• [^] # Re: Faîtes du TOR au gouvernement chinois...

    Posté par . En réponse au journal Fermeture prochaine de Google Chine?. Évalué à 3.

    Si on produit une œuvre, c'est à partir de ressources qu'on a monopolisé. En monopolisant des ressources on empêche d'autres de les utiliser pour produire des œuvres.
    Si j'ai bien compris:
    quelqu'un utilise de l'argent (qu'il a donc monopolisé) pour produire (par exemple) une chanson.
    Forcément, cet argent pourrait être utilisé par quelqu'un d'autre pour produire une autre chanson (ou la même), qui serait sous licence libre, et cela profiterait davantage à la communauté. On est d'accord.
    Sauf que là, ce n'est pas la PI qui est en cause: c'est la notion de propriété tout court. Le même problème se pose si quelqu'un accumule des ressources pour se construire un château et y loger sa famille, au lieu de construire un HLM et loger des centaines de familles.

    Il me semble que tu sors donc du problème "propriété intellectuelle" pour attaquer la notion même de "propriété individuelle". C'est un débat bien plus large: la propriété intellectuelle a besoin de la notion de propriété individuelle pour exister, mais la réciproque n'est pas vraie.

    Au-delà il n'y a pas de légitimité naturelle à monopoliser des ressources.
    Ok, tu confirmes mon analyse ci-dessus: ce n'est pas seulement la PI qui te dérange, mais (surtout) l'accumulation de ressources au-delà du nécessaire, tandis que d'autres n'ont pas assez de ressources pour assurer le strict nécessaire.
    Je suis d'accord avec ce point de vue socialiste (au sens noble), mais je ne vois toujours pas pourquoi interdire à quelqu'un de "dépasser" son quota de ressources, s'il s'en donne les moyens. Mais le problème de la PI reste entier.

    gaspillage de ressources publiques dans des usines à gaz comme HADOPI, taxes de supports numériques vierges...
    Tu noteras que ce gaspillage prend prétexte du non-respect des licences privatives. Dans un monde où chaque individu respecterait scrupuleusement les licences, y compris privatives, on aurait du mal à justifier l'existence de Hadopi, même en y mettant beaucoup de mauvaise foi. Autrement dit, Hadopi est une réaction de défense vis à vis d'une agression dans le champ de la PI: des gens sont allés dans le local rempli de parasites, les ont aspergés avec de l'insecticide "crack no CD" et "Divx sur eMule", les parasites sortent du local et attaquent tout le monde (même ceux qui laissent les parasites tranquilles). La réaction est dispoportionnée, elle m'indigne également, mais ne condamne pas la notion même de PI. C'est comme si tu voulais condamner la liberté d'expression parce que des gens sont insultants ou diffamants.

    Sauf qu'il faut avoir les moyens d'échapper à la propagande de ceux qui monopolisent les richesses
    Au contraire, accéder à la propagande demande des moyens! Achat d'un poste de TV ou de radio, paiement de la redevance, sortie dans les endroits qui diffusent les oeuvres propriétaires (bars, discothèque, cinéma, concerts).
    Rejeter leur propagande permet d'économiser des ressources.
    Là où je te rejoins, c'est quand les pouvoirs publics relaient cette propagande. Ce genre de choses m'indignent:
    http://www.framablog.org/index.php/post/2009/05/04/leo-ferre(...)
    Comme l'explique Stallman avec justesse, les établissement d'enseignement public ne devraient utiliser que des logiciels libres, et j'ajouterais qu'ils ne devraient utiliser que des sources (artistiques ou techniques) sous licence libre. Et pas offrir une publicité gratuite aux parasites privateurs.

    Ta réaction me fait penser exactement à ça. Tant que c'est qu'aux autres que ça nui, pourquoi bouger ?
    La différence avec le poème de Martin Niemöller, c'est que le premier acteur de sa privation de liberté, c'est celui qui en est privé. Comme si le panier à salade attendait en bas de l'immeuble: "ils" ne vont pas chercher les communistes, les syndicalistes, les juifs et les catholiques, mais ils leur disent "Descendez de chez vous, on vous donnera des bonbons si vous acceptez d'aller en prison." Et ils descendent, ils vont à la FNAC acheter leur DVD ou leur BlueRay DRMisé, leur TV compatible HDCP.
    Tu veux que je fasse quoi? Bien sûr, quand ils auront vidé l'immeuble de ses habitants, ils risquent de monter chercher les récalcitrants qui ne se laissent pas amadouer par des bonbons. Mais le discours qui consiste à dire "Tu te prives de tes libertés, en faisant cela tu mets indirectement en danger les miennes, et même si toi ça ne te dérange pas, moi ça me dérange" est assez délicat à tenir. Ce n'est pas faute d'essayer, hein, mais quand j'explique aux gens qu'en achetant un DVD à The Big Company ils soutiennent l'ACTA, que l'ACTA nuit à mon Internet libre, donc qu'ils nuisent à ma liberté, ça ne leur plait pas franchement.
    Tu veux voir ce que ça donne, dans le contexte?
    http://forum.ubuntu-fr.org/viewtopic.php?pid=3157828#p315782(...)
    Je ne connais pas 36 000 façons de faire progresser une idée, je n'en connais que deux: argumenter en sa faveur, ou l'imposer par la force.
    Argumenter pour la liberté, j'y suis toujours prêt. Force est de constater que ça fonctionne peu.
    Imposer la liberté par la force, c'est un contresens. Et ça ne fonctionne pas.

    Combien d'heures un citoyen français doit-il consacrer obligatoirement à veiller au bon fonctionnement du système ? Zéro.
    Combien d'heures passe en moyenne un citoyen français devant la TV? 3H.
    Les gens ont donc du temps "de bonus" à consacrer à autre chose qu'à leur survie.
    Beaucoup préfèrent le consacrer à autre chose qu'à s'inquiéter de l'évolution de la société (qui pourtant les concerne directement).
    Mon opinion, mon idéal si tu préfères, c'est que chacun récolte ce qu'il sème. Si seulement les lois votées par un gouvernement ne s'appliquaient qu'à ceux qui ont voté pour lui, j'en serais ravi. Si les conséquences négatives de la PI ne s'appliquaient qu'à ceux qui acceptent d'y avoir affaire, je dormirais sur mes deux oreilles.

    En fait, le problème se résume à cela: les décisions de la majorité ont des conséquences négatives sur l'ensemble de la société. Hélas, je ne vois pas de meilleure "porte de sortie" que le cloisonnement, c'est à dire le fait de veiller à ce que les conséquences des décisions d'un individu ne soient subies que par lui-même, ce qui n'est pas le cas actuellement (et me parait difficile à mettre en place).

    Comme l'avait expliqué en son temps ce regretté Desproges:
    "D'Etat ou pas, la télé, c'est comme la démocratie: c'est la dictature exercée par le plus grand nombre sur la minorité.
    Dommage qu'on n'ait jamais rien trouvé de mieux que les drapeaux rouges et les chemises noires pour en venir à bout."

    THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.