Pour une fois, je serais d'accord avec Zenitram (et on sait l'un comme l'autre qu'on est souvent en désaccord :-)
Zenitram évoque le fait que "ceux qui veulent vendre" ne se donne pas les moyens de pouvoir vendre.
Je ne peux qu'être d'accord avec lui, pour le remarquer dans mon domaine (Licensing studios),
je vois parfaitement ce discours de plainte à tout bout de champs. Dans les principaux, nous avons : - "On vend moins",
- "Nos tentatives sur la VOD se sont soldées par des échecs",
- "On aimerait bien faire connaitre ce nouvel artiste/réalisateur/etc..., mais vu qu'il est pas connu on risque de ne pas en vendre"
Ce sont les grands traits de ce que j'ai pu rencontrer.
On pourrait se dire que face à ces complaintes, les studios et éditeurs réagiraient. Et bien non, ils font pratiquement comme Zenitram l'évoquait avec le groupe sus-cité. Les studios font les plus grandes erreurs.
Ceux que nous connaissont tous: Imposition des DRM sur les sites de VOD; Ceux qu'on connait moins: Imposition sur la localisation (on achète une license pour une durée et pour une zone, par exemple France, Allemagne, US, etc... exemple flagrant et visible avec Hulu.com). Une autre que l'on connait un peu moins mais qui est visible tout autant: Les studios en ce moment ont un travers un peu bizarre: celui de remettre en avant leurs noms. Ainsi, leurs nouvelles lubies est de monter leurs propres sites de VOD. Vous me diriez que c'est une bonne chose. Et pourtant, c'est là la principale erreur: combien de personnes savent que tel film ou tel artiste est produit par tel studio ou tel major ? hormis les afficionados, aucun. Et le dernier et la plus problématique: l'attribution des licenses. Il faut savoir déjà que - hormis les pagailles de co-productions, productions un peu étrange, rachat de licences auprès de plusieurs ayants droits - les studios et éditeurs ont une légère tendance à ne proposer que - soit les fonds de paniers (les vieux produits, pas cher), les hauts de paniers (les tout derniers produits, très cher), soit un nombre limité de licence. Mais pratiquement jamais "l'ensemble du catalogue" (bah oui, pour avoir une véritable offre VOD et pas 5 ou 6 épisodes ou 2 ou 3 films). Et enfin, des demandes étranges: Les studios et éditeurs sont dans une nouvelle configuration de vente: les produits physiques sont moins plébiscités depuis quelques années. Le tout-numérique a fait un bon extraordinaire. Même Sony qui a sortit son UMD va finalement l'abandonner vers un système de VOD. Pour n'importe quel "fabricant", une nouvelle ère arrivant, on adapte son business-plan. Et bien .... pas du tout. Les licences sont attribués avec -pratiquement- les mêmes termes qu'il y a 10 ans. Le plus choquant c'est de constaté que pour acheter les droits d'un épisode d'une série, les studios demandent entre 500 et 3000 $ et ceci payable d'avance (en plus des rétributions par pourcentage pour chacun des titres qui peuvent atteindre parfois plus de 70% d'une vente)
Ainsi pour obtenir la licence de Friends, par exemple, vous devrez débourser par moins de 720.000 $ (24 épisodes par saison, 10 saisons); Pour obtenir Dragon Ball Z (291 épisodes, sans compter les OAV), nous arrivons à plus de 800.000 $. (Je vous rappelle que c'est payable d'avance)
Comment voulez-vous que des solutions de VOD comparables à l'offre illégal puissent débarquer ? J'ai la réponse: Aucun.
Pour en revenir au commentaire de Zenitram: Effectivement, la plus grande cause du piratage est - indirectement - qu'ils ne veulent pas vendre. Ou plutôt ils ne se donnent pas les moyens de le faire. Voire même, ils ne donnent pas les moyens à des tiers de le faire pour eux.
C'est cela la plus grande cause du piratage: Aucun moyen, donc aucune solution, et on se retrouve à une offre légale pauvre en contenu.
PS: au moment où j'écris ce post, je viens de me rappeler un autre exemple flagrant de cela: Je suis un peu un adepte de LOST. A une époque, je regardais les épisodes sur TF1 en français. Mais au bout de 2 ou 3 saisons, m'apercevant des problèmes de traduction, je me suis tourné vers la VOD payante; TF1-Video a eu la bonne idée de vendre les épisodes 24h après leurs diffusions avec des sous-titres. C'était une très bonne initiative. Puis un jour, manque de bol, ma télévision crame. Je n'ai donc plus accès à l'offre VOD, uniquement disponible par la sortie "TV" des offres triplay. Je pourrais me retourner vers le multiposte-free ? Manque de bol, TF1 n'est pas sur le multiposte pour des raisons politico-financières (peur de se faire pirater leurs contenus). Je vais donc devoir me tourner vers une solution illégale .... (vous pourriez me dire "et les DVD ?" ... vu le prix, j'ai beau être fan, je vais m'en dispenser :-)
Cela revient au commentaire de Zenitram: les gens qui vendent ne se donnent pas les moyens de vendre et ne donnent pas les moyens à des tiers de le faire.
[^] # Re: Refus de vendre
Posté par Prae . En réponse au journal Pigalle, DSLZ, téléchargement, toussa. Évalué à 10.
Zenitram évoque le fait que "ceux qui veulent vendre" ne se donne pas les moyens de pouvoir vendre.
Je ne peux qu'être d'accord avec lui, pour le remarquer dans mon domaine (Licensing studios),
je vois parfaitement ce discours de plainte à tout bout de champs. Dans les principaux, nous avons :
- "On vend moins",- "Nos tentatives sur la VOD se sont soldées par des échecs",
- "On aimerait bien faire connaitre ce nouvel artiste/réalisateur/etc..., mais vu qu'il est pas connu on risque de ne pas en vendre"
Ce sont les grands traits de ce que j'ai pu rencontrer.
On pourrait se dire que face à ces complaintes, les studios et éditeurs réagiraient. Et bien non, ils font pratiquement comme Zenitram l'évoquait avec le groupe sus-cité. Les studios font les plus grandes erreurs.
Ceux que nous connaissont tous: Imposition des DRM sur les sites de VOD;
Ceux qu'on connait moins: Imposition sur la localisation (on achète une license pour une durée et pour une zone, par exemple France, Allemagne, US, etc... exemple flagrant et visible avec Hulu.com).
Une autre que l'on connait un peu moins mais qui est visible tout autant: Les studios en ce moment ont un travers un peu bizarre: celui de remettre en avant leurs noms. Ainsi, leurs nouvelles lubies est de monter leurs propres sites de VOD. Vous me diriez que c'est une bonne chose. Et pourtant, c'est là la principale erreur: combien de personnes savent que tel film ou tel artiste est produit par tel studio ou tel major ? hormis les afficionados, aucun.
Et le dernier et la plus problématique: l'attribution des licenses. Il faut savoir déjà que - hormis les pagailles de co-productions, productions un peu étrange, rachat de licences auprès de plusieurs ayants droits - les studios et éditeurs ont une légère tendance à ne proposer que - soit les fonds de paniers (les vieux produits, pas cher), les hauts de paniers (les tout derniers produits, très cher), soit un nombre limité de licence. Mais pratiquement jamais "l'ensemble du catalogue" (bah oui, pour avoir une véritable offre VOD et pas 5 ou 6 épisodes ou 2 ou 3 films).
Et enfin, des demandes étranges: Les studios et éditeurs sont dans une nouvelle configuration de vente: les produits physiques sont moins plébiscités depuis quelques années. Le tout-numérique a fait un bon extraordinaire. Même Sony qui a sortit son UMD va finalement l'abandonner vers un système de VOD. Pour n'importe quel "fabricant", une nouvelle ère arrivant, on adapte son business-plan. Et bien .... pas du tout. Les licences sont attribués avec -pratiquement- les mêmes termes qu'il y a 10 ans. Le plus choquant c'est de constaté que pour acheter les droits d'un épisode d'une série, les studios demandent entre 500 et 3000 $ et ceci payable d'avance (en plus des rétributions par pourcentage pour chacun des titres qui peuvent atteindre parfois plus de 70% d'une vente)
Ainsi pour obtenir la licence de Friends, par exemple, vous devrez débourser par moins de 720.000 $ (24 épisodes par saison, 10 saisons); Pour obtenir Dragon Ball Z (291 épisodes, sans compter les OAV), nous arrivons à plus de 800.000 $. (Je vous rappelle que c'est payable d'avance)
Comment voulez-vous que des solutions de VOD comparables à l'offre illégal puissent débarquer ? J'ai la réponse: Aucun.
Pour en revenir au commentaire de Zenitram: Effectivement, la plus grande cause du piratage est - indirectement - qu'ils ne veulent pas vendre. Ou plutôt ils ne se donnent pas les moyens de le faire. Voire même, ils ne donnent pas les moyens à des tiers de le faire pour eux.
C'est cela la plus grande cause du piratage: Aucun moyen, donc aucune solution, et on se retrouve à une offre légale pauvre en contenu.
PS: au moment où j'écris ce post, je viens de me rappeler un autre exemple flagrant de cela: Je suis un peu un adepte de LOST. A une époque, je regardais les épisodes sur TF1 en français. Mais au bout de 2 ou 3 saisons, m'apercevant des problèmes de traduction, je me suis tourné vers la VOD payante; TF1-Video a eu la bonne idée de vendre les épisodes 24h après leurs diffusions avec des sous-titres. C'était une très bonne initiative. Puis un jour, manque de bol, ma télévision crame. Je n'ai donc plus accès à l'offre VOD, uniquement disponible par la sortie "TV" des offres triplay. Je pourrais me retourner vers le multiposte-free ? Manque de bol, TF1 n'est pas sur le multiposte pour des raisons politico-financières (peur de se faire pirater leurs contenus). Je vais donc devoir me tourner vers une solution illégale .... (vous pourriez me dire "et les DVD ?" ... vu le prix, j'ai beau être fan, je vais m'en dispenser :-)
Cela revient au commentaire de Zenitram: les gens qui vendent ne se donnent pas les moyens de vendre et ne donnent pas les moyens à des tiers de le faire.