> Par exemple, le corps humain bien qu'étant une merveille d'ingénierie biologique est largement améliorable par un processus rationnel (il suffit de voir le succès de la chirurgie esthétique, les espoirs dans la thérapie génétique, etc).
Comparaison, n'est pas raison, mais même en dehors de ça, j'ai de fortes objections:
- à ton avis, si un tel processus rationnel est aussi efficace, pourquoi donc ne nous nourrissons nous pas de médicament ? Parce qu'un médicament, ça reste dangereux. Oui, un antibiotique est moins dangereux qu'une maladie. Mais bouffe de l'antibiotique trois fois par jour, et tu verras qu'une telle perturbation régulière est, sur le long terme, néfaste
- la thérapie génique n'a rien découvert du tout: elle essaie juste, du mieux qu'elle peut, de remettre en place un ordre biologique prééxistant et qui n'a pas été inventé par notre raison. Les théories géniques n'essaient pas de modifier le comportement normal de l'ordre biologique spontané, elle essaie bien au contraire de s'en rapprocher,tout à l'inverse de l'interventionnisme socialiste moderne, qui essaie de s'écarter de l'ordre social spontané.
- enfin, la biologie est une science empirique, qui est une approche totalement exclue et impossible dans le cadre de la compréhension des processus sociaux, pour des raisons à la fois morales évidentes (on ne peut donner une région et ses habitants à chaque courant utopiste afin que ce dernier "fasse l'expérience" de ses idées -- sauf, dans une certaine limite, si ces habitants sont consentants, mais cela fausse déjà les conditions de l'expérience en soit, puisqu'on ne peut pas prédire les effets des effets "Placebo" (je crois en cette utopie, donc je ferai des sacrifices que je ne consentirai pas en temps normal pour le bien de la réussite de l'expérience) et "d'Heisenberg" (le fait de savoir que ce n'est qu'une expérience fausse également les modes d'action de ces individus)) et pratiques (comment savoir si le "succès" ou "l'échec" de l'expérience est dû à des causes externes ? Quels sont les facteurs, internes et externes, à la fois positifs et négatifs pour la réussite ? Surtout, quels sont leurs ordres d'intensité ? Et avant tout, quel est le critère de "succès" ?). En médecine, nous avons des guides sûrs: expériences en double aveugle, avec un critère objectif qui est la survie du patient ou l'amélioration de sa condition physiologique. Rien de tout ça n'est possible pour la "rationalisation" de l'ordre social spontané. C'est ce qui explique notamment le fouillis qu'est la science économique.
> On peut penser à l'économie participative, à l'autogestion ou à d'autres principes du même genre. C'est évidemment relativement utopique.
Les coop ne sont pas utopiques, et parfois réussissent assez bien (et d'autant plus dans les pays plus libéraux comme la suisse ;)). Le micro-crédit est loin d'être une affabulation d'un utopiste. Et tu remarqueras une chose fondamentale dans ces organisations: elles s'insèrent dans l'évolution "spontanée" de l'ordre social (et tant que composante et moteur) au lieu d'essayer de le modifier "de l'extérieur".
[^] # Re: Mes réponses à tes questions
Posté par Moonz . En réponse au journal Faisceaux de questions à Eric Raymond ?. Évalué à 1.
Comparaison, n'est pas raison, mais même en dehors de ça, j'ai de fortes objections:
- à ton avis, si un tel processus rationnel est aussi efficace, pourquoi donc ne nous nourrissons nous pas de médicament ? Parce qu'un médicament, ça reste dangereux. Oui, un antibiotique est moins dangereux qu'une maladie. Mais bouffe de l'antibiotique trois fois par jour, et tu verras qu'une telle perturbation régulière est, sur le long terme, néfaste
- la thérapie génique n'a rien découvert du tout: elle essaie juste, du mieux qu'elle peut, de remettre en place un ordre biologique prééxistant et qui n'a pas été inventé par notre raison. Les théories géniques n'essaient pas de modifier le comportement normal de l'ordre biologique spontané, elle essaie bien au contraire de s'en rapprocher,tout à l'inverse de l'interventionnisme socialiste moderne, qui essaie de s'écarter de l'ordre social spontané.
- enfin, la biologie est une science empirique, qui est une approche totalement exclue et impossible dans le cadre de la compréhension des processus sociaux, pour des raisons à la fois morales évidentes (on ne peut donner une région et ses habitants à chaque courant utopiste afin que ce dernier "fasse l'expérience" de ses idées -- sauf, dans une certaine limite, si ces habitants sont consentants, mais cela fausse déjà les conditions de l'expérience en soit, puisqu'on ne peut pas prédire les effets des effets "Placebo" (je crois en cette utopie, donc je ferai des sacrifices que je ne consentirai pas en temps normal pour le bien de la réussite de l'expérience) et "d'Heisenberg" (le fait de savoir que ce n'est qu'une expérience fausse également les modes d'action de ces individus)) et pratiques (comment savoir si le "succès" ou "l'échec" de l'expérience est dû à des causes externes ? Quels sont les facteurs, internes et externes, à la fois positifs et négatifs pour la réussite ? Surtout, quels sont leurs ordres d'intensité ? Et avant tout, quel est le critère de "succès" ?). En médecine, nous avons des guides sûrs: expériences en double aveugle, avec un critère objectif qui est la survie du patient ou l'amélioration de sa condition physiologique. Rien de tout ça n'est possible pour la "rationalisation" de l'ordre social spontané. C'est ce qui explique notamment le fouillis qu'est la science économique.
> On peut penser à l'économie participative, à l'autogestion ou à d'autres principes du même genre. C'est évidemment relativement utopique.
Les coop ne sont pas utopiques, et parfois réussissent assez bien (et d'autant plus dans les pays plus libéraux comme la suisse ;)). Le micro-crédit est loin d'être une affabulation d'un utopiste. Et tu remarqueras une chose fondamentale dans ces organisations: elles s'insèrent dans l'évolution "spontanée" de l'ordre social (et tant que composante et moteur) au lieu d'essayer de le modifier "de l'extérieur".