Attention, ce qui suit est long et pénible à lire !
Le cas évoqué dans le journal nous permet de voir que le libéralisme a ses limites et c'est également ici qu'on peut voir à quoi sert la régulation économique.
Prenons l'hypothèse libérale qui est celle qui a lieu en ce moment: les places peuvent être revendues par n'importe qui. Le journal tend à montrer que le prix moyen d'une place augmente. Au final, pour celui qui désire aller voir le concert, il paye plus cher. C'est la même chose (le même contenu) que s'il avait acheté au vendeur de premier niveau mais le prix est différent.
Prenons l'hypothèse d'une régulation qui approche celle qui existe sur les spectacles subventionnés: «seuls les vendeurs de premier niveau peuvent vendre les places». Ce marché est du coup, très encadré: on ne peut pas faire n'importe quoi. Continuons avec cette idée et essayons de voir ce qui se peut passer...
Le 1er risque, c'est que les places soient aussi chères que dans le premier cas. Les vendeurs de premier niveau peuvent poser un niveau de prix très élevé, ils sont libres de le faire. Toutefois, la régulation donne certes une position d'oligopole (il n'existe que des vendeurs de premier niveau) mais cette position a le même impact que dans l'hypothèse libérale. En effet, même dans l'hypothèse libérale, les vendeurs de premier niveau peuvent vendre très cher. Néanmoins, les vendeurs de second niveau vendant encore plus cher, ils n'ont pas d'autre action que de faire augmenter le prix. Tout ça pour dire que, dans ce cas, le fait de réguler le marché n'a pas plus d'influence sur le prix des vendeurs de premier niveau que dans l'hypothèse libérale. Ou bien dit autrement, le prix des vendeurs de premier niveau n'est pas affecté par la régulation mise en place: ils peuvent également vendre leurs billets plus cher dans la situation libérale.
En revanche, par cette régulation, les prix sont uniquement fixés par les vendeurs de premier niveau et ne peuvent pas être augmentés par d'autres acteurs économiques. Le prix final ne peut pas non plus être diminué par ces mêmes acteurs mais, de toute manière, la même situation se reproduit dans l'hypothèse libérale: on ne mentionne pas de vendeur de second niveau qui vend à perte ou sans profit...
Au final, on peut donc affirmer que le prix de la place de concert sera plus faible dans un marché reglementé de cette manière ! Disons plus justement, qu'il aura tendance à avoir le même niveau de prix que les prix de premier niveau de l'hypothèse libérale.
Ce qu'on peut tirer de cette comparaison, c'est que dans un monde libéral, la concurrence libre et faussée n'existe pas. Dans les faits, un certain nombre d'acteurs économiques (les vendeurs de second niveau dans notre situation) tendent naturellement à la fausser et à en augmenter la valeur de vente par l'artificialisation de la rareté. Notons que ce qui est vrai dans le monde du concert de musique peut être reproduit dans d'autres compartiments de l'économie.
La différence essentielle, c'est que nous parlons de concert de musique et donc de quelque-chose de secondaire, de non vital, qui n'a pas un aspect conséquent sur l'existence, la vie quotidienne des individus. Mais le même phénomène d'artificialisation de la rareté existe sur d'autres pans de l'économie qui ont un impact bien plus sévère, notamment en ce qui concerne le logement ou bien encore la nourriture.
Bien entendu, cette vision des choses n'est que partielle: les vendeurs de second niveau ont besoin de revenus pour vivre et leur action pourrait être une condition indispensable à leur subsistance. Ou dit autrement, mieux vaut avoir des vendeurs de second niveau qui mangent à leur faim et des concerts chers que des concerts moins chers avec plus de creuvards ! D'où l'intérêt essentiel de réguler le marché en donnant un objectif de développement durable (le théorique, pas celui du green business) qui permet d'agir positivement sur les aspects sociaux et environnementaux (je ne parle pas de l'économie vu que c'est le sujet de la régulation)...
Encore une fois, tout est complexe car imbriqué l'un dans l'autre avec moultes interactions...
[^] # Re: TVA...
Posté par Médéric RIBREUX (site web personnel) . En réponse au journal Dénonces ur site ?. Évalué à 2.
Le cas évoqué dans le journal nous permet de voir que le libéralisme a ses limites et c'est également ici qu'on peut voir à quoi sert la régulation économique.
Prenons l'hypothèse libérale qui est celle qui a lieu en ce moment: les places peuvent être revendues par n'importe qui. Le journal tend à montrer que le prix moyen d'une place augmente. Au final, pour celui qui désire aller voir le concert, il paye plus cher. C'est la même chose (le même contenu) que s'il avait acheté au vendeur de premier niveau mais le prix est différent.
Prenons l'hypothèse d'une régulation qui approche celle qui existe sur les spectacles subventionnés: «seuls les vendeurs de premier niveau peuvent vendre les places». Ce marché est du coup, très encadré: on ne peut pas faire n'importe quoi. Continuons avec cette idée et essayons de voir ce qui se peut passer...
Le 1er risque, c'est que les places soient aussi chères que dans le premier cas. Les vendeurs de premier niveau peuvent poser un niveau de prix très élevé, ils sont libres de le faire. Toutefois, la régulation donne certes une position d'oligopole (il n'existe que des vendeurs de premier niveau) mais cette position a le même impact que dans l'hypothèse libérale. En effet, même dans l'hypothèse libérale, les vendeurs de premier niveau peuvent vendre très cher. Néanmoins, les vendeurs de second niveau vendant encore plus cher, ils n'ont pas d'autre action que de faire augmenter le prix. Tout ça pour dire que, dans ce cas, le fait de réguler le marché n'a pas plus d'influence sur le prix des vendeurs de premier niveau que dans l'hypothèse libérale. Ou bien dit autrement, le prix des vendeurs de premier niveau n'est pas affecté par la régulation mise en place: ils peuvent également vendre leurs billets plus cher dans la situation libérale.
En revanche, par cette régulation, les prix sont uniquement fixés par les vendeurs de premier niveau et ne peuvent pas être augmentés par d'autres acteurs économiques. Le prix final ne peut pas non plus être diminué par ces mêmes acteurs mais, de toute manière, la même situation se reproduit dans l'hypothèse libérale: on ne mentionne pas de vendeur de second niveau qui vend à perte ou sans profit...
Au final, on peut donc affirmer que le prix de la place de concert sera plus faible dans un marché reglementé de cette manière ! Disons plus justement, qu'il aura tendance à avoir le même niveau de prix que les prix de premier niveau de l'hypothèse libérale.
Ce qu'on peut tirer de cette comparaison, c'est que dans un monde libéral, la concurrence libre et faussée n'existe pas. Dans les faits, un certain nombre d'acteurs économiques (les vendeurs de second niveau dans notre situation) tendent naturellement à la fausser et à en augmenter la valeur de vente par l'artificialisation de la rareté. Notons que ce qui est vrai dans le monde du concert de musique peut être reproduit dans d'autres compartiments de l'économie.
La différence essentielle, c'est que nous parlons de concert de musique et donc de quelque-chose de secondaire, de non vital, qui n'a pas un aspect conséquent sur l'existence, la vie quotidienne des individus. Mais le même phénomène d'artificialisation de la rareté existe sur d'autres pans de l'économie qui ont un impact bien plus sévère, notamment en ce qui concerne le logement ou bien encore la nourriture.
Bien entendu, cette vision des choses n'est que partielle: les vendeurs de second niveau ont besoin de revenus pour vivre et leur action pourrait être une condition indispensable à leur subsistance. Ou dit autrement, mieux vaut avoir des vendeurs de second niveau qui mangent à leur faim et des concerts chers que des concerts moins chers avec plus de creuvards ! D'où l'intérêt essentiel de réguler le marché en donnant un objectif de développement durable (le théorique, pas celui du green business) qui permet d'agir positivement sur les aspects sociaux et environnementaux (je ne parle pas de l'économie vu que c'est le sujet de la régulation)...
Encore une fois, tout est complexe car imbriqué l'un dans l'autre avec moultes interactions...