Si on se posait la question: pourquoi Linux a-t-il si bien percé par rapport à BSD? (d'une manière générale, je sais que BSD domine certains marchés)
Je soupçonne largement que c'est pour les raisons que tu cites: les développeurs souhaitentéviter de se faire pomper le code intégralement sans rien en retour, et donc préfèrent contribuer à Linux qu'à BSD.
(Attention, je peux complètement me planter ici, ce n'est qu'une hypothèse!)
Aura-t-on autant de développeurs bénévoles sur les projets à licence plus permissive?
S'il ne reste que ça, très certainement (pas le choix). Mais voilà: jusqu'à ce que la GPL soit déclarée illégale, on aura toujours le choix!
Parlons du point 1:
L'idée (je pense, je ne suis pas dans sa tête!) d'Eric Raymond, ce serait qu'une entreprise devrait déployer plus d'effort pour suivre le développement d'un logiciel libre et ajouter ses petites fonctions supplémentaires qu'une entreprise qui contribue directement à la source:
- payer des gens pour ajouter une fonction, qui est d'ailleurs ajoutée au projet initial 2 mois plus tard: effort perdu pour une exclusivité de 2 mois, pas rentable
- aucun moyen d'influencer le développement du projet pour l'empêcher de rendre inutilisable les ajouts par l'entreprise à cause d'un changement d'API (ou autre, enfin j'espère que c'est clair)
- "force de frappe" de développement probablement bien inférieure à celle de la communauté
Ce dernier argument dépend clairement de la taille du projet initial et de la dimension de la boite qui voudrait en profiter.
Microsoft a (par EXEMPLE, je ne veux pas lancer un troll MS, on en a bien assez!) largement les moyens de continuer à faire évoluer la pile TCP/IP, peut-être même plus vite que les équipes de dev BSD.
Vu comme ça, la GPL a un certain attrait pour ceux qui ne veulent pas que ça se passe ainsi.
J'ai un contre-proposition à faire à Eric Raymond: puisque les entreprises qui utiliseraient une base de code libre et ajouteraient des éléments propriétaires seraient de toute façon perdantes face à des entreprises qui contribueraient, les avantages de la permissivité de la BSD sont un leurre, cette permissivité n'apportant pas d'avantage compétitif à l'entreprise.
Dès lors, c'est la BSD elle-même qui n'a plus de raison d'être, et on peut tout passer en GPL.
D'un autre côté, les firmwares, qui je vous le promets ne vont pas s'arranger partout si facilement d'un point de vue libriste, sont un marché particulièrement adapté aux licences de type BSD, et peu voire pas du tout GPL.
Pourquoi je dis ça (en dehors d'une volonté masochiste de voir mon commentaire moinssé): sur certains composants, tout le monde ou presque a le même matériel (parce que tout le monde achète les mêmes licences pour mettre les mêmes éléments dedans...).
La différence compétitive se fait au niveau logiciel, et les logiciels étant petits (je ne parle pas de cartes graphiques et processeurs!), facilement copiable une fois qu'on a mis la main dessus.
Rendre public ses développements, c'est aligner parfaitement la concurrence, ce qui permettra d'avoir absolument la même offre partout, toute innovation de l'un étant immédiatement reproduite chez les autres.
Sur le marché des composants, il n'y a pas d'activité de service, ou alors elle est dérisoire, je n'ai pas besoin de deux consultants pendant 6 mois pour installer un compas électronique sur une carte et ajouter les logiciels dans mon système. Par contre, trouver l'algorithme qui permet de recalibrer automatiquement le compas, et éliminer efficacement les perturbations environnantes, c'est une toute autre histoire, mais c'est la même pour tous les clients, d'où le "pas de service, c'est déjà dans le pack, assorti d'une clause d'interdiction de réutilisation avec les produits concurrents bien sûr!"
Le business-modèle open source sur ce segment reste à définir!
Mais pour la petite histoire, je pense que le cas de l'embarqué doit être pour un petit quelquechose dans le fait qu'E17 et les EFL sont sous licence BSD.
Là où je vais me contredire (parce que je ne fais que donner des éléments, je n'ai pas de réponse, vous avez lu tout ça pour rien: dommage!) c'est que d'après mes explications, c'est un noyau BSD qui aurait dû percé dans l'embarqué, et non un noyau Linux.
C'est là que je reviens à la "force de frappe" de développement: ce sont les développeurs pour embarqué qui ont choisi Linux, et non les "utilisateurs" (j'entends ici intégrateurs).
Conclusions: Evidemment, la GPL, pour un logiciel BSD (qui n'est pas GPL), évidemment la GPL n'est pas la BSD. On a des logiciels BSD, et des logiciels GPL, évidemment, qui ne sont pas propriétaires.
Ce que je voulais dire c'est que cet argument est sans fondement.
# Discutable, mais?
Posté par Maclag . En réponse au journal Faisceaux de questions à Eric Raymond ?. Évalué à 5.
Je soupçonne largement que c'est pour les raisons que tu cites: les développeurs souhaitentéviter de se faire pomper le code intégralement sans rien en retour, et donc préfèrent contribuer à Linux qu'à BSD.
(Attention, je peux complètement me planter ici, ce n'est qu'une hypothèse!)
Aura-t-on autant de développeurs bénévoles sur les projets à licence plus permissive?
S'il ne reste que ça, très certainement (pas le choix). Mais voilà: jusqu'à ce que la GPL soit déclarée illégale, on aura toujours le choix!
Parlons du point 1:
L'idée (je pense, je ne suis pas dans sa tête!) d'Eric Raymond, ce serait qu'une entreprise devrait déployer plus d'effort pour suivre le développement d'un logiciel libre et ajouter ses petites fonctions supplémentaires qu'une entreprise qui contribue directement à la source:
- payer des gens pour ajouter une fonction, qui est d'ailleurs ajoutée au projet initial 2 mois plus tard: effort perdu pour une exclusivité de 2 mois, pas rentable
- aucun moyen d'influencer le développement du projet pour l'empêcher de rendre inutilisable les ajouts par l'entreprise à cause d'un changement d'API (ou autre, enfin j'espère que c'est clair)
- "force de frappe" de développement probablement bien inférieure à celle de la communauté
Ce dernier argument dépend clairement de la taille du projet initial et de la dimension de la boite qui voudrait en profiter.
Microsoft a (par EXEMPLE, je ne veux pas lancer un troll MS, on en a bien assez!) largement les moyens de continuer à faire évoluer la pile TCP/IP, peut-être même plus vite que les équipes de dev BSD.
Vu comme ça, la GPL a un certain attrait pour ceux qui ne veulent pas que ça se passe ainsi.
J'ai un contre-proposition à faire à Eric Raymond: puisque les entreprises qui utiliseraient une base de code libre et ajouteraient des éléments propriétaires seraient de toute façon perdantes face à des entreprises qui contribueraient, les avantages de la permissivité de la BSD sont un leurre, cette permissivité n'apportant pas d'avantage compétitif à l'entreprise.
Dès lors, c'est la BSD elle-même qui n'a plus de raison d'être, et on peut tout passer en GPL.
D'un autre côté, les firmwares, qui je vous le promets ne vont pas s'arranger partout si facilement d'un point de vue libriste, sont un marché particulièrement adapté aux licences de type BSD, et peu voire pas du tout GPL.
Pourquoi je dis ça (en dehors d'une volonté masochiste de voir mon commentaire moinssé): sur certains composants, tout le monde ou presque a le même matériel (parce que tout le monde achète les mêmes licences pour mettre les mêmes éléments dedans...).
La différence compétitive se fait au niveau logiciel, et les logiciels étant petits (je ne parle pas de cartes graphiques et processeurs!), facilement copiable une fois qu'on a mis la main dessus.
Rendre public ses développements, c'est aligner parfaitement la concurrence, ce qui permettra d'avoir absolument la même offre partout, toute innovation de l'un étant immédiatement reproduite chez les autres.
Sur le marché des composants, il n'y a pas d'activité de service, ou alors elle est dérisoire, je n'ai pas besoin de deux consultants pendant 6 mois pour installer un compas électronique sur une carte et ajouter les logiciels dans mon système. Par contre, trouver l'algorithme qui permet de recalibrer automatiquement le compas, et éliminer efficacement les perturbations environnantes, c'est une toute autre histoire, mais c'est la même pour tous les clients, d'où le "pas de service, c'est déjà dans le pack, assorti d'une clause d'interdiction de réutilisation avec les produits concurrents bien sûr!"
Le business-modèle open source sur ce segment reste à définir!
Mais pour la petite histoire, je pense que le cas de l'embarqué doit être pour un petit quelquechose dans le fait qu'E17 et les EFL sont sous licence BSD.
Là où je vais me contredire (parce que je ne fais que donner des éléments, je n'ai pas de réponse, vous avez lu tout ça pour rien: dommage!) c'est que d'après mes explications, c'est un noyau BSD qui aurait dû percé dans l'embarqué, et non un noyau Linux.
C'est là que je reviens à la "force de frappe" de développement: ce sont les développeurs pour embarqué qui ont choisi Linux, et non les "utilisateurs" (j'entends ici intégrateurs).
Conclusions: Evidemment, la GPL, pour un logiciel BSD (qui n'est pas GPL), évidemment la GPL n'est pas la BSD. On a des logiciels BSD, et des logiciels GPL, évidemment, qui ne sont pas propriétaires.
Ce que je voulais dire c'est que cet argument est sans fondement.