• [^] # Re: esourds.edf.fr

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Alien : dans le cyberespace personne ne vous entend lier. Évalué à 2.

    À noter que je parle du cas des sourds profonds et de naissance. Pour les sourds qui ont acquis leur handicap vers 4-5 ans ou plus, le problème n'est pas du tout le même, car l'apprentissage de la langue est beaucoup plus facile.

    Pour les sourds de naissance, les médecins ont toujours été hostiles à la langue des signes, et ce, au détriment du bien être de leurs patients. Il faut dire que beaucoup d'orthophonistes perdraient leur métier sans les sourds, et qu'un implant cochléaire coûte 30.000 euros. Le marché est juteux.

    Or il est infiniment plus naturel et facile pour un sourd d'apprendre la langue des signes, puis d'apprendre le français, que l'inverse. Je suis désolé, mais je vais être obligé de flooder pour justifier.

    Le congrès de Milan en 1880 a préconisé la méthode orale d'enseignement aux sourds, avec pour objectif de supprimer la langue des signes. On a vu le résultat : les 90% d'illettrisme dont parle cet article http://www.lepoint.fr/actualites-societe/cinq-sourds-en-grev(...) sont à considérer sur une population qui a été intégralement scolarisée... C'est seulement depuis 1991 que les parents peuvent choisir entre une éducation bilingue orale/langue des signes ou une éducation orale seulement.

    La langue naturelle du sourd est la langue des signes. Une fois cette langue maîtrisée, le sourd peut s'intégrer à sa communauté, donc se sociabiliser, avoir accès à un minimum d'informations... et éventuellement apprendre le français en deuxième langue. Dans l'autre sens, comme la pratique du français est incroyablement difficile, on fabrique des gens incapables de communiquer, qui s'isolent faute de pouvoir parler à leur voisin ou leur boulangère, et deviennent totalement dépendants de leur famille.