• [^] # Re: «Néo» libéralisme?

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal La prise de conscience. Évalué à 2.

    Admettons que je partage cette vision darwiniste (dans l'observation et non dans l'idée qu'on doit doit forcer le trait, ie. le darwinisme social) avec Hayek.
    Si je prend Droit, législation et liberté http://fr.encarta.msn.com/sidebar_102686209/Hayek_Droit_l%C3(...) j'y lit quand mêmes ce qui me parait personnellement être des horreurs :

    Le fait est au contraire que l’ordre spontané de la société nous fournit ce qui est le plus important pour tout le monde, et donc pour le bien commun ; plus important que la plupart des services spéciaux que l’organisation de gouvernement peut fournir, à la seule exception de la sûreté garantie aux règles de juste conduite par l’appui de la force. Il est possible de concevoir une société prospère et paisible dans laquelle le gouvernement se bornerait à remplir cette dernière fonction ; et pendant très longtemps, particulièrement durant le Moyen Âge, l’expression utilitas publica n’a rien recouvert d’autre que la paix et la justice qu’assure le respect, forcé au besoin, des règles de juste conduite.

    Je crois à l'auto organisation, mais aussi à ses limites. Le moyen age qu'il cite comme exemple est justement une période ou malgré l'existence de structures fortes (Féodalisme, clergé, etc...), la loi de la jungle régnait. Et c'est pour moi plus un repoussoir qu'autre chose (même si on a régressé sur certains domaines par la suite).
    Pour moi, la sécurité social, est un modèle qui montre comment une société, a, au sens darwinien, fait émergé une structure qui permet une plus grande efficacité.
    Ma sœur vit au états-unis, et je peux te dire que là bas, c'est le moyen age... T'es pauvre et t'as un cancer ? Bah t'as qu'à crever !
    Super, le néolibéralisme...

    Je ne l'ai pas lu effectivement Hayek, mais j'ai je pense une différence d'axiomatique assez fondamentale avec lui, que j'ai oublié dans post précédent : j'ai été assez marqué par la primatologie, ie. l'analyse des comportements humain en considérant que nous sommes des singes. Je te conseillerai de lire Frans de Waal, son dernier livre, le Singe en Nous, par exemple qui explique cela mieux que moi.
    Le désacord que j'ai avec les néolibéraux, dont probablement Hayek, et avec les marxistes fanatiques d'un autre côté est le suivant : nous sommes des singes et en tant que singes (plus évolués que nos cousins chimpanzé et bonobos certes), la liberté et l'égalité sont des variables anthropologique, et on ne doit jamais chercher à maximiser l'un au dépend de l'autre sou peine de catastrophe.
    Trop d'inégalité sont dangereuses; les inégalités sont naturelles, certes, mais jusqu'à un certain stade. Il ne faut pas oublier que notre cerveau est structuré pour fonctionner sur un mode tribal. Dans ce fonctionnement, le compromis est la seule régulation qui permet une stabilité ainsi qu'une souplesse sufisante pour survivre et s'adapter.
    De même une liberté trop limité ou trop grande nuit à la stabilité et l'adaptabilité du groupe.
    On doit toujours chercher un compromis.
    On a passé depuis le néolithique supérieur un gap, dans lequel est apparu des situations où la population critique fut atteinte, impliquant tout le monde ne se connait plus. Et depuis lors, la régulation devient beaucoup plus difficile, et les dérives, paradoxalement plus facile... Pas longtemps, car une civilisation qui privilégie trop un paramètre anthropologique par rapport à un autre est condamné au mieux à une révolution, au pire à une disparition (Lire les bouquins de Jared Diamond, biogéographe, qui étudie la disparition des civilisation (ou leur survie), une revue que google m'a donné (donc pas lu) : http://fredericjoignot.blog.lemonde.fr/2009/03/16/le-biogeog(...) ).
    Bref, je pense que tu auras compris que les raisonnement philosophique, qui tente de se la jouer "rigueur mathématique", jouant avec des complémentaires, des intersections sur les notions de liberté, de pas liberté, etc... et de le poser comme objectif, ça me donne des boutons.
    La liberté, comme l'égalité n'est pas un but, mais un moyen.

    C'est en cela, que je ne pense pas être un néolibéral.

    « Il n’y a pas de choix démocratiques contre les Traités européens » - Jean-Claude Junker