• [^] # Re: 1 fait, 3 questions, une réponse

    Posté par (Mastodon) . En réponse au journal "le plus gros problème du web, c'est l'ensemble des "webdesigners" aux choix techniques injustifiables.". Évalué à 5.

    Du français d'Haïti, de Côte d'Ivoire, de Louisiane...

    Ou aussi de l'anglais parlé par les Japonais, les Indiens, les Africains du Sud, les Texans, etc...

    Et que faire de l'espagnol aussi ?

    Le Chinois n'est en gros parlé qu'en Chine. Ca fait un paquet de gens, mais c'est très centré géographiquement.
    L'anglais, le français et l'espagnol sont parlés à travers le monde, dans tout un tas de pays qui n'ont plus grand chose à voir les uns avec les autres.



    Autant pour des protocoles de communication, ou des langages informatiques, un standard, ou un nombre restreint de dialectes, est une bonne chose, autant pour les langues c'est l'inverse.

    Parce qu'un protocole peut être traduit en un autre sans perte d'information, ou alors il suffit de créer un autre protocole englobant les deux. On peut simplifier deux protocoles ayant le même objet en en faisant un unique, et avec des passerelles simples réussir à ne plus promouvoir qu'un seul protocole et oublier les autres sans pour autant perdre le travail effectué avec les autres. Sans perdre ni leur sens, ni leur portée, ni leurs avancées. Donc standardiser est bien, parce que ça permet d'aller plus vite et d'être compris partout, sans qu'il n'y ait de perte.



    C'est totalement faux pour les langues. On n'exprime pas les mêmes choses de le même manière selon la langue que l'on parle, et on ne peut pas inventer une méta-langue capable d'exprimer ce qu'on peut exprimer dans toutes les autres. Déjà en regrouper deux relève de l'impossible. Déjà en regrouper *une* relève de l'impossible !
    Prend l'exemple simple du Français. Simple parce qu'on sait tous de quoi il retourne. En France on a l'Académie Française, qui définit ce qu'est le Français, comment il s'écrit, se conjugue, quelle est sa grammaire, bref, c'est le standard. Balades-toi dans deux régions de France et observe les différences avec ce standard, et l'une avec l'autre. Avec le Québec c'est pire, avec les pays d'Afrique Francophone, c'est très différent. Et tout ça reste le Français pourtant. Mais la Francophonie va largement au delà de l'Académie Française. Elle fixe juste les règles de base, et tranche les litiges, le rôle est important, pour ne pas dire capital. Mais c'est vivant, et la littérature Haïtienne francophone n'a pas grand chose à voir dans le style avec la littérature de Nouvelle Calédonie.

    Définir un standard dans les langues, c'est perdre énormément d'histoire, de passé, d'art, et même de présent, de culture. On ne peut pas écrire le même poëme en Français et en Anglais, on ne peut juste pas. Et on ne peut pas imaginer de méta-franglais capable de ce faire : il s'agirait d'une troisième langue différente des deux autres.

    De fait, le Français n'est absolument pas propriétaire, pas plus que l'Anglais, la preuve : les pays Francophones ne parlent pas le même Français. C'est cependant une langue normalisée, par l'Académie Française, ce qui n'empêche pas chaque pays Francophone d'adapter sa propre version, et de la redistribuer gratuitement et sans engagement. Et même chaque région francophone, voire chaque francophone, on parle tous notre propre Français.

    Ce qui n'est absolument pas une raison pour le parler n'importe comment ou l'écrire en langage SMS, si le but est d'être compris par son lectorat/auditoire. Cependant le langage SMS fonctionne, entre personnes sachant le « parler », il n'est juste pas adapté à « la francophonie », ni même au Français métropolitain et alentours (Belgique, Suisse, Luxembourg...).



    Il n'y a de fait aucune raison de décider que l'anglais puisse être un standard de communication et que tous devraient parler la même langue, alors qu'il est parfaitement logique de respecter les normes du W3C en ce qui concerne le développement web.
    Et pour le coup, les logiciels libres ont mieux compris cette réalité que les autres, puisque les efforts de traductions sont très forts, surtout pour les gros projets bien sûr, avec des versions dans des langues régionales (on a vu passer du Breton, de l'Occitan, du Basque, du Catalan, etc...).
    Et il se trouve que c'est la bonne approche.


    Le problème soulevé par Patrick à propos des anglicisme est un pur problème de communication. Utiliser des anglicisme réduit le nombre de personne qui vont comprendre le message. Ca a beau faire tendance ou donner un style, c'est simplement idiot.
    D'ailleurs comme le dit Tanguy Ortolo plus bas :
    « Ce qui est amusant avec les anglicismes, et là où on voit qu'ils sont parfaitement superflus, c'est qu'on peut les éviter, même au prix de périphrases quand ils n'ont pas d'équivalents élégants, sans que personne ne le remarque. »
    Et c'est totalement vrai.


    D'où les anglicismes ne servent à rien et sont un frein à la communication, et parler un bon français est la bonne approche.
    CQFD.


    Yth.