On ne soignera pas l'abstention en disant "voter saibien". Si les électeurs ne trouvent pas une raison de se déplacer, ils ne se déplaceront pas. Et quand on lit certains programmes politiques, on se dit qu'il y a beaucoup d'oubliés. Et bizarrement, c'est parmi ces oubliés qu'il y a le plus d'abstention (70% ou plus dans certains quartiers populaires par exemple).
L'abstention trouve son origine dans un désenchantement généralisé qui fait dire, même ici : "la droite et la gauche, ça change rien". Or, tous ceux qui le pensent font une erreur de base : ils confondent spécifications et implémentation.
Non la droite et la gauche, ce n'est pas la même chose, ils ont des valeurs et des fondamentaux complètement différents. Pour moi, la principale différence est dans ce qui fonde l'action politique : pour la gauche, l'homme est au centre de toutes les décisions (et donc l'intérêt général, les solidarités, l'égalité) tandis que pour la droite, c'est l'entreprise qui est au centre de toutes les décisions (et donc la propriété privée, la liberté). J'ai croisé une élue UMP il y a peu qui m'affirmait que pour elle, l'homme était au centre de son programme : joli discours mais qui ne tenait pas avec tout le fond de son discours qui disait qu'il fallait privilégier les entreprises. Donc pour moi, elle était clairement de droite.
L'implémentation, c'est-à-dire la déclinaison de ses valeurs et fondamentaux dans un programme, voire un projet ou une vision à long terme, est porté généralement par un parti politique. Et là, la limite devient parfois plus floue. La droite est capable de porter des projets sociaux (enfin pas trop ces temps-ci) et la gauche est capable de porter des projets en faveur des entreprises (le molletisme a de beau jour devant lui [1]). Là, on pourrait penser : donc c'est le centre qui a raison, finalement on pourrait tous s'entendre comme au pays des bisounours. Non, parce que le centre n'existe pas, c'est juste un balancier un coup à droite et un coup à gauche, selon le sens du vent et quand on lit le programme du principal parti centriste (le Modem), programme dit humaniste (mot qui ne discrimine pas vraiment pour moi, c'est comme dire "pour la paix et contre la faim dans le monde"), c'est clairement un programme de droite. Et je ne dis pas que saimal, c'est juste l'héritage de l'UDF qui était un parti de centre droit. Au final, le "centre", du moins en France, serait une sorte de droite avec une sensibilité sociale plus importante (ce que le PS tend à devenir d'ailleurs).
D'aucuns ici ont critiqué les votes contre systématique à l'Assemblée Nationale. Pour moi, il n'y a rien de plus normal, on retrouve le choc entre deux spécifications contradictoires. Oui parce qu'à un moment donné, il faut faire des choix et les choix fait par les uns sont souvent très différents des choix fait par les autres, pas selon un quelconque programme qui prévoieraient toutes les situations mais selon les spécifications qui disent comment agir au jour le jour. D'autre part, le spectre médiatique a tendance à montrer ces affrontements et à les amplifier mais il existe quelques votes pour lesquels droite et gauche vont dans la même direction, sur les fondamentaux commun, certes peu nombreux, mais qui nous permettent quand même de vivre en société.
Revenons au principal, donc l'implémentation diffère des spécifications, engendrant des frustrations et donc un rejet de la politique en général. La politique, c'est s'occuper des affaires de la "cité" (maintenant, l'État, la région, le département, la ville, etc). C'est donc l'affaire de tout le monde et tout le monde devrait y participer. Le vote est le seul moment où tous les citoyens sont égaux : un vote d'un grand patron du CAC40 ne vaut pas plus qu'un vote d'un bénéficiaire du RSA... sauf si ce deuxième ne vote pas.
Je m'arrête ici parce que c'est totalement décousu mais bon j'espère que j'ai réussi à faire passer quelques idées.
# Abstention
Posté par rewind (Mastodon) . En réponse au journal Voter?. Évalué à 9.
L'abstention trouve son origine dans un désenchantement généralisé qui fait dire, même ici : "la droite et la gauche, ça change rien". Or, tous ceux qui le pensent font une erreur de base : ils confondent spécifications et implémentation.
Non la droite et la gauche, ce n'est pas la même chose, ils ont des valeurs et des fondamentaux complètement différents. Pour moi, la principale différence est dans ce qui fonde l'action politique : pour la gauche, l'homme est au centre de toutes les décisions (et donc l'intérêt général, les solidarités, l'égalité) tandis que pour la droite, c'est l'entreprise qui est au centre de toutes les décisions (et donc la propriété privée, la liberté). J'ai croisé une élue UMP il y a peu qui m'affirmait que pour elle, l'homme était au centre de son programme : joli discours mais qui ne tenait pas avec tout le fond de son discours qui disait qu'il fallait privilégier les entreprises. Donc pour moi, elle était clairement de droite.
L'implémentation, c'est-à-dire la déclinaison de ses valeurs et fondamentaux dans un programme, voire un projet ou une vision à long terme, est porté généralement par un parti politique. Et là, la limite devient parfois plus floue. La droite est capable de porter des projets sociaux (enfin pas trop ces temps-ci) et la gauche est capable de porter des projets en faveur des entreprises (le molletisme a de beau jour devant lui [1]). Là, on pourrait penser : donc c'est le centre qui a raison, finalement on pourrait tous s'entendre comme au pays des bisounours. Non, parce que le centre n'existe pas, c'est juste un balancier un coup à droite et un coup à gauche, selon le sens du vent et quand on lit le programme du principal parti centriste (le Modem), programme dit humaniste (mot qui ne discrimine pas vraiment pour moi, c'est comme dire "pour la paix et contre la faim dans le monde"), c'est clairement un programme de droite. Et je ne dis pas que saimal, c'est juste l'héritage de l'UDF qui était un parti de centre droit. Au final, le "centre", du moins en France, serait une sorte de droite avec une sensibilité sociale plus importante (ce que le PS tend à devenir d'ailleurs).
D'aucuns ici ont critiqué les votes contre systématique à l'Assemblée Nationale. Pour moi, il n'y a rien de plus normal, on retrouve le choc entre deux spécifications contradictoires. Oui parce qu'à un moment donné, il faut faire des choix et les choix fait par les uns sont souvent très différents des choix fait par les autres, pas selon un quelconque programme qui prévoieraient toutes les situations mais selon les spécifications qui disent comment agir au jour le jour. D'autre part, le spectre médiatique a tendance à montrer ces affrontements et à les amplifier mais il existe quelques votes pour lesquels droite et gauche vont dans la même direction, sur les fondamentaux commun, certes peu nombreux, mais qui nous permettent quand même de vivre en société.
Revenons au principal, donc l'implémentation diffère des spécifications, engendrant des frustrations et donc un rejet de la politique en général. La politique, c'est s'occuper des affaires de la "cité" (maintenant, l'État, la région, le département, la ville, etc). C'est donc l'affaire de tout le monde et tout le monde devrait y participer. Le vote est le seul moment où tous les citoyens sont égaux : un vote d'un grand patron du CAC40 ne vaut pas plus qu'un vote d'un bénéficiaire du RSA... sauf si ce deuxième ne vote pas.
Je m'arrête ici parce que c'est totalement décousu mais bon j'espère que j'ai réussi à faire passer quelques idées.
[1] http://www.politis.fr/Le-molletisme-se-porte-bien-Voyez,9879(...)