• [^] # Re: Ça faisait longtemps..

    Posté par . En réponse au journal Une histoire de pirate.... Évalué à 5.

    Je dit que je suis pour le droit pour tous à l'accès au savoir et à la culture et que le droit d'auteur à l'heure actuelle, parce qu'il permet de bloquer la diffusion, doit être revu. Et tous ce que tu trouve à me répondre c'est que des Kevins utilisent des argument vaguement similaire pour télécharger le dernier Spiderman. Et alors ? Ce n'est pas parce que des abrutis prétendent être (à tort) pour la diffusion de la culture que mon argumentation est à remettre en cause.

    Si, car une légalisation (ou dépénalisation) du partage de toutes les oeuvres aurait pour conséquence le fait de rendre légal le téléchargement du dernier Spiderman en screener le jour de sa sortie. Et je ne considère pas comme souhaitable le fait de permettre d'avoir gratuitement quelque chose qui a coûté cher à donner envie aux gens. Autrement dit: je respecte le business qui consiste à faire un film à gros budget, à dépenser plein d'argent pour convaincre le Kevin moyen qu'il faut aller le voir, et à compter sur un ROI excellent en vendant des places de ciné et des BlueRay. Business qui serait mis à mal par la
    De plus: sans mettre en place de limites (une chronologie de médias, par exemple), la disponibilité immédiate et gratuite des oeuvres dès leur publication, si elle devenait légale, me semble réellement de nature à mettre en danger tout financement des oeuvres. Et j'ai des doutes quand à l'auto-discipline des téléchargeurs si on disait "Vous pouvez télécharger seulement 2 semaines après la sortie du BlueRay."


    Bon on reprends tous en cœur : le monde matériel et le monde immatériel ne sont pas comparables ! Le cas du parc d'attraction est soumis à des problèmes de rareté (pas assez de place pour tout le monde, la matériel s'use et ne peux pas se copier à l'infini...)

    Les contraintes financières sont similaires. Pour le matériel, tu as un coût de production fixe et élevé, et un coût par utilisateur très faible. Pour l'immatériel, le coût par utilisateur est nul (dès qu'on accepte l'idée de ne pas utiliser que des supports matériels pour distribuer).
    Pourtant, les deux peuvent compter sur un modèle économique qui consiste à rentabiliser le coût de départ en faisant payer les utilisateurs plus cher que le coût réel d'une utilisation.
    Si on veut vraiment faire coller le coût payé par l'utilisateur, aux coûts réels, récupérer une copie d'un film serait certes gratuit, à condition que tous les utilisateurs se cotisent pour pré-financer l'oeuvre, bien avant sa réalisation finale. Quid de ceux qui n'ont pas pré-financé et qui, réflexion faite, trouvent l'oeuvre intéressante?
    C'est d'ailleurs une des raisons d'être des entreprises du divertissement/de la culture: elles ont une réserve d'argent qui leur permet de balancer des millions dans la production d'une oeuvre, en les récupérant plus tard grâce à la vente de droits d'utilisation qui, certes, ne reflètent pas le coût réel à ce moment-là. C'est une avance d'argent.
    Libérer la redistribution implique de trouver d'abord une solution pour le gros financement éventuellement nécessaire à la création d'une oeuvre: même une chanson demande un studio avec du matériel. Qui est prêt à mettre la main à la poche avant même d'avoir l'oeuvre?

    les livres écrit par des chercheurs où des enseignants devraient être librement diffusable par Internet
    Totalement d'accord: tout ce qui est financé avec de l'argent public, même partiellement, devrait être sous licence libre avec une clause copyleft. Mais ça ne remet pas en cause le droit d'auteur lui-même. Il se trouve que des gens sont payés par les citoyens pour créer des oeuvres qui ne sont pas librement réutilisables. Le problème serait le même si on finançait des routes avec le budget de l'état, pour en faire ensuite la propriété privée des riverains: une telle situation ne mettrait pas en cause la notion de propriété privée, mais poserait la question d'une conception très très particulière de l'intérêt public.

    Donc, oui, toute oeuvre financée par de l'argent public devrait être sous licence libre, comme les routes en fait: tu peux utiliser la route librement, y compris de façon commerciale (pas de clause NC), à condition de ne pas entraver l'usage d'autrui (clause copyleft), c'est à dire ne pas l'encombrer, ne pas mettre en danger les autres usagers.


    Au hasard, les concert, le cinéma, la vente de livre papier, le mécénat global

    Ce qui reviendrait à contraindre les auteurs à trouver des niches dans lesquelles la technologie ne permet pas d'avoir le même confort avec la copie gratuite. C'est assez dangereux: si l'encre électronique se généralise, ou si la légalisation des copies gratuites entraîne l'habitude de se retrouver à quelques dizaines pour louer une salle ou un vidéo-projecteur afin d'y regarder un film, ça finit de détruire l'économie sur ces oeuvres là.
    Autrement dit, tu constates que, à l'instant T, certains usages de l'oeuvre sont possibles sans surcoût (regarder une vidéo sur petit écran, écouter une musique sur son baladeur), et tu proposes de financer via les créneaux qui, pour l'instant, impliquent un surcoût (louer une salle de cinéma, imprimer des livres, organiser un concert) donc un circuit commercial, donc une rémunération. C'est une solution insatisfaisante, car se basant sur un défaut actuel de la société. Ceux qui ont su s'organiser pour échanger des copies gratuites peuvent s'organiser pour louer des salles de cinéma à prix coûtant et faire leur propre projection, pourquoi pas?

    Autrement dit, ce que je critique ce n'est pas tant la déconstruction du système actuel, que le manque de construction d'alternatives viables à long terme. On casse tout le système des droits d'auteur, ok, mais on met quoi à la place? Ce n'est en tout cas pas le milieu actuel du warez qui est prêt à construire un autre modèle. Va faire la quête en faveur d'un logiciel libre sur un board de warez, tu verras ce que je veux dire.

    THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.