Le libéralisme affirme, au contraire, que le marché, le droit, le langage, sont tous issus d'un processus "spontané" qui n'a pas besoin de supermen dans un "bureau d'étude social" pour tendre vers les besoins des individus, qu'au contraire la société est bien trop complexe pour espérer qu'un tel organisme central puisse faire autre chose que de désorganiser l'ordre social aussi longtemps qu'il s'obstinera à aller contre le sens des actions entrelacées de millions d'individus.
Si je te suis sur le concept d'émergence (définie comme l'apparition d'un concept plus compliqué à partir de l'interaction d'éléments simples mais communicants) comme étant un concept idéal pour formaliser le principe de l'évolution (que ce soit des sociétés, des langues ou des organismes), là où je ne te suis plus c'est justement sur ce principe de complexité trop grande qui supprime la possibilité de planification. Par exemple, le corps humain bien qu'étant une merveille d'ingénierie biologique est largement améliorable par un processus rationnel (il suffit de voir le succès de la chirurgie esthétique, les espoirs dans la thérapie génétique, etc).
Si, pour moi, le marché existera toujours (en tant qu'outil d'échange et de communication) il est nécessaire de lui appliquer un processus qui vise à le rendre sensible à un ensemble de questions qui le dépasse : écologiques, sociales, humanistes. On peut penser à l'économie participative, à l'autogestion ou à d'autres principes du même genre. C'est évidemment relativement utopique.
[^] # Re: Mes réponses à tes questions
Posté par Nicolas Évrard (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal Faisceaux de questions à Eric Raymond ?. Évalué à 3.
Si je te suis sur le concept d'émergence (définie comme l'apparition d'un concept plus compliqué à partir de l'interaction d'éléments simples mais communicants) comme étant un concept idéal pour formaliser le principe de l'évolution (que ce soit des sociétés, des langues ou des organismes), là où je ne te suis plus c'est justement sur ce principe de complexité trop grande qui supprime la possibilité de planification. Par exemple, le corps humain bien qu'étant une merveille d'ingénierie biologique est largement améliorable par un processus rationnel (il suffit de voir le succès de la chirurgie esthétique, les espoirs dans la thérapie génétique, etc).
Si, pour moi, le marché existera toujours (en tant qu'outil d'échange et de communication) il est nécessaire de lui appliquer un processus qui vise à le rendre sensible à un ensemble de questions qui le dépasse : écologiques, sociales, humanistes. On peut penser à l'économie participative, à l'autogestion ou à d'autres principes du même genre. C'est évidemment relativement utopique.