• [^] # Re: Refus de vendre

    Posté par . En réponse au journal Pigalle, DSLZ, téléchargement, toussa. Évalué à 3.

    > Blockbuster ou pas le probleme c'est que ton petit raisonnement n'est applicable qu'aux CD et pas aux videos ou aux livres qui sont plus à usage unique.

    Ah ? J'ai pourtant maté tous les films que j'ai des dizaines de fois, et espère le faire encore des dizaines d'autres (si tu achètes des choses qui ne te plaisent pas, c'est ton problème - pas le mien : un indice, toutefois - télécharger te permet de découvrir, et même, d'apprendre à reconnaître plus facilement, ce qui te plaît vraiment)...

    Et il en va de même pour les livres - s'il est rare que je télécharge des ouvrages purement textuels, ça m'aura quand même permis de découvrir, par exemple, les Pamphlets de Céline, et de triper sur ce en quoi ils diffèrent de "Voyage au bout de la nuit" et autres "Guignol's band" - et en la matière, pas le choix : ces ouvrages sont prohibés par les ayant-droits, au nom de ce droit débile à décider si on a le droit d'accéder à une œuvre, y compris après qu'elle ait déjà été rendue _publique_.

    Maintenant, pour parler des livres que je télécharge le plus, il s'agit de chapitres de mangas - par exemple, le Shonen Jump, recueil hebdomadaire de chapitres de plein de séries, qui sort (presque) tous les lundis au Japon, mais dont on peut trouver les "scantrads" dès le jeudi ou le vendredi précédent. Je ne lis pas le japonais ('fin, très mal, pour l'instant), le Shonen n'est pas vendu en hexagone, et je finis toujours par acheter les bouquins quand ils finissent par sortir ici : et ? Je nuis à qui ? À personne, bien au contraire (à l'inverse de ces abjects incapables achevés de chez soleilmanga qui semblent partis pour refaire le coup du "j'annonce le prochain Dorohedoro tous les mois, pour, toujours tous les mois, reporter sa sortie d'un mois"... quand ses éditeurs traitent l'un des meilleurs mangas jamais parus - éditeurs, incapables au demeurant de rééditer les premiers volumes, même après avoir mis deux ans à en sortir un autre - et qu'ils ont l'outrecuidance de se plaindre que ça ne se vend pas, je crois qu'il est temps de changer de métier)... si je n'avais pas téléchargé de mangas, j'en aurais acheté beaucoup moins : est-ce en découvrant moins, et donc, en achetant moins, ou en achetant à l'aveuglette (peu importe la cuvée, pourvu qu'on a l'ivresse, fut-ce à la piquette ?), qu'on soutient vraiment les auteurs ? Faudra m'expliquer comment.

    Ah, et puis, ce n'est pas un simple raisonnement - c'est la conclusion de tous les rapports indépendants ou officiels, comme par exemple : http://www.svmlemag.fr/actu/03937/en_hollande_le_peer_to_pee(...)

    Maintenant, si tu veux me démontrer le contraire, montre-moi une étude sérieuse qui prouverait en quoi le P2P est un désastre pour l'industrie des ayant-droits... si tu en trouves ne serait-ce qu'une qui conspue le P2P (ce qui ne va pas être simple) - sinon, arrête ton FUD (car jusqu'à preuve du contraire, ça en est).



    > de quel droit te permets-tu de ne pas respecter

    Du droit de la nécessité : car le droit d'auteur a été détourné de son objectif initial, visant à protéger les auteurs des exploitations commerciales de leurs œuvres par les éditeurs et les interprètes.

    Autant je n'ai aucun problème à reconnaître le droit d'un auteur à bénéficier des exploitations commerciales de ses œuvres (ce que le P2P n'est pas), autant je n'ai aucun problème à reconnaître aux auteurs la paternité sur elles (voie de conséquence du point précédent), autant j'estime que le droit de décider qui a le droit d'accéder à une œuvre d'ores et déjà rendue _publique_ (et simplement accéder - pas profiter, ni exploiter) est complètement abusif.

    Il n'a jamais été démontré de manière sérieuse que le P2P nuisait à qui que ce soit, tout au contraire. Alors de quel droit honnête en priver qui que ce soit ? Les lois ne sont pas faites pour être respectées (chacun est censé être pourvu d'une conscience, pour guider ses actes - respecter la loi est donc le problème des individus, et certainement pas celui d'une loi, jusqu'à preuve du contraire inanimée), mais pour indiquer ce qui devrait l'être, selon un consensus - et pour être respecté, il faut commencer par être respectable. Or le monopole sur l'accès à la culture est tout, sauf respectable, ou fondé, ce pourquoi je n'ai aucun remors à l'ignorer. Maintenant, que tu sois un moraliste prêt à respecter l'inacceptable au sacro-saint nom du droit de la loi, ou un défenseur du monopole de l'accès à l'information - grand bien te fasse.

    Ça ne m'empêchera pas de m'en laver les mains, de continuer à acheter beaucoup de produits dérivés de la culture, de continuer à en télécharger beaucoup d'autres (essentiellement pour savoir si je dois les rajouter à la liste des choses que je veux acheter), pas plus que d'avoir la conscience parfaitement tranquille (au détail près que je préfèrerais donner plus d'argent, aussi peu que ce soit, aux auteurs, que de payer un abo newsgroup et un VPN - maintenant, c'est l'industrie des ayant-droits qui m'y force : elle n'a à s'en prendre qu'à elle-même, si je dois donner une partie de l'argent que je lui donnais à des fournisseurs de "contrebanderies").