• # "Imposer" la liberté est le meilleur moyen de la garantir

    Posté par . En réponse au journal Faisceaux de questions à Eric Raymond ?. Évalué à 3.

    Depuis que je me suis mis à réfléchir à la question des licences, je préfère et de loin la GPL à la BSD. Je dirais que son principal défaut est sa complexité, mais sur le fond, je ne peux qu'agréer.

    Je vois l'interdiction de passer sous une licence proprio de la GPL comme une garantie pour conserver la liberté du code. Une sorte de "il est interdit d'interdire". Ca fait peut-être très soixante-huitard là...

    Je ferais une comparaison sans doute un peu bancale avec le droit du travail : on a un code du travail assez rigide et qui interdit à un patron un certain nombre de choses, mais c'est un moyen d'obtenir un compromis entre patron et salarié puisque le premier a, par sa position, de grands pouvoirs sur le second. On limite donc la liberté de l'un pour protéger celle de l'autre, en tentant de trouver un certain équilibre entre les deux.

    L'idée des néolibéraux et libertariens que la liberté totale et absolue serait la situation parfaite n'est possible que dans un monde ou, soit tout le monde est philanthrope et cherche à agir dans le bien de tous, soit chacun est capable d'être totalement indépendant des autres. Mais la réalité est bien différente...

    Là où la comparaison peut être bancale, c'est qu'un logiciel (virtuel) a moins d'importance qu'un contrat de travail (qui concerne une personne physique), donc que certains aient envie de passer leur code en BSD ou en proprio, c'est leur problème. On ne pourrait pas avoir une multitude de contrats de travail dont certains permettraient de sous payer les employés et les jeter et d'autres plus sûrs, puisque le patron est seul à choisir lequel il va proposer.

    En même temps vu les trolls un peu plus haut, je sens que certains m'objecteront qu'il faut de toute façon tout libéraliser, que c'est le mieux et que c'est comme ça et pas autrement (le fameux TINA de Thatcher...).