• [^] # Re: Ça faisait longtemps..

    Posté par . En réponse au journal Une histoire de pirate.... Évalué à 3.

    Faux, on constate que le p2p n'as aucune influence négative sur le commerce des œuvre les plus téléchargées... Autrement dit, dans le cas des gros films à gros budget, il y à déjà un téléchargement à grande échelle et cela ne remet pas en cause le modèle économique.

    Ça, c'est dans un contexte où le téléchargement est illégal, donc:
    - risqué (P2P),
    - ou pénible (captcha, limite de débit sur les plateformes de DDL),
    - ou quand même payant (VPN, compte sur les plateformes de DDL).

    Ça m'étonnerait qu'il y ait du monde pour acheter des DVD si c'était parfaitement légal-gratuit-sans risque d'en récupérer le contenu en torrent. Il y a des gens qui achètent car ils considèrent ça comme amoral de télécharger (si si, j'en connais), ou trop risqué. En donnant le feu vert sur le téléchargement, ça risque de mettre une sacré claque au marché.

    Par exemple tu trouves des fichiers de cd Red Hat illégalement après la sortie d'un nouvelle Red Hat ? Non, car les gens préfèreront attendre quelque jour la sortie légale de Centos.
    Red Hat et CentOS ne s'adressent pas du tout au même public que Spiderman et Avatar.

    La plaie du p2p, c'est que les gens s'habituent à être dans l'illégalité.
    Oui, très juste: dans la situation actuelle, l'illégalité est tellement courante dans ce domaine, que les excès sont la norme. Si, de toute façon, télécharger un peu ou beaucoup, du récent ou de l'introuvable, c'est pareil, autant ne pas se gêner. Donc, effectivement, une légalisation partielle du téléchargement actuellement illégal devrait en effet pousser les utilisateurs raisonnables à un usage raisonnable (légal), et permettre de sanctionner plus clairement les abus.

    Dans le cas de la musique, il y a les concerts. L'argent des concerts devrait suffire. Ensuite je crois vraiment au mécénat global.
    Si par "mécénat global" tu sous-entends le fait de faire payer tout le monde dans un grand pot commun, c'est une très mauvaise idée. Ça prive le spectateur de la liberté de choisir quelles oeuvres il soutient.

    Se faire de l'argent sur une marge (même importante) d'un produit ne me dérange pas (Dans tous les cas il faut que je débourse de l'argent). Mais se faire de l'argent sur quelque chose qui ne coûte rien (si je copie un fichier de mon ordi sur l'ordi d'un copain par exemple) est absurde, car dans ce dernier cas l'acte de payer est artificiel !
    Pas d'accord. Payer 20€ l'entrée d'un parc (18€ pour rembourser les frais fixes, 2€ pour le coût réel de l'entrée) ou payer 20€ un film (20€ de frais fixes, 0€ de frais de copie) ça me paraît tout aussi absurde si on vise un modèle économique qui colle aux prix réels.
    Autrement dit, considérer qu'une copie de plus ne coûte rien, donc ne rien payer, c'est comme considérer qu'une entrée de plus (dans un concert, par exemple) coûte très peu donc vouloir payer très peu. Dans les deux cas on ferme les yeux sur les frais fixes qui représentent la majorité du prix.

    C'est d'ailleurs avec des argument comme ça que tout le monde pensait que RMS était un illuminé (qui peut de faire de l'argent avec du Logiciel Libre ?).
    L'immense différence est que RMS a proposé quelque chose de nouveau sans agresser frontalement le modèle existant (bien qu'il ne le portait pas dans son coeur).
    Si le libre avait consisté à réclamer la légalisation des copies gratuites de logiciels propriétaires, je doute qu'on en serait là aujourd'hui. Autrement dit, le libre a construit des logiciels différents, des modèles de développement différents, des licences qui s'appuient intelligemment sur le copyright afin de garantir les libertés de l'utilisateur. Le changement est bien plus profond que si on avait eu le droit de s'échanger Windows et Photoshop gratuitement sur la mule.

    L'argument qui consiste à mettre l'économique avant les libertés me gène un peu. On restreint les libertés pour des raison de pognons. Cette approche me dérange.
    Moi pas. Ce ne sont pas des libertés fondamentales. On ne t'empêche ni de survivre, ni de vivre, en t'imposant de respecter la volonté de l'auteur d'une oeuvre. Tu peux créer ta propre oeuvre et choisir sa licence, tu peux accéder aux oeuvres sous licence libre. Les idées circulent, la connaissance aussi, surtout en Europe où les brevets logiciels n'ont heureusement pas cours. Autant je suis d'accord sur le fait que devoir dépenser pas mal d'argent pour avoir une copie d'un film est inconfortable, autant je trouve exagéré d'assimiler cela à la privation d'une liberté. Et ce, d'autant plus qu'il n'existe aucun mécanisme qui vise à t'empêcher de faire de la copie entre amis: quelqu'un que tu connais a un DVD qui t'intéresse? Tu lui demandes une copie de la main à la main (ou en privé via Internet), personne ne te poursuivra. Ce n'est vraiment que la publication "au monde entier" des copies qui est poursuivie.

    Donc libérer le téléchargement ne changera rien pour ces œuvres, mais facilitera au contraire l'accès aux œuvres plus anecdotiques.
    Je suis persuadé du contraire: libérer l'accès à toutes les oeuvres risque de favoriser celles qui sont les plus connues, tandis qu'on peut encore espérer qu'en limitant le choix par une pression économique, les consommateurs capables de faire un choix judicieux se mettent à réfléchir: zut, je ne peux acheter qu'un seul DVD, ça ne vaut peut-être pas le coup d'acheter une bouse commerciale que j'ai déjà vue chez des amis.

    THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.