Oula, beaucoup de questions en même temps, avec une question de fond. Je vais essayer de répondre à tout :) (vous pouvez trouver beaucoup d'informations sur notre site www.vakanala.org)
En fait, il y a deux objectifs buts à notre projet :
1. Protéger les fragments de forêts restant
2. Le Développement Rural
(oui, vous avez bien lu, compensez le carbone n'est fait pas parti).
Le reboisement (ou plutôt restauration écologique des milieux originels) n'est que le moyen pour atteindre ces deux objectifs :
1. En Plantant des nouvelles forêts, on "compense" les activités humaines qui dégraderaient les anciennes forêt;
2. Par le processus de restauration écologique, on restaure aussi les sols pour les activités agricoles.
En fait, comme expliquer dans mon commentaire au dessus, il y a tout un processus qui s'adapte aux conditions du terrain à l'instant T, et ce processus a en gros 3 étapes
- s'il est complètement dégrader, on plante les plantes/arbres pionnières, capables de planter n'importe où et vite => on recréait de la matière organique (=engrais pour les autres plantes), les racines labourent le sol etc.. A partir du moment où les plantes pionnières sont installés, on a déjà des conditions bien meilleur qu'au départ, en deux/trois ans si on fait bien le boulot. Le sol + matière organique devient une sorte d'éponge (ça s'améliora plus notre forêts grandira), et l'érosion est déjà bien stopper. Du coup, on a aussi résolu (en partie) le problème de l'irrigation : on peut passer à l'étape suivante;
- une fois le terrain a reçu un électrochoc grâce au plante pionnière, on plante en masse des arbres (ou plutôt abruisseaux) qui poussent vite, requière plus d'eau, mais par contre fournisse plus de densité végétale. Cette étape va permettre d'améliorer grandement la quantité de matière organique dans le sol, et par la même la quantité d'eau stocké. A cette étape, on commence à voir aussi revenir la petite faune : insectes, oiseaux, rongeurs etc.. Les arbres fruitiers par exemple sont idéals pour cette étapes, mais aussi pleins d'espace (Madagascar a une panoplie d'espèces plus qu 'impressionante, j'ai plus les chiffres, mais c'est plusieurs fois le nombre d'espèces dans toutes l'europe). L'avantage des arbres fruitiers, c'est que ça fait des ressources en plus pour les communautés rurales ( nourriture + revente de l'excèdent), c equi n'est pas négligeable, surtout dans le Sud de Madagascar où les gens sont clairement sous-alimentés, et vraiment TRES pauvres.
PENDANT CE TEMPS (à Santa cruze) : nos espèces définitives grandissent tranquillement dans les pépinières (= travail pour les communautés).
- étape final :on installe nos espèces endémiques (= propre à la région, on prélève les graines dans les forêts restantes, on fait grandir en pépinière). Celle-ci vont pousser tranquillement, et une fois arriver à maturité surplanterons les espèces précédament plantées.
Voilà grosso modo pour le processus.
Pour les problèmes économiques locaux, ou plutôt la problématique, on l'intégre dans le processus. En fait, le but final est la création d'une Aire Protégée, dites de Catégorie V (IUCN) : Paysage Harmonieux Protégé, qui est un type d'Aire Protégée où l'intègre globalement sur un territoire donné (= l'aire protégé) l'économie humaine local et la conservation des ressources naturelles. Exemple : les gens coupent du bois dans la forêt (pour construire leur maison, faire du charbon, vendre, peu-importe..), pas de soucis, on intègre dans le processus, mais avec des règles : Dans notre forêt, on plante des arbres du bon type (qualité de bois etc..), vous pouvez l'utiliser, on replantera régulièrement la même chose. MAIS PAR CONTRE, on touche plus aux autres zones.
Pour la question alimentaire/agriculture, la solution est l'appuie à la mise en place de nouvelles techniques plus efficace (contre-culture, autres variètés etc..). Idem, les champs sont intégré dans le grand patchwork que constituera l'Aire Protée, et bénéficie des services gratuites, qu'on appelle services écologiques que fournit une forêt : stockage de l'eau, et enrichissement des sols.
Je dis on, mais on c'est pas seulement l'ONG Vakanala. C'est Vakanala + les communautés. L'aire protégée est géré avec les gens, ils font partie du comité de pilotage, prennent par aux décisions etc.. et sont les premiers bénéficiaires du projet. Une partie du boulot, c'est d'apporter des solutions, les adapter au contexte, et puis d'aider les gens à les mettre en place..(ferme pilote pour montrer l'efficacité de tel nouvelle technique par exemple). Bref, c'est discuter avec les gens pour comprendre leur besoin, leur expliquer les problèmes à moyen et court terme de la déforestation (et comment la déforestation est la source en partie de leur problème) et leur expliquer avec eux les avantages des solutions qu'on propose.
Hésitez pas si c'est pas clair, ou si vous avez d'autres questions :)
[^] # Re: Quid de la pérennité ?
Posté par Jérôme . En réponse au journal Madagascar brule, Visualisation des feux en 3D, et opération "Offrons un arbre à la Planète pour Noël". Évalué à 2.
En fait, il y a deux objectifs buts à notre projet :
1. Protéger les fragments de forêts restant
2. Le Développement Rural
(oui, vous avez bien lu, compensez le carbone n'est fait pas parti).
Le reboisement (ou plutôt restauration écologique des milieux originels) n'est que le moyen pour atteindre ces deux objectifs :
1. En Plantant des nouvelles forêts, on "compense" les activités humaines qui dégraderaient les anciennes forêt;
2. Par le processus de restauration écologique, on restaure aussi les sols pour les activités agricoles.
En fait, comme expliquer dans mon commentaire au dessus, il y a tout un processus qui s'adapte aux conditions du terrain à l'instant T, et ce processus a en gros 3 étapes
- s'il est complètement dégrader, on plante les plantes/arbres pionnières, capables de planter n'importe où et vite => on recréait de la matière organique (=engrais pour les autres plantes), les racines labourent le sol etc.. A partir du moment où les plantes pionnières sont installés, on a déjà des conditions bien meilleur qu'au départ, en deux/trois ans si on fait bien le boulot. Le sol + matière organique devient une sorte d'éponge (ça s'améliora plus notre forêts grandira), et l'érosion est déjà bien stopper. Du coup, on a aussi résolu (en partie) le problème de l'irrigation : on peut passer à l'étape suivante;
- une fois le terrain a reçu un électrochoc grâce au plante pionnière, on plante en masse des arbres (ou plutôt abruisseaux) qui poussent vite, requière plus d'eau, mais par contre fournisse plus de densité végétale. Cette étape va permettre d'améliorer grandement la quantité de matière organique dans le sol, et par la même la quantité d'eau stocké. A cette étape, on commence à voir aussi revenir la petite faune : insectes, oiseaux, rongeurs etc.. Les arbres fruitiers par exemple sont idéals pour cette étapes, mais aussi pleins d'espace (Madagascar a une panoplie d'espèces plus qu 'impressionante, j'ai plus les chiffres, mais c'est plusieurs fois le nombre d'espèces dans toutes l'europe). L'avantage des arbres fruitiers, c'est que ça fait des ressources en plus pour les communautés rurales ( nourriture + revente de l'excèdent), c equi n'est pas négligeable, surtout dans le Sud de Madagascar où les gens sont clairement sous-alimentés, et vraiment TRES pauvres.
PENDANT CE TEMPS (à Santa cruze) : nos espèces définitives grandissent tranquillement dans les pépinières (= travail pour les communautés).
- étape final :on installe nos espèces endémiques (= propre à la région, on prélève les graines dans les forêts restantes, on fait grandir en pépinière). Celle-ci vont pousser tranquillement, et une fois arriver à maturité surplanterons les espèces précédament plantées.
Voilà grosso modo pour le processus.
Pour les problèmes économiques locaux, ou plutôt la problématique, on l'intégre dans le processus. En fait, le but final est la création d'une Aire Protégée, dites de Catégorie V (IUCN) : Paysage Harmonieux Protégé, qui est un type d'Aire Protégée où l'intègre globalement sur un territoire donné (= l'aire protégé) l'économie humaine local et la conservation des ressources naturelles.
Exemple : les gens coupent du bois dans la forêt (pour construire leur maison, faire du charbon, vendre, peu-importe..), pas de soucis, on intègre dans le processus, mais avec des règles : Dans notre forêt, on plante des arbres du bon type (qualité de bois etc..), vous pouvez l'utiliser, on replantera régulièrement la même chose. MAIS PAR CONTRE, on touche plus aux autres zones.
Pour la question alimentaire/agriculture, la solution est l'appuie à la mise en place de nouvelles techniques plus efficace (contre-culture, autres variètés etc..). Idem, les champs sont intégré dans le grand patchwork que constituera l'Aire Protée, et bénéficie des services gratuites, qu'on appelle services écologiques que fournit une forêt : stockage de l'eau, et enrichissement des sols.
Je dis on, mais on c'est pas seulement l'ONG Vakanala. C'est Vakanala + les communautés. L'aire protégée est géré avec les gens, ils font partie du comité de pilotage, prennent par aux décisions etc.. et sont les premiers bénéficiaires du projet. Une partie du boulot, c'est d'apporter des solutions, les adapter au contexte, et puis d'aider les gens à les mettre en place..(ferme pilote pour montrer l'efficacité de tel nouvelle technique par exemple). Bref, c'est discuter avec les gens pour comprendre leur besoin, leur expliquer les problèmes à moyen et court terme de la déforestation (et comment la déforestation est la source en partie de leur problème) et leur expliquer avec eux les avantages des solutions qu'on propose.
Hésitez pas si c'est pas clair, ou si vous avez d'autres questions :)