2/ Ce genre d'amalgame est malsain, parce que, comme je le disais plus haut, il fusionne des problèmes très différents dans un magma de revendications informes facilement récupérable par n'importe qui.
Il ne faut pas croire les apparences: la manif de jeudi n'a pas pour but de véhiculer des idées et des revendications. On n'en est pas là. Il s'agissait de faire assez de bruit pour obliger le gouvernement à reconnaître qu'il y a un problème autre que "les français ont peur de la crise" ou bien "il faut plus de pédagogie pour expliquer les réformes aux français". Il n'y a pas d'autre message que "bordel, vous allez nous écouter ou ça va mal finir".
Il y a le temps de la protestation et le temps des propositions. Pour parler des mouvements universitaires que je connais mieux, il y a plein d'initiatives constructives, de listes de revendications ET de propositions qui sont faites, mais ce n'est pas en manif qu'on transmet tout ça. On a déjà transmis tout ça (notamment après les États Généraux de la Recherche en 2004), et ça a été presque totalement ignoré. Après la première vague de mobilisation en 2009, les pseudo-négociations n'ont rien donné. On n'en est pas à faire passer un message, on en est à essayer d'obtenir de vraies négociations. Je suppose que c'est pareil dans les autres mouvements. Et dans cette optique, une grosse manif a un sens.
Après, c'est clair qu'il y a beaucoup de conneries dans tout ce qu'on peut entendre lors de ces grosses manifs. On ne peut pas y échapper, c'est pénible mais ce n'est pas grave dans le sens où les revendications se font à un autre moment, et par d'autres moyens.
[^] # Re: .
Posté par Yusei (Mastodon) . En réponse au journal Manif de jeudi : mais où était l'APRIL / ceux qui luttent contre HADOPI ?. Évalué à 3.
Il ne faut pas croire les apparences: la manif de jeudi n'a pas pour but de véhiculer des idées et des revendications. On n'en est pas là. Il s'agissait de faire assez de bruit pour obliger le gouvernement à reconnaître qu'il y a un problème autre que "les français ont peur de la crise" ou bien "il faut plus de pédagogie pour expliquer les réformes aux français". Il n'y a pas d'autre message que "bordel, vous allez nous écouter ou ça va mal finir".
Il y a le temps de la protestation et le temps des propositions. Pour parler des mouvements universitaires que je connais mieux, il y a plein d'initiatives constructives, de listes de revendications ET de propositions qui sont faites, mais ce n'est pas en manif qu'on transmet tout ça. On a déjà transmis tout ça (notamment après les États Généraux de la Recherche en 2004), et ça a été presque totalement ignoré. Après la première vague de mobilisation en 2009, les pseudo-négociations n'ont rien donné. On n'en est pas à faire passer un message, on en est à essayer d'obtenir de vraies négociations. Je suppose que c'est pareil dans les autres mouvements. Et dans cette optique, une grosse manif a un sens.
Après, c'est clair qu'il y a beaucoup de conneries dans tout ce qu'on peut entendre lors de ces grosses manifs. On ne peut pas y échapper, c'est pénible mais ce n'est pas grave dans le sens où les revendications se font à un autre moment, et par d'autres moyens.