L'article de network world ne parle pas d'abandonner IPv6.
Dans mon journal - un peu trollesque après réflexion - j'expose le fait que des mécanismes de transition IPv6 existent sur le papier depuis bien longtemps. Mais quand le problème se concrétise (plus d'addresses IPv4 dans deux ans) soudainement les FAI mettent la pression sur les équipementiers télécom pour faire des NAT IPv4 vers IPv4, parce que vite, vite, on a plus le temps.
Les FAI sont, je pense, dans une position attentiste pour IPv6. Ils attendent que ca soit déployé en masse chez les autres. Des implémentations de niche existent (comme free) mais désactivées par défaut et aucun ISP dans le monde n'a un nombre significatif de clients en IPv6 sur un réseau IPv6 natif.
Le problème que je voulais souligner dans le journal c'est que l'IETF et les fournisseurs d'accès n'ont pas les mêmes priorités. L'IETF veut un Internet neutre et efficace, les FAI hurlent à cause des investissements sans cesse croissants dûs au trafic Internet qui double tous les 18 mois (surtout à cause de la vidéo en ligne ces derniers temps). Certains FAI pourraient donc s'accomoder d'un Internet NATté moins efficace qui pourraient détourner l'attention des gens sur les services complémentaires qu'ils proposent.
Évidemment les problèmes du NAT ne sont pas insurmontables, comme souligné dans de nombreux commentaires. Mais :
- le NAT introduit un point critique supplémentaire dans la chaîne,
- les compétences nécessaires pour faire marcher certains types de logiciels sont plus élevées (par exemple BitTorrent aurait beaucoup plus d'adeptes s'il n'y avait pas besoin de rediriger les ports),
- les ressources humaines et compétences nécessaires pour créer et maintenir un logiciel passant les NAT sont plus élevées.
Bref, ça rend le Net moins pratique, et à la fin, moins attractif.
Les FAI veulent du NAT tout de suite, et pour l'IPv6, ils sont attentistes. Il y a des grosses chances que les accès Internet NATtés se multiplient d'ici un ou deux ans, comme l'exemple de ce FAI italien cité plus haut. Ca crée un palier, ça retarde l'arrivée du réseau tout-IPv6, et il y aura toujours des gens qui se satisfairont de ce palier et pousseront pour ne pas aller plus loin.
[^] # Re: Revenons à la question initiale pour comprendre
Posté par nicolas_o . En réponse au journal Le NAT chez ton FAI ou la fin du Web tel qu'on le connaît ?. Évalué à 2.
Dans mon journal - un peu trollesque après réflexion - j'expose le fait que des mécanismes de transition IPv6 existent sur le papier depuis bien longtemps. Mais quand le problème se concrétise (plus d'addresses IPv4 dans deux ans) soudainement les FAI mettent la pression sur les équipementiers télécom pour faire des NAT IPv4 vers IPv4, parce que vite, vite, on a plus le temps.
Les FAI sont, je pense, dans une position attentiste pour IPv6. Ils attendent que ca soit déployé en masse chez les autres. Des implémentations de niche existent (comme free) mais désactivées par défaut et aucun ISP dans le monde n'a un nombre significatif de clients en IPv6 sur un réseau IPv6 natif.
Donc ils vont déployer des NAT IPv4, un bouzin qui marche "à peu près" et qui laisse entrevoir la possibilité d'une migration - voir ce brouillon de l'IETF http://tools.ietf.org/html/draft-shirasaki-nat444-isp-shared(...) .
Le problème que je voulais souligner dans le journal c'est que l'IETF et les fournisseurs d'accès n'ont pas les mêmes priorités. L'IETF veut un Internet neutre et efficace, les FAI hurlent à cause des investissements sans cesse croissants dûs au trafic Internet qui double tous les 18 mois (surtout à cause de la vidéo en ligne ces derniers temps). Certains FAI pourraient donc s'accomoder d'un Internet NATté moins efficace qui pourraient détourner l'attention des gens sur les services complémentaires qu'ils proposent.
Évidemment les problèmes du NAT ne sont pas insurmontables, comme souligné dans de nombreux commentaires. Mais :
- le NAT introduit un point critique supplémentaire dans la chaîne,
- les compétences nécessaires pour faire marcher certains types de logiciels sont plus élevées (par exemple BitTorrent aurait beaucoup plus d'adeptes s'il n'y avait pas besoin de rediriger les ports),
- les ressources humaines et compétences nécessaires pour créer et maintenir un logiciel passant les NAT sont plus élevées.
Bref, ça rend le Net moins pratique, et à la fin, moins attractif.
Les FAI veulent du NAT tout de suite, et pour l'IPv6, ils sont attentistes. Il y a des grosses chances que les accès Internet NATtés se multiplient d'ici un ou deux ans, comme l'exemple de ce FAI italien cité plus haut. Ca crée un palier, ça retarde l'arrivée du réseau tout-IPv6, et il y aura toujours des gens qui se satisfairont de ce palier et pousseront pour ne pas aller plus loin.