• [^] # Re: Mes réponses à tes questions

    Posté par . En réponse au journal Faisceaux de questions à Eric Raymond ?. Évalué à 4.

    Je suis assez d'accord avec le commentaire parent.

    L'"économie" a un nombre de "dimensions" démesurément plus élevé que ce sur quoi on travaille la plupart du temps en physique, avec des lois particulièrement chaotique un peu partout. Comme il y a des tonnes de liens insoupçonnables on ne peut pas faire une projection dans un nombre restreint de dimensions, appliquer un modèle dessus et espérer que le résultat à long terme corresponde (en fait si, on _peut_ espérer, on risque juste fortement d'être très déçu :)

    Réussir à tirer quelque chose à long terme de tout ça est probablement illusoire. Bien malin est celui qui pourra prédire si un tel système "non régulé" (bien que je ne vois pas de définition naturelle de la "non régulation" de toute manière) évoluera spontanément à long terme dans une direction générale donnée, et quand bien même il faudrait alors penser aux détails du style oscillations brutales sur le chemin... (du style de celles que l'on expérimente en ce moment, mais en plus brutal :p )

    Sur la question de savoir s'il faut exclure l'état de l'économie, elle est à mon avis illusoire. L'état fait de toute façon partie du système, quelque soit son degré d'"interventionnisme". Libre à chacun de croire qu'une absence la plus poussée possible d'interventionnisme est préférable, mais j'ai du mal à voir sur quoi ça peut reposer de manière plus convaincante que "l'économie c'est trop compliqué, faut pas essayer de forcer les choses" -- de toute manière tous les acteurs essayent de forcer les choses... et de plus les lois sont toutes liées d'une manières ou d'une autre au reste du système, et comme le monopole de la force nécessite des lois (du moins j'ai pas envie de vivre dans une société ou ce n'est pas le cas !), ne laisser que cela comme rôle à l'état tout en prétendant en même temps qu'il n'a aucun effet sur l'économie est contradictoire. Comme le système est chaotique l'effet ne peut pas non plus être considéré à priori comme globablement négligeable. Penser aussi aux "miracles" qu'on peut faire avec des asservissements, comme faire voler des avions aérodynamiquement instables. Bref pour moi l'état a forcement sa place dans l'économie.

    Le marché est forcement une approximation, mais qui peut être plus ou moins fine, qui peut s'intéresser à tel ou tel phénomène avec plus ou moins de précision. L'erreur est de prendre une approximation, modèle par nature TRÈS simplificateur, de vouloir l'appliquer à long terme et d'en tirer des conclusions. C'est comme la météo ; il y a trop de chaos et au delà d'une certaine date le modèle ne dit par nature absolument plus rien.