N’est-ce pas aussi l’alphabet français qui est mal foutu ?
La sonorité du "ou" n’a strictement aucun rapport ni avec celle du "o" ni avec celle du "u" ni avec leur combinaison, et on peut en dire autant du "ch" et du "i suspendu" qui mouille les voyelles terminales comme dans "travail", "Coarraze-Nay (charmante petite gare près de Pau)"...
Sans parler du "ou suspendu" dans les terminaisons typiques du sud-ouest : milladiou, mordiou — quoique là on déborde du français sans avoir passé la frontière.
Un son, une lettre, ce serait plus logique, comme font les Russes avec leur cyrillique.
Combien de lettres changent de valeur ou ne se prononcent pas, en français, selon contexte : pratiquement toutes les consonnes.
Et quant aux voyelles, combien de façons différentes de rendre le son "o" ? Ô, o, oh, au, eau, ot...
Encore a-t-il une voyelle dédiée. Le "é" peut s’écrire æ, é, ai, ais, ait, eait... Toujours par combinaison, jamais directement puisque la lettre n’existe pas.
L’accent, c’est comme les diphtongues, ça sert à rendre par du bricolage les sonorités absentes de l’alphabet.
Cette langue, ça doit être l’enfer pour les étrangers.
S’il n’y avait qu’une raison d’accentuer les capitales : en minuscule et puisqu’on est dans la grammaire, comment écrit-on GREVISSE ? Raté, c’est Grevisse et non pas Grévisse.
Il y a aussi une phrase servant d’exemple, je l’ai oubliée, qui change complètement de sens selon qu’elle est écrite avec ou sans accent.
OpenOffice, et mon correcteur grammatical (il n’y en a pas 36 sous Linux) considèrent comme fautive la capitale non accentuée.
Jonathan Kew, le créateur de XeTeX, a eu la bonne idée de capitales basses pour sa police Gentium, plus basses que le "l" et le "f". Ainsi, accentuer les capitales ne provoquera aucun débordement sur la ligne supérieure ou distorsion d’un interligne étroit.
Beaucoup de ce que l’on apprend au catéchisme aujourd’hui (il a la peau dure) est dû à des contresens et erreurs de traduction : la langue de l’époque devait avoir ses accents elle aussi.
# AEIOU
Posté par eqfm . En réponse au journal Ah le français !. Évalué à 2.
La sonorité du "ou" n’a strictement aucun rapport ni avec celle du "o" ni avec celle du "u" ni avec leur combinaison, et on peut en dire autant du "ch" et du "i suspendu" qui mouille les voyelles terminales comme dans "travail", "Coarraze-Nay (charmante petite gare près de Pau)"...
Sans parler du "ou suspendu" dans les terminaisons typiques du sud-ouest : milladiou, mordiou — quoique là on déborde du français sans avoir passé la frontière.
Un son, une lettre, ce serait plus logique, comme font les Russes avec leur cyrillique.
Combien de lettres changent de valeur ou ne se prononcent pas, en français, selon contexte : pratiquement toutes les consonnes.
Et quant aux voyelles, combien de façons différentes de rendre le son "o" ? Ô, o, oh, au, eau, ot...
Encore a-t-il une voyelle dédiée. Le "é" peut s’écrire æ, é, ai, ais, ait, eait... Toujours par combinaison, jamais directement puisque la lettre n’existe pas.
L’accent, c’est comme les diphtongues, ça sert à rendre par du bricolage les sonorités absentes de l’alphabet.
Cette langue, ça doit être l’enfer pour les étrangers.
S’il n’y avait qu’une raison d’accentuer les capitales : en minuscule et puisqu’on est dans la grammaire, comment écrit-on GREVISSE ? Raté, c’est Grevisse et non pas Grévisse.
Il y a aussi une phrase servant d’exemple, je l’ai oubliée, qui change complètement de sens selon qu’elle est écrite avec ou sans accent.
OpenOffice, et mon correcteur grammatical (il n’y en a pas 36 sous Linux) considèrent comme fautive la capitale non accentuée.
Jonathan Kew, le créateur de XeTeX, a eu la bonne idée de capitales basses pour sa police Gentium, plus basses que le "l" et le "f". Ainsi, accentuer les capitales ne provoquera aucun débordement sur la ligne supérieure ou distorsion d’un interligne étroit.
Beaucoup de ce que l’on apprend au catéchisme aujourd’hui (il a la peau dure) est dû à des contresens et erreurs de traduction : la langue de l’époque devait avoir ses accents elle aussi.