Et/ou que les artistes, en se rendant compte que signer chez des majors qui vont
Les artistes, dans leur majorité je pense, ont une vision claire et globale des conditions du marché et de la leur.
Des artistes se font connaitre par internet, certes. Mais le chemin est plus long par internet, non pour qu'un artiste rencontre son public, mais lorsque s'ajoute un autre public.
un artisite (groupe) qui "rencontre son public" c'est d'abord par ce qu'on appellait le "bouche à oreille" en fait la culture partagée. Ceci est certainement même plus rapide aujourdhui. Par contre "la même offre" aura plus de mal à rencontrer le "public frontière", intéressé par les mêmes goûts mais pas seulement, et pas autant au courant. Par rebond l'éventuel "grand public", mais là, le méchanisme médiatique habituel joue son rôle de "physionomiste". Il me semble que ce cheminement plus long est dû au manque de platformes d'échanges communes. Fonction remplie par les disquaires, fonction qui s'est restructurée avec internet : moins de local, moins d'indépendance. C'est finalement le catalogue actuel des disquaires d'aujourdhui qui ne rempli pas sa fonction de machine à découverte.
Qui s'amuse à faire un recensement du nombre de titres disponibles chez les 3 grands vendeurs d'aujourdhui ? Mon petit doigt me dit qu'il y a là moins de disques différents que chez mon petit disquaire de la ville de 12000 habitants auparavant. Et même lorsqu'ils (si ils) auront un catalogue plus complet, il faudra encore penser à l'ergonomie du site afin d'amener le public qui auparavant flanait dans le magasin à y faire de même. Cette fonction manquante (ou plutot oubliée ? voire volontairement passée à la trappe ?) cloisonne les offres d'artistes et appauvri le catalogue global. On ne va "découvrir" mais "acheter quelque chose que l'on connait". Cette marche là avait été entamée largement par les radios et les télés, devenues les "physionomistes", les critiques, elle connait aujourdhui son apothéose actuelle avec l'utilisation induite des sites marchands en ligne de ces offres culturelles là.
"si ça peux rapporter un maximum de fric à un maximum de monde, c'est très bien", je suis d'accord avec cette opinion. Et c'est certainement un résumé pas trop faux de l'opinion de pas mal d'artistes, avec plus ou moins de 'vin dans le verre'...
La sacem à quant même été crée afin de défendre les intérêts des artistes, et à, comme d'autres outils, été particulièrement utile et efficace, non ? Que cela soit devenu un paquebot, ok. Mais je crois que la conséquence du paquebot est plus intéressante : elle aussi a fini par casser une partie du 'contrat' la reliant la partie centrale : les artistes, à ces "outils" que sont sacem d'un côté et vendeurs de l'autre.
Car la sacem ne défend plus à juste milieu les intérêts des artistes d'une part et les siens d'autre part, mais plus les siens propres, ainsi que ceux des marchands. Les artisites n'occupent plus à la sacem la place centrale. "c'était mieux avant ma pov' dame".
Les vendeurs ont toujours vus d'un mauvais oeil cette fonction "française" obligatoire de "défense de la diversité culturelle" les obligeant à présenter sur leurs étals dont chosent qu'ils détestent d'une part, et qui se vendent très peu d'autre part, parfois les deux ! Le métier de producteur ne doit (devait ?) pas tout les jours être facile :" aller finance les, ils sont d'enfer" "encore un truc qui vendra pas 500 disques, va te faire"... Pourtant ce modèle a payé, et bien : que cela soit pour lieux de création, aussi les galleries, ainsi que les radios 'libres' des années 80, puis le cinéma plus tard. Avec une largement connue : canal plus et sa participation globale et quasi légendaire au cinéma en général. Mon petit doigt me dit que si, à l'époque, certains à canal se seraient bien passé de ces 'subventions obligatoires', les mêmes aujourdhui ne se psoeraient plus la question... A si, ils continuent de se la poser...
Il n'est pas juste d'accuser les artisites "we are the world" (lol) dans la mesure où ce sont les vendeurs qui sont finalement passer maitre du marché, totalement. Ils n'assurent plus le 'contrat moral' de 'défense de la diversité', ou beaucoup moins, d'un côté. Et les liens -trop forts- les unissant à la sacem d'une part, et aux diffuseurs physionimistes d'autre part, ont également participés à cette prise de controle. Les places (les endroits d'échange, d'achats) ont été boulversées, et plus personne ne rempli le rôle de point de découverte, ou du moins : seuls les grands médias le remplissent (...). La télé finance moins des projets cinéma, ils préfèrent acheter des séries, et remplir la ligne "création" par d'autres séries, elles n'iront jamais acheté un pari, tout est calibré pour plaire au plus grand nombre. Les radios font de même. Les quelques restants font figure d'exceptions, et les indépendants ont encore plus de mal aujourdhui.
Les sites web, physiquement/ergonomiquement, des marchands, reflètent assez bien cette popérisation de l'offre culturelle : ils sont conçus comme des journaux, avec des cratouches, des titres, des commentaires critiques mais pas vriament, bref que de la merde en barre de douze. Rien n'est fait, conçu, pour laisser le client flaner et découvrir. Tout est fait conçu comme une période de solde permanente, présentée par un journal. Bref on est bien dans un supermarché à bd/cd/ciné/bouquins/ ou l'entrée, le cheminement et la sortie sont guidées (...), avec des flash, des relans de "vite, achète, vite, barre toi, vite"...
Il ne s'agit pas de ré-inventer un modèle économique, le modèle est bon, il s'agit simplement de penser à permettre certaines fonctions de ré-exister, fonctions que les marchands, les spécialistes, n'ont peut être pas eu envie de continuer. Et que le politique, et parfois les artistes, ont oubliés sur l'hotel du p2p d'un côté, et de la défense du contrat initial d'autre part. Il s'agit de laisser un espace de découverte, une zone neutre commericale, permettant les échanges entre connaisseurs de diverses communautés culturelles, car oin le sait et il ne pas 'se le laisser oublier', que c'est une condition indispensable à l'ermergence naturelle de succès. D'autre part, il faut continuer à obliger, si nécessaire, les vendeurs a ne pas oublier leur coeur de métier : producteur. Le producteur doit toujours vendre, pour financer, mais le vendeur -seul, ou fonction seule- n'a pas toujours besoin de produire. Et le diffuseur a quasiement été fusionné avec le vendeur. Alors s'ils ne veulent plus comprendre par eux mêmes l'importance du rôle de producteur/parieur/équilibreur pour assurer la diversité, le pouvoir politique doit les y forcer.
Allez, si tu as lu jusque là, cher lecteur, je te propose pour finir un petit défit avec moi :
Trouver agréable d'aller flaner sur le net des 5 principes marchands, et arriver à découvrir et à acheter 3 artistes que vous ne connaissiez pas. Ensuite, trouver 5 sites de vendeurs indépendants spécialisés sur des styles que vous affectionnés. Et peut être de se rendre compte que ni les rues ni l'agencement des magasins, ni leur diversité, n' a été virtuellement ré-inventé, au profit de qui exactement ?
Bon Dimanche.
[^] # Re: une autre adresse
Posté par bubar🦥 . En réponse au journal J'aime les artistes. Évalué à 6.
Les artistes, dans leur majorité je pense, ont une vision claire et globale des conditions du marché et de la leur.
Des artistes se font connaitre par internet, certes. Mais le chemin est plus long par internet, non pour qu'un artiste rencontre son public, mais lorsque s'ajoute un autre public.
un artisite (groupe) qui "rencontre son public" c'est d'abord par ce qu'on appellait le "bouche à oreille" en fait la culture partagée. Ceci est certainement même plus rapide aujourdhui. Par contre "la même offre" aura plus de mal à rencontrer le "public frontière", intéressé par les mêmes goûts mais pas seulement, et pas autant au courant. Par rebond l'éventuel "grand public", mais là, le méchanisme médiatique habituel joue son rôle de "physionomiste". Il me semble que ce cheminement plus long est dû au manque de platformes d'échanges communes. Fonction remplie par les disquaires, fonction qui s'est restructurée avec internet : moins de local, moins d'indépendance. C'est finalement le catalogue actuel des disquaires d'aujourdhui qui ne rempli pas sa fonction de machine à découverte.
Qui s'amuse à faire un recensement du nombre de titres disponibles chez les 3 grands vendeurs d'aujourdhui ? Mon petit doigt me dit qu'il y a là moins de disques différents que chez mon petit disquaire de la ville de 12000 habitants auparavant. Et même lorsqu'ils (si ils) auront un catalogue plus complet, il faudra encore penser à l'ergonomie du site afin d'amener le public qui auparavant flanait dans le magasin à y faire de même. Cette fonction manquante (ou plutot oubliée ? voire volontairement passée à la trappe ?) cloisonne les offres d'artistes et appauvri le catalogue global. On ne va "découvrir" mais "acheter quelque chose que l'on connait". Cette marche là avait été entamée largement par les radios et les télés, devenues les "physionomistes", les critiques, elle connait aujourdhui son apothéose actuelle avec l'utilisation induite des sites marchands en ligne de ces offres culturelles là.
"si ça peux rapporter un maximum de fric à un maximum de monde, c'est très bien", je suis d'accord avec cette opinion. Et c'est certainement un résumé pas trop faux de l'opinion de pas mal d'artistes, avec plus ou moins de 'vin dans le verre'...
La sacem à quant même été crée afin de défendre les intérêts des artistes, et à, comme d'autres outils, été particulièrement utile et efficace, non ? Que cela soit devenu un paquebot, ok. Mais je crois que la conséquence du paquebot est plus intéressante : elle aussi a fini par casser une partie du 'contrat' la reliant la partie centrale : les artistes, à ces "outils" que sont sacem d'un côté et vendeurs de l'autre.
Car la sacem ne défend plus à juste milieu les intérêts des artistes d'une part et les siens d'autre part, mais plus les siens propres, ainsi que ceux des marchands. Les artisites n'occupent plus à la sacem la place centrale. "c'était mieux avant ma pov' dame".
Les vendeurs ont toujours vus d'un mauvais oeil cette fonction "française" obligatoire de "défense de la diversité culturelle" les obligeant à présenter sur leurs étals dont chosent qu'ils détestent d'une part, et qui se vendent très peu d'autre part, parfois les deux ! Le métier de producteur ne doit (devait ?) pas tout les jours être facile :" aller finance les, ils sont d'enfer" "encore un truc qui vendra pas 500 disques, va te faire"... Pourtant ce modèle a payé, et bien : que cela soit pour lieux de création, aussi les galleries, ainsi que les radios 'libres' des années 80, puis le cinéma plus tard. Avec une largement connue : canal plus et sa participation globale et quasi légendaire au cinéma en général. Mon petit doigt me dit que si, à l'époque, certains à canal se seraient bien passé de ces 'subventions obligatoires', les mêmes aujourdhui ne se psoeraient plus la question... A si, ils continuent de se la poser...
Il n'est pas juste d'accuser les artisites "we are the world" (lol) dans la mesure où ce sont les vendeurs qui sont finalement passer maitre du marché, totalement. Ils n'assurent plus le 'contrat moral' de 'défense de la diversité', ou beaucoup moins, d'un côté. Et les liens -trop forts- les unissant à la sacem d'une part, et aux diffuseurs physionimistes d'autre part, ont également participés à cette prise de controle. Les places (les endroits d'échange, d'achats) ont été boulversées, et plus personne ne rempli le rôle de point de découverte, ou du moins : seuls les grands médias le remplissent (...). La télé finance moins des projets cinéma, ils préfèrent acheter des séries, et remplir la ligne "création" par d'autres séries, elles n'iront jamais acheté un pari, tout est calibré pour plaire au plus grand nombre. Les radios font de même. Les quelques restants font figure d'exceptions, et les indépendants ont encore plus de mal aujourdhui.
Les sites web, physiquement/ergonomiquement, des marchands, reflètent assez bien cette popérisation de l'offre culturelle : ils sont conçus comme des journaux, avec des cratouches, des titres, des commentaires critiques mais pas vriament, bref que de la merde en barre de douze. Rien n'est fait, conçu, pour laisser le client flaner et découvrir. Tout est fait conçu comme une période de solde permanente, présentée par un journal. Bref on est bien dans un supermarché à bd/cd/ciné/bouquins/ ou l'entrée, le cheminement et la sortie sont guidées (...), avec des flash, des relans de "vite, achète, vite, barre toi, vite"...
Il ne s'agit pas de ré-inventer un modèle économique, le modèle est bon, il s'agit simplement de penser à permettre certaines fonctions de ré-exister, fonctions que les marchands, les spécialistes, n'ont peut être pas eu envie de continuer. Et que le politique, et parfois les artistes, ont oubliés sur l'hotel du p2p d'un côté, et de la défense du contrat initial d'autre part. Il s'agit de laisser un espace de découverte, une zone neutre commericale, permettant les échanges entre connaisseurs de diverses communautés culturelles, car oin le sait et il ne pas 'se le laisser oublier', que c'est une condition indispensable à l'ermergence naturelle de succès. D'autre part, il faut continuer à obliger, si nécessaire, les vendeurs a ne pas oublier leur coeur de métier : producteur. Le producteur doit toujours vendre, pour financer, mais le vendeur -seul, ou fonction seule- n'a pas toujours besoin de produire. Et le diffuseur a quasiement été fusionné avec le vendeur. Alors s'ils ne veulent plus comprendre par eux mêmes l'importance du rôle de producteur/parieur/équilibreur pour assurer la diversité, le pouvoir politique doit les y forcer.
Allez, si tu as lu jusque là, cher lecteur, je te propose pour finir un petit défit avec moi :
Trouver agréable d'aller flaner sur le net des 5 principes marchands, et arriver à découvrir et à acheter 3 artistes que vous ne connaissiez pas. Ensuite, trouver 5 sites de vendeurs indépendants spécialisés sur des styles que vous affectionnés. Et peut être de se rendre compte que ni les rues ni l'agencement des magasins, ni leur diversité, n' a été virtuellement ré-inventé, au profit de qui exactement ?
Bon Dimanche.