Tu dirais quoi si, sous prétexte de favoriser l' "intérêt général", on décidait de rendre caduque la clause "copyleft" de la licence GPL (de la forcer à être une licence BSD en quelque sorte) car ça permettrait de rendre plus compétitifs les éditeurs de logiciels propriétaires qui font des super produits pour l'intérêt général?
De mon point de vu, il ne devrait pas exister de monopole à durée indéterminé sur aucune information. La GPL permet d'empêcher la prolifération de tels monopoles, c'est pour cela que je la trouve intéressante.
Cela ne veut pas nécessairement dire que je suis opposé à toute idée de monopole temporaire sur l'information. Un monopole temporaire de quelques années à compter de publication serait largement suffisant. Et y ajouter une clause sur le maximum de gains perceptibles (proportionnel à l'investissement requit pour la production de l'œuvre) ne serait pas un mal non plus, cela encouragerait probablement à mieux répartir les richesses.
Ça a l'air foireux comme raisonnement, mais ni plus ni moins que d'expliquer que pouvoir copier Terminator 4 sans bourse délier relève de l'intérêt général.
Ça dépend, est-ce que le film en question, le public n'en a pas déjà remboursé la production ? Car si c'est le cas ça signifie qui la société investie dans du vent (ou engraisse une poignée si tu préfères) ce qu'elle pourrait investir dans d'autres choses (que ce soit un autre film ou un don à l'april).
Tu qualifies d'emblée les oeuvres audiovisuelles de "culture", via l'expression "partage culturel." Sauf que leurs ayants-droits ont plutôt tendance à voir ça comme un divertissement, autrement dit quelque chose que tu payes à l'acte (et pas de la culture qui se partage, donc). Je ne vois toujours pas, au nom de quoi, tu te permets de décider qu'un contenu est "de la culture" donc devrait être accessible à tous,
Là on rentre dans la considération «qu'est-ce que la culture», vaste sujet. Pour moi tout ce qui résulte de la vie en société est de la culture.
De wikipédia :
Ainsi, pour une institution internationale comme l'UNESCO : « Dans son sens le plus large, la culture peut aujourd'hui être considérée comme l'ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l'être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances. »
Je pense que dans ces deux définitions, le divertissement rentre bien dans la culture. Maintenant tu peux ne pas être d'accord, tu as le droit de donner aux mots le sens que tu veux. Je suis bien plus intéressé par les réalités sociales qu'elles tentent d'exprimer.
Si, comme tu l'expliques, les licences interdisant le partage, et les moyens légaux de faire respecter ces licences, ne sont pas "une solution à la possibilité pour chacun de vivre des œuvres qu'il conçois", c'est le problème de ceux qui créent des oeuvres.
Tu ne peux pas vivre en société et te dire, «c'est le problème des autres». Parce que si on ne donne pas une place décente à chaque individu, il y en aura qui se retrouveront dans des situations désespérés qui les conduiront à la violence envers eux mêmes où une tierce personne.
Si tu t'en fou des autres et que tu as les moyens de t'enfermer dans une cage doré où tu ne constate pas la misère qu'engendre un tel système social, tu n'y verra sans doute pas d'inconvénient. Mis à part le fait que la cage doré en question n'est pas complètement imperméable et que des désespérés peuvent venir t'y agresser.
Ce que je constate avec mes p'tits yeux (ou alors j'ai la vue fatiguée?) c'est qu'une écrasante majorité des contenus disponibles sont sous licence propriétaire, et que les auteurs confient leur droits à des ayants-droits qui ne partagent pas franchement ton point de vue. Mais toi tu as raison, toi tu sais mieux qu'eux ce qui est bon pour eux?
Tu ne peux pas exclusivement te focaliser sur ce qui est bon pour eux (ou toi, ou moi), sans prendre en considération ce qui est bon pour l'intérêt général. Il faut des compromis acceptable pour chacun, et ce n'est pas ce que nous avons actuellement.
Il ne s'agit pas de moi et de mon opinion supérieur. Il s'agit de nous et du système social que nous voulons bâtir.
Quand on entend le nombre de suicidés aussi bien chez les paysans que chez les cadres, sachant que les suicidés ne sont que la partie immergé de l'iceberg du malaise social, on peu quand même se poser des questions sur la pertinence du modèle.
Si la façon dont un auteur licencie et distribue son oeuvre ne te plait pas, ben tu n'y accèdes pas. C'est pas compliqué à comprendre, si?
Bien sûr et c'est ce que je fait (autant qu'il est aisément faisable selon ma volonté, échapper aux radios, postes de télé, etc. qui pullulent est impossible à qui veux vivre en société occidental), mais cela n'enlève en rien le problème de fond.
Je prendre un exemple frôlant le godwinnisme, je sais bien, mais qui n'est pas si éloigné de la manière dont je ressent cela.
Remettons nous dans une époque pas si lointaine où l'esclavagisme était encore monnaie courante dans nos contrés, notamment via la traite des noirs.
Est-ce les citoyens d'alors n'étant pas d'accord avec ce traitement de l'être humain – et étaient-ils une majorité eux ? – aurait du simplement se contenter de ne pas acheter d'esclaves, ou s'il en avait les moyens, de les acheter pour en faire des hommes libres (mais en rien égaux dans la société) ?
Mais bon, faut pas chercher: y'aura toujours des gens pour invoquer l'intérêt général, les droits de l'homme et va savoir quoi, afin de pouvoir continuer à obtenir gratuitement ce qui est payant, uniquement parce que c'est facile de l'avoir gratuitement.
Et bien tu vois, tu te trompes, au moins sur mon compte. Je ne veux pas du gratuit, je veux du libre. Si quand je paie pour une œuvre, je payais pour son élévation au domaine public, j'en serais satisfait. Mais payer pour une copie sur laquelle j'ai bien peu de droit, avec l'assurance que cette argent sera en partie utiliser à faire du lobying pour jamais le public ne puisse pleinement faire librement évoluer cette œuvre, ça, ça ne m'intéresse pas.
[^] # Re: C'est marrant ça..
Posté par psychoslave__ (site web personnel) . En réponse au journal Une bonne définition du droit d'auteur ?. Évalué à 2.
De mon point de vu, il ne devrait pas exister de monopole à durée indéterminé sur aucune information. La GPL permet d'empêcher la prolifération de tels monopoles, c'est pour cela que je la trouve intéressante.
Cela ne veut pas nécessairement dire que je suis opposé à toute idée de monopole temporaire sur l'information. Un monopole temporaire de quelques années à compter de publication serait largement suffisant. Et y ajouter une clause sur le maximum de gains perceptibles (proportionnel à l'investissement requit pour la production de l'œuvre) ne serait pas un mal non plus, cela encouragerait probablement à mieux répartir les richesses.
Ça a l'air foireux comme raisonnement, mais ni plus ni moins que d'expliquer que pouvoir copier Terminator 4 sans bourse délier relève de l'intérêt général.
Ça dépend, est-ce que le film en question, le public n'en a pas déjà remboursé la production ? Car si c'est le cas ça signifie qui la société investie dans du vent (ou engraisse une poignée si tu préfères) ce qu'elle pourrait investir dans d'autres choses (que ce soit un autre film ou un don à l'april).
Tu qualifies d'emblée les oeuvres audiovisuelles de "culture", via l'expression "partage culturel." Sauf que leurs ayants-droits ont plutôt tendance à voir ça comme un divertissement, autrement dit quelque chose que tu payes à l'acte (et pas de la culture qui se partage, donc). Je ne vois toujours pas, au nom de quoi, tu te permets de décider qu'un contenu est "de la culture" donc devrait être accessible à tous,
Là on rentre dans la considération «qu'est-ce que la culture», vaste sujet. Pour moi tout ce qui résulte de la vie en société est de la culture.
De wikipédia :
Ainsi, pour une institution internationale comme l'UNESCO : « Dans son sens le plus large, la culture peut aujourd'hui être considérée comme l'ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l'être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances. »
Je pense que dans ces deux définitions, le divertissement rentre bien dans la culture. Maintenant tu peux ne pas être d'accord, tu as le droit de donner aux mots le sens que tu veux. Je suis bien plus intéressé par les réalités sociales qu'elles tentent d'exprimer.
Si, comme tu l'expliques, les licences interdisant le partage, et les moyens légaux de faire respecter ces licences, ne sont pas "une solution à la possibilité pour chacun de vivre des œuvres qu'il conçois", c'est le problème de ceux qui créent des oeuvres.
Tu ne peux pas vivre en société et te dire, «c'est le problème des autres». Parce que si on ne donne pas une place décente à chaque individu, il y en aura qui se retrouveront dans des situations désespérés qui les conduiront à la violence envers eux mêmes où une tierce personne.
Si tu t'en fou des autres et que tu as les moyens de t'enfermer dans une cage doré où tu ne constate pas la misère qu'engendre un tel système social, tu n'y verra sans doute pas d'inconvénient. Mis à part le fait que la cage doré en question n'est pas complètement imperméable et que des désespérés peuvent venir t'y agresser.
Ce que je constate avec mes p'tits yeux (ou alors j'ai la vue fatiguée?) c'est qu'une écrasante majorité des contenus disponibles sont sous licence propriétaire, et que les auteurs confient leur droits à des ayants-droits qui ne partagent pas franchement ton point de vue. Mais toi tu as raison, toi tu sais mieux qu'eux ce qui est bon pour eux?
Tu ne peux pas exclusivement te focaliser sur ce qui est bon pour eux (ou toi, ou moi), sans prendre en considération ce qui est bon pour l'intérêt général. Il faut des compromis acceptable pour chacun, et ce n'est pas ce que nous avons actuellement.
Il ne s'agit pas de moi et de mon opinion supérieur. Il s'agit de nous et du système social que nous voulons bâtir.
Quand on entend le nombre de suicidés aussi bien chez les paysans que chez les cadres, sachant que les suicidés ne sont que la partie immergé de l'iceberg du malaise social, on peu quand même se poser des questions sur la pertinence du modèle.
Si la façon dont un auteur licencie et distribue son oeuvre ne te plait pas, ben tu n'y accèdes pas. C'est pas compliqué à comprendre, si?
Bien sûr et c'est ce que je fait (autant qu'il est aisément faisable selon ma volonté, échapper aux radios, postes de télé, etc. qui pullulent est impossible à qui veux vivre en société occidental), mais cela n'enlève en rien le problème de fond.
Je prendre un exemple frôlant le godwinnisme, je sais bien, mais qui n'est pas si éloigné de la manière dont je ressent cela.
Remettons nous dans une époque pas si lointaine où l'esclavagisme était encore monnaie courante dans nos contrés, notamment via la traite des noirs.
Est-ce les citoyens d'alors n'étant pas d'accord avec ce traitement de l'être humain – et étaient-ils une majorité eux ? – aurait du simplement se contenter de ne pas acheter d'esclaves, ou s'il en avait les moyens, de les acheter pour en faire des hommes libres (mais en rien égaux dans la société) ?
Mais bon, faut pas chercher: y'aura toujours des gens pour invoquer l'intérêt général, les droits de l'homme et va savoir quoi, afin de pouvoir continuer à obtenir gratuitement ce qui est payant, uniquement parce que c'est facile de l'avoir gratuitement.
Et bien tu vois, tu te trompes, au moins sur mon compte. Je ne veux pas du gratuit, je veux du libre. Si quand je paie pour une œuvre, je payais pour son élévation au domaine public, j'en serais satisfait. Mais payer pour une copie sur laquelle j'ai bien peu de droit, avec l'assurance que cette argent sera en partie utiliser à faire du lobying pour jamais le public ne puisse pleinement faire librement évoluer cette œuvre, ça, ça ne m'intéresse pas.