Le jour où il y aura une distribution « Mme Michu capable », à condition que l'essentiel de ses composants reste libre, on pourra continuer se la péter avec des distribs pour geeks, plusieurs pour pouvoir continuer à s'engueulertroller, qui bénéficieront des excellents drivers libres faits pour Mme Michu. Je ne vois pas pourquoi il faudrait fuir le succès, en l'occurrence même pas le succès mais sa seule évocation.
Est-ce que ça peut partir en sucette ? Oui, bien sûr, mais ce ne serait pas si simple de dévoyer le système. N'oublions pas qu'une bonne partie est sous licence libre vaccinante. Le danger principal que je crains, c'est l'épée de Damoclès des brevets logiciels. On a vu des exemples récents qui préfigurent ce qui se passerait si ceux-ci venaient à être adoptés en Europe. Cela consisterait à empêcher toute entreprise de gagner de l'argent avec des produits fondés sur des logiciels libres. Dans tous les cas si ça partait en sucette, il serait toujours temps de reprendre le maquis. Mais ce ne serait plus si simple...
Pour ma part je trouverais sain que l'on trouve des produits, rentables pour ceux qui les créent, sous Linux. Je suis très paresseux, aussi aurais-je déjà dû faire un journal avec des exemples récents de produits développés ou proposés sous Linux. Par exemple de la société américaine Delta Tau qui a développé sa nouvelle gamme de produits, des cartes d'axes destinées à la robotique et à la machine-outil sous Linux. Ce sera la gamme des Power PMAC. Elle a été développée avec Mono sous RT-Linux, parce que, a dit son développeur principal, RT-Linux possédait 99% des caractéristiques dont ils avaient besoin. Ils ont donc développé à façon le 1% qui leur manquait. Je ne sais pas s'ils ont assuré la publicité de ce 1% de code, et donc contribué. Le tout pour faire un produit qui se programme avec Visual Studio 8 sous Windows... Mais qui peut tout aussi bien être programmé de l'intérieur avec GCC.
Il y a aussi la société allemande Wago, qui propose, à côté de divers connecteurs qui sont son activité principale, des modules d'entrées et sorties déportées, fonctionnant avec la plupart, voire tous les bus industriels existants (Modbus sous toutes ses formes, Profibus, CANopen, DeviceNet, etc.). Ils proposent aussi ce genre de modules avec de l'intelligence embarquée, qui permettent de programmer selon la norme IEC-1161 (de mémoire...). Parmi ces modules on en trouve un qui est un mini-PC industriel qui fonctionne sous Linux. Voyez http://www.wago.com/wagoweb/documentation/index_e.htm il y a le 750-860 qui fonctionne sous Linux, mais il est un peu vieux, il y en a un plus récent dont j'ai la doc à mon lieu de travail, mais là je ne suis pas au boulot.
Tout ça pour dire que l'industrie, si la menace des brevets logiciels se dissipe, a toutes les raisons d'adopter significativement Linux. Légèreté, faible empreinte mémoire, outils de développement et bibliothèques accessibles, présence d'environnements temps-réel et plein d'autres avantages, j'ajouterais bien aussi celui de ne pas être à la merci des délires du service marketing d'une entreprise monopolistique, l'y attirent. Je pense en outre que l'industrie serait très intéressée qu'il y ait une distribution « Mme Michu capable » qui soit utilisée par un large public. Un large public, ça veut dire une large diffusion, des économies d'échelle, des produits éprouvés. Depuis quelques années, beaucoup d'éléments, à commencer par les PC, utilisés dans l'industrie ont leur origine dans des produits grand-public. Je pense, entre autres, par exemple au matériel destiné à la vision industrielle, dont les principaux composants sont issus de l'électronique grand-public.
Je ne vois pas en quoi nous serions perdants si Linux devenait un acteur de large audience. Ce qui pourrait principalement l'en empêcher, je le répète, ce sont les brevets logiciels, et ça se décide au niveau des institutions européennes. Les élections européennes, c'est l'an prochain...
[^] # Re: Pourquoi un Os grand public ?
Posté par Philip Marlowe . En réponse au journal Progression de Linux. Évalué à 3.
Est-ce que ça peut partir en sucette ? Oui, bien sûr, mais ce ne serait pas si simple de dévoyer le système. N'oublions pas qu'une bonne partie est sous licence libre vaccinante. Le danger principal que je crains, c'est l'épée de Damoclès des brevets logiciels. On a vu des exemples récents qui préfigurent ce qui se passerait si ceux-ci venaient à être adoptés en Europe. Cela consisterait à empêcher toute entreprise de gagner de l'argent avec des produits fondés sur des logiciels libres. Dans tous les cas si ça partait en sucette, il serait toujours temps de reprendre le maquis. Mais ce ne serait plus si simple...
Pour ma part je trouverais sain que l'on trouve des produits, rentables pour ceux qui les créent, sous Linux. Je suis très paresseux, aussi aurais-je déjà dû faire un journal avec des exemples récents de produits développés ou proposés sous Linux. Par exemple de la société américaine Delta Tau qui a développé sa nouvelle gamme de produits, des cartes d'axes destinées à la robotique et à la machine-outil sous Linux. Ce sera la gamme des Power PMAC. Elle a été développée avec Mono sous RT-Linux, parce que, a dit son développeur principal, RT-Linux possédait 99% des caractéristiques dont ils avaient besoin. Ils ont donc développé à façon le 1% qui leur manquait. Je ne sais pas s'ils ont assuré la publicité de ce 1% de code, et donc contribué. Le tout pour faire un produit qui se programme avec Visual Studio 8 sous Windows... Mais qui peut tout aussi bien être programmé de l'intérieur avec GCC.
Il y a aussi la société allemande Wago, qui propose, à côté de divers connecteurs qui sont son activité principale, des modules d'entrées et sorties déportées, fonctionnant avec la plupart, voire tous les bus industriels existants (Modbus sous toutes ses formes, Profibus, CANopen, DeviceNet, etc.). Ils proposent aussi ce genre de modules avec de l'intelligence embarquée, qui permettent de programmer selon la norme IEC-1161 (de mémoire...). Parmi ces modules on en trouve un qui est un mini-PC industriel qui fonctionne sous Linux. Voyez http://www.wago.com/wagoweb/documentation/index_e.htm il y a le 750-860 qui fonctionne sous Linux, mais il est un peu vieux, il y en a un plus récent dont j'ai la doc à mon lieu de travail, mais là je ne suis pas au boulot.
Tout ça pour dire que l'industrie, si la menace des brevets logiciels se dissipe, a toutes les raisons d'adopter significativement Linux. Légèreté, faible empreinte mémoire, outils de développement et bibliothèques accessibles, présence d'environnements temps-réel et plein d'autres avantages, j'ajouterais bien aussi celui de ne pas être à la merci des délires du service marketing d'une entreprise monopolistique, l'y attirent. Je pense en outre que l'industrie serait très intéressée qu'il y ait une distribution « Mme Michu capable » qui soit utilisée par un large public. Un large public, ça veut dire une large diffusion, des économies d'échelle, des produits éprouvés. Depuis quelques années, beaucoup d'éléments, à commencer par les PC, utilisés dans l'industrie ont leur origine dans des produits grand-public. Je pense, entre autres, par exemple au matériel destiné à la vision industrielle, dont les principaux composants sont issus de l'électronique grand-public.
Je ne vois pas en quoi nous serions perdants si Linux devenait un acteur de large audience. Ce qui pourrait principalement l'en empêcher, je le répète, ce sont les brevets logiciels, et ça se décide au niveau des institutions européennes. Les élections européennes, c'est l'an prochain...