• [^] # Re: Logiciels "privateurs"

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal RMS et le piège du Javascript. Évalué à 4.

    Le fait de parler de «repomper» une idée, c'est déjà partir de l'apriori que copier est un acte malsain, alors que c'est le mécanisme de base de notre capacité d'apprentissage et donc de dépassement de soi même.

    Est-ce que tu aimerais que ton prochain t'empêche d'évoluer intellectuellement ou d'utiliser les connaissances que tu a acquis, sous prétexte qu'il les connaissait avant toi ? C'est ça les questions relatives à l'empathie.

    Ce qui «justifie» le droit d'auteur, c'est la possibilité pour les auteurs d'être rémunéré pour leur travail. Ça ne veut pas dire que cela justifie l'utilisation de la notion de «propriété», on pourrait très bien payer l'auteur à l'heure de travail ou d'un tas d'autre manières.

    Pour l'origine du phénomène je te l'ai cité plus haut, elle n'a pas grand chose à voir avec les auteurs mais plutôt avec la relation entre l'état (le roi) et les éditeurs; pour des questions de censures. Il faut attendre les révolutions anglaise et française et l'abolition des privilèges pour voir une remise en question des l'attribution de ces monopoles. Et encore, le premier projet de loi en la matière visait surtout à rendre l'auteur responsable de ses écrits.

    Et même après il ne faut pas croire que la notion de propriété dans le droit d'auteur à fait l'unanimité parmis les auteurs. En tête d'affiche des affrontements on avait par exemple du Lamartine et du Victor Hugo d'un coté, et Renouard et Proudhon de l'autre.

    En 1936 Jean Zay, ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts, veut instaurer un principe de travailleur intellectuel, par opposition à la notion de propriétaire. Son projet prévoyais entre autre un domaine public en deux phases, dont une première, payante, qui servirait à rémunérer les auteurs, et une seconde tel qu'on la connais. Mais la seconde guerre mondial éclate et le projet et balancé aux ordures par Vichy qui préfères repartir sur des notions de propriété. Le texte commencé sous Vichy sera d'ailleurs gardé, bien que retravaillé, pour être promulgué en 57.