athéisme...
# L’avis de Hayek (non, pas Salma)
Posté par Moonz . En réponse au journal Athéisme, agnostisme: manifeste agnostique. Évalué à 3.
Pour ce qui me concerne personnellement, je me considère aussi peu à même d’affirmer que de nier l’existence de ce que d’autres appellent Dieu, car je dois admettre que je ne sais pas ce que ce mot est censé signifier. Je rejette sans aucun doute toute interprétation anthropomorphique, personnelle ou animiste du terme, interprétations au travers desquelles de nombreuses personnes parviennent à lui donner une signification. La conception d’être agissants semblables à l’homme ou semblables à l’esprit m’apparaît plutôt être le produit d’une surestimation arrogante des capacités d’un esprit du type de celui de l’homme. Je ne peux attacher de signification aux mots qui, dans la structure de ma propre pensée ou dans ma vision du monde, n’ont pas une place qui leur donnerait un contenu. Il serait ainsi malhonnête de ma part d’utiliser de tels mots comme s’ils exprimaient une croyance à laquelle j’adhère.
J’ai longtemps hésité pour savoir si je devais ou non insérer cette note personnelle ici. J’ai fini par décider de le faire parce que le soutien d’un agnostique déclaré peut aider les croyants, qui hésitent parfois, à continuer sur la voie de conclusions que nous partageons. Peut-être que ce que de nombreuses personnes désignent sous le nom de dieu n’est qu’une personnification de cette tradition de morale et de valeurs qui gardent la communauté en vie. Nous apprenons aujourd’hui à voir que la source de l’ordre — la carte ou le guide qui peut indiquer comment jouer avec succès son rôle au sein du tout — et que la religion situe en une divinité semblable à l’homme, se trouve non à l’extérieur du monde physique, mais constitue l’une de ses caractéristiques, beaucoup trop complexe pour que chacun de ceux qui lui appartiennent forme une « image » ou un « dessin » d’elle. Les interdits religieux à l’encontre de l’idolâtrie et de la fabrication d’images de cette sorte sont donc judicieux. Peut-être néanmoins que beaucoup de gens ne peuvent concevoir la tradition abstraite que sous la forme d’une volonté personnelle. S’il en est ainsi, ne seront-elles pas, en une époque où les aspects les plus manifestement supra-naturels se voient rejetés comme autant de superstitions, enclines à vouloir trouver cette volonté dans la « société » ?
Seule différence, il appelle cela de l’agnosticisme, j’appelle cela de l’athéisme...