• [^] # Re: Oui, mais non

    Posté par . En réponse au journal Spotify, Deezer et petit calcul. Évalué à 2.

    Le problème, c'est que derrière un morceau de musique, il y a tout un écosystème qui est parfois nécessaire. Si on parle juste de l'enregistrement du morceau, il y a toute une palette de possibilités qui vont de l'enregistrement chez soi à l'utilisation d'un studio professionnel avec des musiciens de session. Selon la formule choisie, le résultat et la qualité obtenue peuvent varier drastiquement.

    Un exemple me vient justement à l'esprit, celui des Black Kids, un jeune groupe d'indie rock qui a commencé à percer il y a deux ans. Leur discographie débute par un EP auto produit, enregistré à leurs frais dans un petit studio et sorti en 2007. Ce disque (purement numérique, il n'est jamais sorti sous forme physique) leur a permis de se faire remarquer par une major, qui a pris en charge l'enregistrement d'un album entier, fournissant les ressources pour rémunérer un gros studio et un producteur (en l'occurrence Bernard Butler, ancien guitariste de Suede). Cet album est sorti en 2008.

    Parmi les morceaux de l'album figurent les cinq titres de l'EP, réenregistrés pour l'occasion. Eh bien quand on écoute les deux versions, il est flagrant de constater que les versions de l'album sont bien plaisantes et de bien meilleures qualités que celles de l'EP. Pourtant ce sont les mêmes chansons, les arrangements sont grosso modo identiques, mais le son est bien meilleur sur l'album.

    Tout cela pour souligner que l'artiste seul ne fait pas tout. L'auto production a de nombreuses vertus, mais dès qu'on souhaite faire des choses un peu plus sophistiqués, l'aide financière et logistique d'un label est nécessaire, et il me parait nécessaire que dans ce cas, cette aide soit être rétribuée en retour sur l'exploitation du morceau. Notez que je parle de label de major ou de label indépendant, je ne cherche pas à faire l'apologie des majors, il se trouve que dans l'exemple que j'ai cité c'était le cas.

    Donc je ne suis pas d'accord sur le fait que les maisons de disques sont de simples parasites, elles participent aussi à la création et à la diffusion de la musique. Si elles étaient amenées à disparaître, je ne suis pas sûr que de me retrouver avec juste des productions personnelles téléchargeables sur Internet me contenteraient... Ce serait une grosse régression par rapport à mon paysage musical actuel.