• [^] # Re: Toujours et encore

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Appel à l'accessibilité GNU. Évalué à 2.

    > > > Le logiciel propriétaire ne se limite pas à une étude de marché.
    > > C'est pourtant le but essentiel d'une entreprise, faire des sous, non ?
    >
    > Le freeware, c'est propriétaire, et ça ne rapporte rien pécuniairement.
    > Le but du logiciel propriétaire n'est pas d'être payant, pas plus que celui du LL d'être gratuit.
    > On peut donc coder propriétaire sans vouloir se faire de sous. Même (souvent ?) sur DLFP on a des gens qui postent des annonces pour des logiciels qu'ils développent en disant « je libérerai le code plus
    > tard. »

    Ça dépend de ce qu'on appelle "propriétaire". Des logiciels d'accessibilité propriétaires mais gratuits, je n'en connais que très très peu. Ceux que je connais se distinguent ou bien en "en fait, je sais pas comment le rendre libre et je n'ai pas le temps de m'en occuper" (donc dans le principe il serait libre), ou bien en "je peux pas le libérer, ya des morceaux de propriétaire possédés par des entreprises". On en revient donc à la question d'entreprise, dont le but reste de faire des sous.

    > > C'est tout à fait vrai, mais justement pour une raison de marché.
    >
    > Ça veut dire que le marché n'est pas rentable pour le LL ?

    Mais pourquoi faut-il toujours que ce que l'on dit se fasse toujours retourner ? J'ai juste expliqué pourquoi le marché était très juteux pour quelques entreprises, d'où la présence bien forte des logiciels propriétaires. Ça ne veut pas pour autant dire que ce n'est pas rentable pour le LL, juste que c'est _très_ rentable pour quelques petites entreprises, pour des raisons perverses.

    > Il vaut mieux développer un n-ième clone d'amarok/rhythmbox que de faire des LL utiles ?

    Je ne comprends pas le rapport.

    > Il suffirait pourtant de faire du LL pour handicapé et de le vendre aux entreprises qui sont contraintes à l'utiliser...

    Qui est "Il" ? Une petite entreprise ? Si elle est idéaliste, elle va effectivement développer du LL, et vendre surtout du service, et se retrouver en compétition avec les tarifs plus que compétitifs des clubs de l'AVH. Si elle est réaliste, elle va se dire "les prix du marché sont très élevés, profitons-en !"

    > Le fait que ce soit un marché de niche ne justifie aucunement le fait que le LL n'y soit pas plus représenté. C'est un marché que je crois ouvert, et où la « mafia » n'est que le résultat du désintérêt total de la part du LL.

    Je ne pense pas que ce soit un problème de désintérêt, mais un problème de connaissance. Faire un logiciel accessible, je persiste à penser que ce n'est pas inné. Se mettre à la place de quelque d'autre, ça reste un exercice essentiellement difficile. Même des gens qui travaillent explicitement sur des problèmes d'accessibilité ne se rendent pas forcément compte des difficultés: on a un jour demandé à un développeur d'essayer, écran éteint, d'allumer son ordi et d'envoyer un mail. Il s'est rendu compte de tout un tas de problème auxquels il n'avait pas pensé. Alors un développeur lambda qui ne sait même pas quels logiciels installer pour tester...

    Un autre exemple: l'installeur Debian a une version accessible depuis longtemps. Récemment je l'ai fait intégrer à la version standard. Elle se faisait parfois casser par des modifications. J'ai ajouté une page décrivant comment tester le bon fonctionnement. Depuis, il y a effectivement de développeurs qui le testent et corrigent au besoin.

    Ce n'est pas un problème de volonté, juste d'information et de communication avec les besoins. Cf Vinux: des gens ont effectivement fait leur petit linux bien accessible, mais le faire intégrer aux distribs principales est difficile essentiellement à cause des problèmes de communication pour faire intégrer les modifications, pas à cause d'une mauvaise volonté (oui, bien sûr, il y a toujours des minorités, mais c'est vraiment minoritaire, car on peut toujours invoquer la liberté 0 du LL).

    > Crois moi, je suis profondément sensible à la question de l'accessibilité,

    Pas de problème, je comprends bien.

    > mais je ne crois vraiment pas que ce soit un milieu où la propriété du code est un soucis majeur.

    Le problème n'est pas le code, mais le marché distordu d'un côté et des difficultés de communication de l'autre. C'est entre autres pour ça que la FSF fait son appel (au sens "venez vous instruire") et que les RMLL 2010 auront un thème accessibilité transversal.