• [^] # Re: l'économie pour les serins

    Posté par . En réponse au journal La stratégie du choc. Évalué à 2.

    > l'utilité marginale fait du cas particulier à une époque donnée une sorte de loi générale et vraie de tout temps.
    L’utilité marginale, c’est une définition. En tant que concept, la question de sa vérité ou non est totalement fallacieuse. Une définition est utile ou inutile (et cette utilité dépend du contexte théorique l’introduisant), elle n’est pas vraie ou fausse. Si quelqu’un te sort "le triangle rectangle fait du cas particulier à une époque donnée une sorte de loi générale et vraie de tout temps", que peux-tu répondre à ça, honnêtement, à part lever les yeux au ciel ?

    > après effectivement, j'ai fait un raccourci brutal sur la réalité
    Un peu trop brutal, si tu veux mon avis.

    > mais c'est un sujet assez compliqué pour ne pas faire des pavés illisibles pour un commentaire
    Je ne te demande pas un pavé. Juste les éléments qui te permettent de penser que le théorème de l’utilité marginale, qui est à la microéconomie moderne ce qu’est le principe de récurrence aux mathématiques (un socle fondamental, et au final assez simple à démontrer), n’est pas ce que les économistes en pensent (cad: une conséquence inévitable et direct des concepts de préférence et de choix, qu’on peut difficilement appeler des "constructions dont la réalité dépend du contexte")
    Pour reprendre mon analogie, si quelqu’un sort que "le théorème de Pythagore n’est en fait vrai que dans certaines conditions, il n’est pas vrai tout le temps ni partout", on peut s’attendre à quelque chose de plus consistant que "oui mais de toute façon c’est trop compliqué pour vous".

    > en y imposant le sceau de la "science dure" ie une vérité définitive et inattaquable
    Les sciences dures ne sont pas des vérités mais des modèles approximatifs ; elles ne peuvent donc être ni définitives, ni inattaquables.
    Et je ne crois pas que Friedman se fourvoyait sur ce point lorsqu’il a introduit son « économie positive ». Il me semblait, quant à moi, être parfaitement lucide quant aux limites de l’empirisme. Mais cette lecture remontant à loin, je peux très bien me tromper.