• [^] # Re: Bof

    Posté par . En réponse au journal [HS] l'hyperlivre ou l'hypermoyen d'organiser l'hyperconsumérisme des hyperpigeons. Évalué à 1.

    Bon, d'abord, il n'y a pas besoin de DRM pour qu'on puisse conserver le support et perdre le contenu.

    Tu as fait le pas pour l'audio, tu n'as pas encore fait le pas pour le livre.

    Ce n'est pas la même chose. Manipuler le CD, ou le vinyle ça n'a rien à voir avec l'écouter. Par contre lire un livre sans le manipuler...

    D'autre part, j'ai vu des assertions sur la durabilité des livres, pas forcément par toi, qui me laissent perplexes. J'ai des vieux Jules Vernes et des Jack London qui datent de l'enfance de mon père, les années fin 1930 et 1940, dans une très ancienne Bibliothèque verte qui tiennent très bien le choc. J'en achète encore de temps en temps chez les bouquinistes. Des bouquins de math ou autre d'avant guerre ou d'immédiat après guerre qui me sont utiles et très précieux pour présenter parfois à mes enfants des notions qui sont expliquées de manière moins absconse que dans les livres d'école de maintenant.

    Et oui, ça me choque de devoir alimenter en énergie électrique des appareils censés remplacer les livres, qui n'en consomment qu'à la fabrication. D'avoir à suivre l'évolution des standards pour être sûrs qu'ils puissent rester lisibles. Tu as des cassettes VHS chez toi ? Tu les a transcodées ?

    Les livres me posent des problèmes simples. Les transporter, les ranger, en prendre soin, c'est simple. Lire trois livres en même temps (pas simultanément bien sûr), c'est simple. Pas besoin de s'y connaître dans un domaine technique. Quand j'achète dans une brocante La technique du coup d'état de Malaparte et que les pages sur ce qui s'est passé en 1920 à Varsovie ont été découpées propre par un de ses anciens possesseurs, je le vois, c'est une manière rudimentaire de caviarder un livre, pas besoin de fournir des méthodes plus élaborées à ceux qui peuvent avoir intérêt à ce genre de choses. Quand on aime lire, on ne se contente pas des livres neufs en vente sur le marché. Tu imagines, dans vingt ans un bouquiniste ou une brocante de livres numériques ?

    Ce n'est pas que la technique me pose problème. C'est que toutes nos activités n'ont pas fatalement besoin de mutations techniques. On a débattu ici de la durabilité comparée des deux formes de livres. C'est une question oiseuse. Le livre numérique n'aura pas besoin de subir des dégradations pour être à terme illisible.

    Je ne dis pas que c'est inutile : Engineering and Scientific Computing with Scilab ou PostgreSQL par la pratique, certaines revues et magazines, seraient avantageusement publiés sous cette forme.

    Ah oui, en dernier, puisque l'on envisage la disparition des livres avant celle des SDF, pour ceux qui vivent dans des conditions difficiles, ou pire, qui sont sans domicile ou en prison, le livre électronique pourrait être une forme supplémentaire d'exclusion.

    Voilà, je réponds en vrac, je vois tellement d'objections à faire que je ne sais pas par quoi commencer. J'ai un rejet autant viscéral que raisonné de ce genre de choses.