Pour nuancer un peu ton propos, la différence de situation entre maintenant et y'a 15 ans je vais te la dire : y'a 15 ans (ou même encore 10 ans), les majors profitaient des bénéfs dégagés par des gros vendeurs, des méga-hits préfabriqués, pour produire des trucs plus petits.
Je vais prendre un petit exemple que je connaît... Statics, alias Pierre Rougean, est un artiste qui débute et va sortir son premier album de chanson française sur un label d'une grosse major (Small, chez Sony Music). On est en 1999, l'album se vends à 5000 exemplaires en 2 ans. On est très loin de rembourser les frais engagés pour la production de l'album et sa promotion, mais pour le label, pas de souci, c'est un très bon résultat pour un premier disque. Pierre déclare dans une interview que le label attendait au moins 2000 ou 3000 ventes.
5000 disques vendus, donc, en 1999, on peux pas dire que c'est la crise du disque mais c'est quand même pas énorme, et pourtant le label se le permet. Et mieux, en 2001 ils engagent à nouveau les frais pour un second album, et je dirais même les grand frais : section de cordes, producteur de renom (Daniel Presley, déjà producteur de Cali, Luke, Holden, Aston Villa, Venus, Dionysos, Cradle Of Filth, etc.). Là les attentes montent un peu, mais le label n'espère pas voir l'artiste "rentable" avant le troisième voir le quatrième album.
Voilà je vais arrêter là car j'ai pas la fin de l'histoire, mais c'est pour illustrer qu'il ne faut pas (toujours) voir l'industrie du disque que par le bout médiatique de la lorgnette. Maintenant forcément, c'est moins vrai, ils cherchent moins et n'investissent quasiment plus sur les petits artistes. Mais à une époque, pendant que tu voyais les Spice Girls danser dans ta télé, peut-être que ça permettait à des dizaines de "petits" de sortir un premier album.
Maintenant quand je vois en 2008 des gens comme Mano Solo se plaindre de ne vendre "que" 30.000 disques, je rigole doucement parce qu'il m'est plusieurs fois arrivé d'apprendre que des artistes "tête d'affiche" (comprendre qui ont droit à des campagnes promo, qui ne font pas que des premières parties, etc.), produits chez des majors, ne vendaient que 5 ou 6000 copies de chaque album. Et le pire chez ces artistes ? C'est qu'ils trouvaient ça génial. Personnellement je serais plutôt du côté de ces gens qui s'enthousiasment à l'idée que leur musique plaît tellement que 5 ou 6000 personnes en ont acheté un disque, que ceux qui se plaignent que leur musique n'est pas un business rentable.
« Je vois bien à quels excès peut conduire une démocratie d'opinion débridée, je le vis tous les jours. » (Nicolas Sarkozy)
[^] # Re: L'artiste engagé mais pas trop.
Posté par BohwaZ (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal Un artiste qiu parle argent, enfin. Évalué à 4.
Pour nuancer un peu ton propos, la différence de situation entre maintenant et y'a 15 ans je vais te la dire : y'a 15 ans (ou même encore 10 ans), les majors profitaient des bénéfs dégagés par des gros vendeurs, des méga-hits préfabriqués, pour produire des trucs plus petits.
Je vais prendre un petit exemple que je connaît... Statics, alias Pierre Rougean, est un artiste qui débute et va sortir son premier album de chanson française sur un label d'une grosse major (Small, chez Sony Music). On est en 1999, l'album se vends à 5000 exemplaires en 2 ans. On est très loin de rembourser les frais engagés pour la production de l'album et sa promotion, mais pour le label, pas de souci, c'est un très bon résultat pour un premier disque. Pierre déclare dans une interview que le label attendait au moins 2000 ou 3000 ventes.
5000 disques vendus, donc, en 1999, on peux pas dire que c'est la crise du disque mais c'est quand même pas énorme, et pourtant le label se le permet. Et mieux, en 2001 ils engagent à nouveau les frais pour un second album, et je dirais même les grand frais : section de cordes, producteur de renom (Daniel Presley, déjà producteur de Cali, Luke, Holden, Aston Villa, Venus, Dionysos, Cradle Of Filth, etc.). Là les attentes montent un peu, mais le label n'espère pas voir l'artiste "rentable" avant le troisième voir le quatrième album.
Voilà je vais arrêter là car j'ai pas la fin de l'histoire, mais c'est pour illustrer qu'il ne faut pas (toujours) voir l'industrie du disque que par le bout médiatique de la lorgnette. Maintenant forcément, c'est moins vrai, ils cherchent moins et n'investissent quasiment plus sur les petits artistes. Mais à une époque, pendant que tu voyais les Spice Girls danser dans ta télé, peut-être que ça permettait à des dizaines de "petits" de sortir un premier album.
Maintenant quand je vois en 2008 des gens comme Mano Solo se plaindre de ne vendre "que" 30.000 disques, je rigole doucement parce qu'il m'est plusieurs fois arrivé d'apprendre que des artistes "tête d'affiche" (comprendre qui ont droit à des campagnes promo, qui ne font pas que des premières parties, etc.), produits chez des majors, ne vendaient que 5 ou 6000 copies de chaque album. Et le pire chez ces artistes ? C'est qu'ils trouvaient ça génial. Personnellement je serais plutôt du côté de ces gens qui s'enthousiasment à l'idée que leur musique plaît tellement que 5 ou 6000 personnes en ont acheté un disque, que ceux qui se plaignent que leur musique n'est pas un business rentable.
« Je vois bien à quels excès peut conduire une démocratie d'opinion débridée, je le vis tous les jours. » (Nicolas Sarkozy)