De force, je dis pas. Par contre à leur insu, ce serait énorme, et une preuve que le logiciel libre est un modèle complètement compétitif par rapport au propriétaire, une grosse victoire même.
Ou une énorme défaite, si l'aspect "libre" n'est pas pris en compte comme un des critères de choix par les utilisateurs.
Et j'y verrais une "défaite" car les utilisateurs, n'ayant pas fait le choix du libre en étant conscient du fait qu'il s'agit du libre, seraient parfaitement susceptibles de basculer vers du propriétaire si celui s'avérait mieux correspondre à leurs critères de choix (la caractéristique "libre" étant absente de ces critères de choix).
C'est l'effet "Windows Seven": les gens qui sont passés à "Linux" parce que Vista est un bloatware retourneront à Windows si Seven répond à leur besoins d'un OS "qui ne bouffe pas trop de ressources."
Ou, si tu préfères, l'effet "eMule": eMule est libre, très populaire parmi les amateurs de téléchargement illégal. "Succès du libre"? Nan, succès d'un logiciel qui permet d'avoir rapidement et sans trop de risques une copie de Photoshop sans débourser un centime: un logiciel propriétaire qui offrirait les mêmes fonctionnalités, qui soit gratuit et sans spywares, aurait reçu le même succès.
Ou encore l'effet "Firefox": Firefox est libre, et c'est le deuxième navigateur le plus utilisé. "Succès du libre"? Nop. Les gens l'utilisent, là encore, pas parce qu'ils sont convaincus que les logiciels libres sont préférables aux logiciels propriétaires, mais parce qu'ils en apprécient les fonctionnalités. La quasi totalité des utilisateurs de Firefox posent une belle couche de Flash par dessus, qui a comme point commun avec Firefox d'être gratuit, d'apporter des fonctionnalités qu'ils apprécient, et comme différence d'être propriétaire.
Et il ne faut pas sous-estimer le côté "retord" des éditeurs de logiciels propriétaires, dans un contexte où la prise de conscience de l'intérêt du logiciel libre est très en retard par rapport à la progression de l'utilisation des logiciels libres.
La communauté du libre semble fixée sur l'utilisation de "Linux". Pourtant, dans le contexte actuel, si 90% des utilisateurs passaient à "Linux" (si Windows Seven était totalement inutilisable, par exemple) sans pour autant adhérer à l'éthique du logiciel libre, on verrait très très rapidement fleurir un "Microsoft Office pour Linux", un "Adobe Photoshop pour linux", un "Windows Live Messenger pour Linux", des pilotes de carte graphique et de carte son proprios avec une API de gestion des DRM exploitable uniquement par des lecteurs multimédia proprios, et les gens adopteraient massivement ces logiciels propriétaires car ils n'utiliseraient pas du libre "parce que c'est libre" mais "parce que c'est la recherche d'une solution à mes besoins m'a conduit à Linux"
Je ne suis pas en train de dire qu'il a des mauvaises raisons d'adopter "Linux" ou "du logiciel libre", mais que certaines raisons ne sont pas "solides", c'est à dire ne résistent pas à une "contre offensive" du logiciel propriétaire.
Tandis qu'un utilisateur de GNU/Linux qui l'a adopté "parce que c'est libre" ne se laissera pas embobiner de sitôt.
Sans oublier une autre question qui prend de plus en plus d'importance: le rapport aux données personnelles. C'est une question cruciale pour le logiciel libre, surtout par rapport à ce qu'il est censé apporter à l'utilisateur individuel. Le libre garantit à l'utilisateur la possibilité de relire ses données personnelles (formats ouverts), et d'en assurer la confidentialité (pas de spywares). Et il semblerait que le discours autour du logiciel libre, et plus encore les habitudes, aient un train de retard vis à vis de cette question: combien d'utilisateurs absolument convaincus qu'utiliser GNU/Linux et OpenOffice leur permet de se libérer du grand méchant microsoft, et qui dans le même temps confient leur vie privée et sa censure à MSN? Ou plus bêtement encore, se laissent tracer par Google en effectuant leurs recherches avec et en gardant leur compte "Gmail" connecté? En bouffant tous les cookies par défaut? En bouffant également du "cookie magique" dans Adobe Flash?
Et ce n'est pas la progression des "logiciels clients libres" qui résoudra ce problème. Et il suffit de regarder à quel point il est difficile pour les utilisateurs de "services propriétaires" de s'en détacher pour mesurer l'emprise qu'ils ont déjà sur le consommateur lambda.
Quand tu vois que des utilisateurs qui ont été capables de se "libérer" de Microsoft Office et de sa prison de formats fermés ne veulent/peuvent pas (ou pleurent à l'idée de) se "libérer" de la prison "MSN", tu comprends immédiatement que le "méchant logiciel propriétaire" à combattre n'est plus installé sur le disque dur du prisonnier: la prison se tient maintenant à distance, sur Internet, dans les "nuages" du Cloud Computing. La prison ne tient plus tes données, vu que t'es un sale petit perfide qui a relu ses .doc avec OpenOffice: la prison tient maintenant tes amis, et il te faudra leur faire découvrir et comprendre (à défaut d'adopter) l' "éthique" du libre.
Pour l'utilisateur individuel, le code libre n'est plus d'actualité: c'est du service libre qu'il lui faut. Ce ne sont plus les anciennes chaînes qu'il faut briser, mais les nouvelles, et elles ont l'air autrement plus solides.
Que pour des non techniciens, utiliser des logiciels libres reviendrait au même qu'utiliser des logiciels propriétaires, ça te dérangerait ?
Le fait que des non techniciens puissent utiliser du logiciel libre ne me dérange absolument pas. Je ne vois pas les utilisateurs de logiciels libres comme une "élite savante", et je trouve appréciables les efforts du libre qui tendent à favoriser sa découverte et sa prise en main par des débutants.
Pour autant, il ne faudrait pas prendre prétexte de la "facilitation" de la découverte du libre pour favoriser le logiciel et les services propriétaires: ce serait totalement contre-productif. La méthode "Linux Mint" ne libèrera pas l'utilisateur, elle lui fera juste découvrir un nouveau jouet qu'il abandonnera s'il ne peut pas se connecter à MSN deux soirs de suite avec. En lui laissant l'impression d'avoir "fait le tour" du libre alors qu'il ne l'a qu'à peine essayé: après tout, si on utilise "un peu" du libre avec Ubuntu + des pilotes proprios + un compte MSN + Flash + Facebook, on n'est au final pas plus libre que sous Windows avec son "un peu" de libre caché sous forme de code sous licence BSD dans la pile TCP/IP.
THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.
[^] # Re: Il n'empêche...
Posté par Grunt . En réponse au journal Microsoft , Linux, BestBuy. Évalué à 6.
Ou une énorme défaite, si l'aspect "libre" n'est pas pris en compte comme un des critères de choix par les utilisateurs.
Et j'y verrais une "défaite" car les utilisateurs, n'ayant pas fait le choix du libre en étant conscient du fait qu'il s'agit du libre, seraient parfaitement susceptibles de basculer vers du propriétaire si celui s'avérait mieux correspondre à leurs critères de choix (la caractéristique "libre" étant absente de ces critères de choix).
C'est l'effet "Windows Seven": les gens qui sont passés à "Linux" parce que Vista est un bloatware retourneront à Windows si Seven répond à leur besoins d'un OS "qui ne bouffe pas trop de ressources."
Ou, si tu préfères, l'effet "eMule": eMule est libre, très populaire parmi les amateurs de téléchargement illégal. "Succès du libre"? Nan, succès d'un logiciel qui permet d'avoir rapidement et sans trop de risques une copie de Photoshop sans débourser un centime: un logiciel propriétaire qui offrirait les mêmes fonctionnalités, qui soit gratuit et sans spywares, aurait reçu le même succès.
Ou encore l'effet "Firefox": Firefox est libre, et c'est le deuxième navigateur le plus utilisé. "Succès du libre"? Nop. Les gens l'utilisent, là encore, pas parce qu'ils sont convaincus que les logiciels libres sont préférables aux logiciels propriétaires, mais parce qu'ils en apprécient les fonctionnalités. La quasi totalité des utilisateurs de Firefox posent une belle couche de Flash par dessus, qui a comme point commun avec Firefox d'être gratuit, d'apporter des fonctionnalités qu'ils apprécient, et comme différence d'être propriétaire.
Et il ne faut pas sous-estimer le côté "retord" des éditeurs de logiciels propriétaires, dans un contexte où la prise de conscience de l'intérêt du logiciel libre est très en retard par rapport à la progression de l'utilisation des logiciels libres.
La communauté du libre semble fixée sur l'utilisation de "Linux". Pourtant, dans le contexte actuel, si 90% des utilisateurs passaient à "Linux" (si Windows Seven était totalement inutilisable, par exemple) sans pour autant adhérer à l'éthique du logiciel libre, on verrait très très rapidement fleurir un "Microsoft Office pour Linux", un "Adobe Photoshop pour linux", un "Windows Live Messenger pour Linux", des pilotes de carte graphique et de carte son proprios avec une API de gestion des DRM exploitable uniquement par des lecteurs multimédia proprios, et les gens adopteraient massivement ces logiciels propriétaires car ils n'utiliseraient pas du libre "parce que c'est libre" mais "parce que c'est la recherche d'une solution à mes besoins m'a conduit à Linux"
Je ne suis pas en train de dire qu'il a des mauvaises raisons d'adopter "Linux" ou "du logiciel libre", mais que certaines raisons ne sont pas "solides", c'est à dire ne résistent pas à une "contre offensive" du logiciel propriétaire.
Tandis qu'un utilisateur de GNU/Linux qui l'a adopté "parce que c'est libre" ne se laissera pas embobiner de sitôt.
Sans oublier une autre question qui prend de plus en plus d'importance: le rapport aux données personnelles. C'est une question cruciale pour le logiciel libre, surtout par rapport à ce qu'il est censé apporter à l'utilisateur individuel. Le libre garantit à l'utilisateur la possibilité de relire ses données personnelles (formats ouverts), et d'en assurer la confidentialité (pas de spywares). Et il semblerait que le discours autour du logiciel libre, et plus encore les habitudes, aient un train de retard vis à vis de cette question: combien d'utilisateurs absolument convaincus qu'utiliser GNU/Linux et OpenOffice leur permet de se libérer du grand méchant microsoft, et qui dans le même temps confient leur vie privée et sa censure à MSN? Ou plus bêtement encore, se laissent tracer par Google en effectuant leurs recherches avec et en gardant leur compte "Gmail" connecté? En bouffant tous les cookies par défaut? En bouffant également du "cookie magique" dans Adobe Flash?
Et ce n'est pas la progression des "logiciels clients libres" qui résoudra ce problème. Et il suffit de regarder à quel point il est difficile pour les utilisateurs de "services propriétaires" de s'en détacher pour mesurer l'emprise qu'ils ont déjà sur le consommateur lambda.
Quand tu vois que des utilisateurs qui ont été capables de se "libérer" de Microsoft Office et de sa prison de formats fermés ne veulent/peuvent pas (ou pleurent à l'idée de) se "libérer" de la prison "MSN", tu comprends immédiatement que le "méchant logiciel propriétaire" à combattre n'est plus installé sur le disque dur du prisonnier: la prison se tient maintenant à distance, sur Internet, dans les "nuages" du Cloud Computing. La prison ne tient plus tes données, vu que t'es un sale petit perfide qui a relu ses .doc avec OpenOffice: la prison tient maintenant tes amis, et il te faudra leur faire découvrir et comprendre (à défaut d'adopter) l' "éthique" du libre.
Pour l'utilisateur individuel, le code libre n'est plus d'actualité: c'est du service libre qu'il lui faut. Ce ne sont plus les anciennes chaînes qu'il faut briser, mais les nouvelles, et elles ont l'air autrement plus solides.
Que pour des non techniciens, utiliser des logiciels libres reviendrait au même qu'utiliser des logiciels propriétaires, ça te dérangerait ?
Le fait que des non techniciens puissent utiliser du logiciel libre ne me dérange absolument pas. Je ne vois pas les utilisateurs de logiciels libres comme une "élite savante", et je trouve appréciables les efforts du libre qui tendent à favoriser sa découverte et sa prise en main par des débutants.
Pour autant, il ne faudrait pas prendre prétexte de la "facilitation" de la découverte du libre pour favoriser le logiciel et les services propriétaires: ce serait totalement contre-productif. La méthode "Linux Mint" ne libèrera pas l'utilisateur, elle lui fera juste découvrir un nouveau jouet qu'il abandonnera s'il ne peut pas se connecter à MSN deux soirs de suite avec. En lui laissant l'impression d'avoir "fait le tour" du libre alors qu'il ne l'a qu'à peine essayé: après tout, si on utilise "un peu" du libre avec Ubuntu + des pilotes proprios + un compte MSN + Flash + Facebook, on n'est au final pas plus libre que sous Windows avec son "un peu" de libre caché sous forme de code sous licence BSD dans la pile TCP/IP.
THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.