• [^] # Re: Faîtes du TOR au gouvernement chinois...

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Fermeture prochaine de Google Chine?. Évalué à 2.

    Oui, mais ce n'est pas pour autant que la décision de quelqu'un, de produire une ressource, puis d'y restreindre l'accès, empêche les autres de produire eux aussi des ressources.

    Personne ne fait jaillir des ressources du néant. Si on produit une œuvre, c'est à partir de ressources qu'on a monopolisé. En monopolisant des ressources on empêche d'autres de les utiliser pour produire des œuvres.

    Si j'ai bien compris, tu reproches à des gens le fait de produire une ressource et de ne pas en ouvrir l'accès.

    Non, ce n'est pas ce que je pense. Dans une certaine mesure, monopoliser des ressources est naturellement légitimé par la survie, voir le bien être. Au-delà il n'y a pas de légitimité naturelle à monopoliser des ressources. Prétendre avoir des privilèges sur les informations découlant de travaux effectués avec des ressources illégitimement acquises me semble contre nature.

    Mais ils font ce qu'ils veulent avec leur cerveau, bon sang! Même si tu considères leur travail comme tellement privateur qu'il en devient inutile, c'est au pire des cas comme s'ils n'avaient _rien_ fait.

    Ce n'est malheureusement pas le cas, on vois bien les effets que cela à sur notre société : gaspillage de ressources publiques dans des usines à gaz comme HADOPI, taxes de supports numériques vierges...

    Si effectivement cela n'avait pas des répercussions sur mon environnement, je n'y trouverait rien à y redire. Mais cela ne se passe pas dans une bulle hermétique au reste du monde. Au contraire cela à plus tendance à marginaliser les comportements d'entre-aide.

    Oui, on est d'accord sur ce point. Mais les abus d'usage de la PI ne sont pas, à eux seul, un argument permettant de la rejeter en bloc. Dans les cas que tu cites, il s'agit, primo, d'une idée (donc de brevets, pas de droits d'auteur sur une production nouvelle), et deuxio, de droits que quelqu'un s'arroge sur une idée qui lui était antérieure.

    Il ne s'agit pas que des abus, mais des effets de bord intrinsèques à toute forme de PI qui va nécessairement engendrer des situations sociales de subordination.

    Ce n'est pas du racket, et oui c'est de leur faute. On parle de ressources qui sont totalement optionnelles, là. Et ce, d'autant plus qu'il existe des ressources libres permettant d'assurer les besoins "de base".

    Sauf qu'il faut avoir les moyens d'échapper à la propagande de ceux qui monopolisent les richesses, et ont donc toutes les ressources nécessaires pour manipuler une majorité déjà bien embourbé dans l'abrutissement.

    Je ne dit pas que c'est impossible, quelques uns pourront compenser leur handicape d'origine sociale par des capacités innés au dessus de la moyenne et pas mal de chance.

    Si la société te permet d'assouvir tes besoins vitaux, et te propose, en supplément, des distractions facturées au prix fort, je ne vois pas ce qui te donnerait une raison de te plaindre, ou de penser que quelque chose te donne le droit d'accéder au superflu.

    On voit bien que la société actuel ne répond pas aux besoins vitaux de tous, bien qu'il y ai suffisamment de ressources pour cela. La sous-alimentation affecte quelques 800 millions de personnes dans le monde (selon wikipédia, qui ne cite pas de source, cela dit j'ai entendu 1 milliard dans une émission y a pas très longtemps).

    Le contexte culturel des oeuvres privatives est même bien plus souple que le contexte démocratique: même si je considère qu'une loi est inepte et injustifiée, et que sa violation ne cause de tord à personne d'autre qu'à moi-même, je risque d'être sanctionné si je ne la respecte pas. Le poids de la masse va jusqu'à décider de ce que j'ai (par exemple) le droit de consommer comme drogues dans mon espace privé.

    Je doute que le poids de la masse soit pour grand chose dans ces lois. L'influence d'une minorité jouissant du privilège de monopoliser beaucoup de ressources me semble plus probable. J'aimerais bien voir des référendum sur la légalisation du téléchargement et du cannabis.

    Tandis que, même si l'immense majorité des français pense que Avatar est un film qu'il est indispensable d'aller voir, ça ne me force pas à aller le voir pour autant, ni à en penser du bien.

    Certes mais avec tout le fric accumulé par les entrées, ils pourront faire du lobying pour faire passer de fantastiques lois comme HADOPI, faire passer l'ACTA et autres joyeusetés. Ça me fait penser au poème de Martin Niemöller :

    Quand ils sont venus chercher les communistes,
    Je n'ai rien dit,
    Je n'étais pas communiste.

    Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
    Je n'ai rien dit,
    Je n'étais pas syndicaliste.

    Quand ils sont venus chercher les juifs,
    Je n'ai pas protesté,
    Je n'étais pas juif.

    Quand ils sont venus chercher les catholiques,
    Je n'ai pas protesté,
    Je n'étais pas catholique.

    Puis ils sont venus me chercher,
    Et il ne restait personne pour protester


    Ta réaction me fait pensé exactement à ça. Tant que c'est qu'aux autres que ça nui, pourquoi bouger ?

    J'arrive, je dis "Hé, j'ai fait un truc qui n'est pas destiné à assurer votre survie, mais à vous amuser. C'est destiné à assouvir votre gourmandise, et non votre faim. Si vous le voulez, faudra me payer, et cher."

    Et pourquoi devrait-on t'accorder un privilège quelconque sur ce truc ? Si rien d'autre ne les intéresse que le truc, pourquoi s'embarrasseraient-ils à te payer quoi que ce soit ? Ils feront comme toi, ils s'approprieront le truc sans demander l'avis de personne.

    Si le poids de l'existant, conséquence du choix de la masse, te semble intolérable quand il s'agit de ressources superflues et facultatives, alors tu devrais honnir la démocratie, qui fait peser des contraintes incontournables sur des questions essentielles. Non?

    J'ai déjà expliqué mon point de vue sur les «choix de la masse». Si on veut une véritable démocratie, il faudrait commencer par donner à chaque citoyen les moyens de s'investir à son fonctionnement. Combien d'heures un citoyen français doit-il consacrer obligatoirement à veiller au bon fonctionnement du système ? Zéro. Combien de moyens matériel/financier perçois chaque citoyen français avec obligation d'en faire un usage à utilité public ? Zéro.

    Si la démocratie c'est jeter un papier dans une urne une fois de temps en temps, pour dire quel solution ou programme proposé on trouve le moins pire; si c'est la possibilité et pas l'obligationde s'investir dans le fonctionnement du système; alors je ne honnis pas la démocratie, mais elle ne m'intéresse pas.

    Un système où chaque citoyen se voit conféré le devoir et les moyens de s'impliquer dans son fonctionnement, voilà le genre de société dans laquelle j'aimerais vivre.