En fait, c'est un peu un cercle vicieux (une sinusoïde vicieuse, pour être précis) : des tas d'administrations ont longtemps fonctionné suivant la méthode éprouvée du "moins-disant". En clair : tu demandes moins de blé que les autres, on te prend. Problème : les entrepreneurs avaient bien compris le truc, et tout était fait pour minimiser le prix, fut-ce au détriment de la qualité (ne serait-ce qu'en passant moins de temps à étudier le besoin), voire par des méthodes encore plus douteuses : marché signé pour un montant ridicule, puis des avenants à n'en plus finir une fois qu'il est matériellement impossible de passer à la concurrence (bâtiment à moitié construit, etc.).
Du coup, les décideurs tendent à changer de méthodes de sélection :
- certains favorisent le "presque-moins-disant", généralement le premier prix au-dessus du moins disant. Ceci afin de limiter les probabilités de tomber sur un faisan complet, mais la loi de Murphy (n') aidant (pas), il n'est pas impossible d'avoir affaire à _deux_ faisans.
- certains ne s'emmerdent même plus, et sachant la tendance des entrepreneurs à toujours minimiser les coûts a priori, ils prennent le plus-disant. L'inconvénient, c'est quand les entrepreneurs ont très bien compris le truc et n'hésitent pas à sur-deviser allégrement. C'est particulièrement le cas dans les domaines où le client n'a de toutes façons pas les compétences pour juger les prix et peut simplement comparer avec d'autres devis similaires. Ou presque similaires. Parce que de toutes façons, il n'a pas vraiment non plus les compétences pour juger de la similarité de deux besoins. Donc, en gros, il est marron.
En résumé : il n'y a pas de solution magique pour choisir entre deux offres. Si on se contente du critère très superficiel qu'est le prix, on est pratiquement certain de se mettre dedans régulièrement. C'est pourquoi, quand on le peut, on fait appel à une assistance (AMO). Mais tous n'y pensent pas ou n'osent pas (c'est une dépense pas toujours facile à justifier). Je suis parfois effaré de voir ce que certains prestataires osent proposer à des administrations ; et pas tant par les prix que par ce qu'ils recouvrent.
[^] # Re: Négociation
Posté par Larry Cow . En réponse au journal Le tableau numérique interactif de l'école de Goussainville.. Évalué à 2.
Du coup, les décideurs tendent à changer de méthodes de sélection :
- certains favorisent le "presque-moins-disant", généralement le premier prix au-dessus du moins disant. Ceci afin de limiter les probabilités de tomber sur un faisan complet, mais la loi de Murphy (n') aidant (pas), il n'est pas impossible d'avoir affaire à _deux_ faisans.
- certains ne s'emmerdent même plus, et sachant la tendance des entrepreneurs à toujours minimiser les coûts a priori, ils prennent le plus-disant. L'inconvénient, c'est quand les entrepreneurs ont très bien compris le truc et n'hésitent pas à sur-deviser allégrement. C'est particulièrement le cas dans les domaines où le client n'a de toutes façons pas les compétences pour juger les prix et peut simplement comparer avec d'autres devis similaires. Ou presque similaires. Parce que de toutes façons, il n'a pas vraiment non plus les compétences pour juger de la similarité de deux besoins. Donc, en gros, il est marron.
En résumé : il n'y a pas de solution magique pour choisir entre deux offres. Si on se contente du critère très superficiel qu'est le prix, on est pratiquement certain de se mettre dedans régulièrement. C'est pourquoi, quand on le peut, on fait appel à une assistance (AMO). Mais tous n'y pensent pas ou n'osent pas (c'est une dépense pas toujours facile à justifier). Je suis parfois effaré de voir ce que certains prestataires osent proposer à des administrations ; et pas tant par les prix que par ce qu'ils recouvrent.