• # epub

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Chronique d'un flop annoncé. Évalué à 10.

    Suivant de près ce qui ce passe au niveau du livre électronique (en particulier publie.net), la très bonne nouvelle de cette annonce, c’est que le format retenu pour les livres électroniques, c’est l’epub. C’est assez surprenant de la part d’Apple mais ils ont choisi un format ouvert, et qui n’a pas encore vraiment réussi à s’imposer.
    C’est une bonne nouvelle car on peut espérer que ça va pousser le format contre ceux, fermés, que certains acteurs ont commencé par essayer d’imposer.
    Or pour le moment, si les spécifications sont assez précises, on manque cruellement d’applications, tant pour créer des epub (pourtant c’est du xml + css) que pour les lire. Par exemple, l’application pour lire les epub par adobe (celle qui est présente sur les liseuses sony) ne permet toujours pas de justifier le texte ! Même pas la peine d’espérer des ligatures ou autres fonctions avancées (alors que le moteur de firefox le fait depuis quelques temps maintenant). J’espère donc que l’entrée d’Apple sur le marché des « livrel » va pousser le développement des applications dédiées à l’epub.

    Sous linux, pour lire des epub vous pouvez essayer fbreader1. Pour créer des epub, c’est le désers ou presque. Rien du côté de LaTeX / ConTexT, ni openoffice (et c’est la même chose sous mac et windows). Reste Sigil2 qui propose bien peu de fonction (mais attention, n’oublions pas que c’est le moteur d’affichage de l’epub qui devra être performant). Naturellement puisque l’epub c’est du xml + css, reste les éditeurs de texte habituels. Mais on aimerait bien pouvoir, par exemple utiliser une police proportionnelle sous vim ! Ça aide pour lire de long textes « denses ».

    Évidemment, tout n’est pas rose. La mise en place d’un ebook store (attendons de voir la question des DRM) est plutôt inquiétante, en particulier pour les petits éditeurs. Et que ferons-nous si les livres ne sont lisibles que sur l’application mac ?

    Ce qui me fait rire c’est les captures où on voit qu’ils ont créé une interface avec une page virtuelle qui tourne... C’est totalement ridicule et c’est un des rare défaut du papier, ce temps de tourne de page, et qui est une vrai contrainte pour les typographes (or quand on sait les lacunes des moteurs typographiques pour epub, cf au dessus...).
    C’est d’autant plus bête que :
    — avec la lecture sur le net, nous avons de plus en plus l’habitude de ne plus avoir de référence « page » quand nous lisons ;
    — le fait que la taille des caractères change implique que le nombre de page d’un volume change aussi. Ainsi dire : c’est à la page 32 ne veut plus rien dire. Il va falloir apprendre à compter en mots ou en caractères (et donc kilo-mots et kilo-caractères). Comme le font les journalistes.

    Certains textes (mettons Céline, Thomas Bernard, Koltès par exemple) seraient bien mieux soutenu par un long parchemin qui se déroule que par le support-page.

    Voilà pour un rapide résumé de la situation, on devrait voir pas-mal de réactions sous peu.

    [1] http://www.fbreader.org/support.php
    [2] http://code.google.com/p/sigil/