Oui, je peux lire tes commentaires bien qu'ils ne soient pas dans un livre. En effet, il n'y a pas que les livres qui soient lisibles. Il n'y a cependant pas d'objet simple, comme un livre, qui jouerait de la musique sans le truchement de processus exécutés par l'objet. Ou plutôt si, ça existe, des partitions par exemple, ou des tablatures, d'autres formes d'écriture en somme.
Alors recommençons, peut-être m'exprimé-je mal. Allons au plus près du concept. En court d'abord. Un livre est directement intelligible. Sans processus annexe. Il faut, certes, qu'il soit en suffisamment bon état. Que le lecteur soit alphabétisé dans la langue du livre, et en mesure de lire physiquement, c'est à dire avec une suffisamment bonne vue ou, s'il s'agit de braille, qu'il ne se soit pas en outre fait couper les doigts. En passant, je trouve extrêmement pertinente ta remarque à propos des livres électroniques et du mode d'affichage qui peut varier selon les besoins ou les handicaps des lecteurs.
Ce n'est pas que viscéral. Il y a la nécessité d'une médiation supplémentaire entre l'ouvrage et le lecteur à tout moment, le livre électronique. Je répète : un livre est directement intelligible. Quel que soit la complexité de son processus de fabrication, une fois produit il est simplement et directement utilisable. Il n'y a pas besoin de médiation technologique. D'un lecteur qui peut casser. D'un format de stockage qui peut changer. Qui peut être changé sciemment. Quand j'ai un livre dans la main je n'ai besoin de rien d'autre pour le lire.
Alors oui, peut-être, le livre électronique va-t-il supplanter le livre imprimé. Ça dépendra du marché et des individus. Si ceux qui acceptent le livre électronique sont suffisamment nombreux pour que le marché y trouve son compte. Si, dans le cas contraire, le marché a la volonté de l'imposer. N'oublions pas la fameuse remarque de Coluche, selon laquelle il suffit de ne pas acheter quelque chose pour que ça ne se vende pas.
Enfin parlons de ton raisonnement par analogie avec les bouliers, qui a le grand mérite de montrer les limites du raisonnement par analogie. La calculatrice remplace le boulier en le dépassant. Est-ce vraiment le cas du livre électronique par rapport au livre imprimé ?
Tu noteras par ailleurs que je n'exprime pas un rejet total du livre électronique. Pour les magazines, les livres techniques rapidement périmés, ça peut être très bien. Il faudra pourtant faire la part des choses entre ce qui peut être édité directement sur Internet et ce qui doit l'être sur le livre électronique, qui n'a décidément pas qu'un seul concurrent.
Je laisse de côté les aspects environnementaux, le problème des pays pauvres, qui sont majoritaires et où le problème de l'éducation est souvent criant, où le coût du lecteur, qui peut te sembler modique, pourrait y être prohibitif.
[^] # Re: Bof
Posté par Philip Marlowe . En réponse au journal [HS] l'hyperlivre ou l'hypermoyen d'organiser l'hyperconsumérisme des hyperpigeons. Évalué à 2.
Alors recommençons, peut-être m'exprimé-je mal. Allons au plus près du concept. En court d'abord. Un livre est directement intelligible. Sans processus annexe. Il faut, certes, qu'il soit en suffisamment bon état. Que le lecteur soit alphabétisé dans la langue du livre, et en mesure de lire physiquement, c'est à dire avec une suffisamment bonne vue ou, s'il s'agit de braille, qu'il ne se soit pas en outre fait couper les doigts. En passant, je trouve extrêmement pertinente ta remarque à propos des livres électroniques et du mode d'affichage qui peut varier selon les besoins ou les handicaps des lecteurs.
Ce n'est pas que viscéral. Il y a la nécessité d'une médiation supplémentaire entre l'ouvrage et le lecteur à tout moment, le livre électronique. Je répète : un livre est directement intelligible. Quel que soit la complexité de son processus de fabrication, une fois produit il est simplement et directement utilisable. Il n'y a pas besoin de médiation technologique. D'un lecteur qui peut casser. D'un format de stockage qui peut changer. Qui peut être changé sciemment. Quand j'ai un livre dans la main je n'ai besoin de rien d'autre pour le lire.
Alors oui, peut-être, le livre électronique va-t-il supplanter le livre imprimé. Ça dépendra du marché et des individus. Si ceux qui acceptent le livre électronique sont suffisamment nombreux pour que le marché y trouve son compte. Si, dans le cas contraire, le marché a la volonté de l'imposer. N'oublions pas la fameuse remarque de Coluche, selon laquelle il suffit de ne pas acheter quelque chose pour que ça ne se vende pas.
Enfin parlons de ton raisonnement par analogie avec les bouliers, qui a le grand mérite de montrer les limites du raisonnement par analogie. La calculatrice remplace le boulier en le dépassant. Est-ce vraiment le cas du livre électronique par rapport au livre imprimé ?
Tu noteras par ailleurs que je n'exprime pas un rejet total du livre électronique. Pour les magazines, les livres techniques rapidement périmés, ça peut être très bien. Il faudra pourtant faire la part des choses entre ce qui peut être édité directement sur Internet et ce qui doit l'être sur le livre électronique, qui n'a décidément pas qu'un seul concurrent.
Je laisse de côté les aspects environnementaux, le problème des pays pauvres, qui sont majoritaires et où le problème de l'éducation est souvent criant, où le coût du lecteur, qui peut te sembler modique, pourrait y être prohibitif.