• [^] # Re: «Néo» libéralisme?

    Posté par . En réponse au journal La prise de conscience. Évalué à 2.

    > Alors comme ça le droit n'est "vrai" que quand il ne s'immisce que dans la vie d'un individu ?
    Non, pas du tout. On peut très bien imaginer un "vrai droit" absolument invivable (genre: droit à avoir un espace reservé de 10 mètres autour de soi, les parisiens risquent d'apprécier...), comme des faux droits peuvent être totalement ignorés dans la vie de tous les jours (droit de respirer un air contenant moins de 90% d'helium)
    Le concept de faux droit se réfère à la nature de sa réciproque chez autrui, c'est à dire à sa traduction en "commmandement": ce commandement est-il négatif ou positif ? Ainsi, le droit de travailler est un vrai droit: le commandement associé est "tu n'empêcheras pas par la force la signature d'un contrat de travail entre deux personnes consentantes" (par exemple, un imposant un salaire minimum ;)). A l'inverse, le droit au travail est un faux droit, son commandement associé étant "tu emploiera cette personne, tu n'as pas le choix".
    L'exigence d'un vrai droit provient de l'isonomie: cette dernière ne demande pas seulement que ce droit soit égal pour tous, mais que son application, ainsi que l'application de sa réciproque le soient aussi. Dans les vrais droit, c'est simple: le commandement associé est égal pour tous. Dans les faux droits, au contraire, son application nécessite que l'on décide arbitrairement qui devra exécuter le versant positif de ce droit. Cette dernière personne (ou groupe de personnes) sera donc défavorisée par un droit qui devrait être isonomique.
    Test de l'ile déserte: Robinson, sur son ile, ne peut voir ses "vrais" droits violés. C'est une impossibilité logique, aucun être agissant (au sens praxéologique) ne peut les violer. Et c'est également une impossibilité logique pour lui de voir ses faux droits accordés (puisqu'il est le seul être agissant sur son ile, et ne peut donc rien exiger d'autrui)

    Il faut voir, comme dit dans la citation, que cette dichotomie se réserve au droit naturel qui a une prétention universaliste et invariante (les droits de l'homme, quoi) mais qui n'a par contre pas la moindre prétention à la complétude. Elle précise que tout droit universel ne peut être que négatif (interdiction), qu'un droit universel positif (obligation) est une contradiction (problème de l'ile déserte), un faux droit. Cela ne signifie absolument pas que le droit effectif sur un territoire donné ne doit être que négatif, le droit natuel n'était pas la seule source du droit en général (ce que les libéraux demandent, c'est simplement que ce droit naturel soit la première source du droit, bien avant les lubies dictées par des intérêts précis et temporels des législateurs). La jurisprudence et la coutume reconnaissent parfaitement des lois qui seraient des faux droits. Au pif: la jurisprudence sur ce qu'est un licensiement absusif (que, je précise tout de suite, bien peu de libéraux (au sens large, de Hayek aux anarcaps en passant par les classiques) contestent)