C'est au contraire un excellent système, le seul permettant une représentation équitable des diverses sensibilités.
Encore faut-il qu'il soit correctement fait, ce qui ne semble pas être le cas pour les élections européennes en France.
La première des choses, pour éviter un éparpillement en de multiples petits partis, c'est d'établir un quorum, c'est-à-dire que pour prétendre à participer à la répartition, une liste doit recueillir un pourcentage minimum de voix, par exemple, 5 %.
La deuxième chose, c'est de ne pas avoir de liste bloquée. Je prends exemple sur ce qui se passe en général en Suisse :
Imaginons que lors d'une élection à une assemblée comportant 100 membres, un électeur choisit la liste X, la liste X obtient 100 suffrages de liste, qui vont servir à calculer la répartition entre listes concurrentes, chaque personne sur la liste obtient 1 suffrage individuel. Si la liste X a droit à, par exemple, 9 candidats élus, ce sont les 9 candidats de la liste X qui obtiennent le plus de voix individuelles qui sont élus. La position dans la liste ne joue strictement aucun rôle.
L'électeur peut maintenant modifier la liste :
1) Il peut alors biffer autant de candidat qu'il le veut sur la liste, la liste obtient toujours 100 voix de liste, mais les candidats biffés ne reçoivent pas de voix individuelles. Cela permet de diminuer les voix des candidats que l'on apprécie peu tout en conservant l'intégralité des voix pour la liste. On appelle cela le latoisage.
2) Il peut rajouter sur la liste X un (ou plusieurs) candidat(s), appelons-le C, de la liste Y, la liste X reçoit 99 voix de liste, la liste Y reçoit 1 suffrage de liste, les candidats de la liste X non biffés reçoivent chacun un suffrage individuel et le candidat C (de la liste Y) reçoit un suffrage individuel. Cela permet de donner une voix individuelle à un candidat que l'on apprécie mais qui figure sur une autre liste que sa liste préférée. On parle alors de panachage.
3) Il est possible de combiner latoisage et panachage.
4 ) Pour les élections au niveau fédéral (et peut-être dans d'autres cantons que Genève, mais je ne connais pas), il est possible de rajouter une fois le nom d'un candidat de la liste, ce qui revient à donner 2 suffrages individuel à un candidat que l'on désire favoriser par rapport à ses co-listiers.
Voilà un système proportionnel qui me parait assez bien construit.
Les diverses sensibilités sont représentées proportionnellement, mais en évitant l'émiettement en petites formations rendant une assemblée totalement ingérable. Les partis ne font pas la pluie et le beau temps, parce que, par latoisage et panachage (sans compter le redoublement du nom d'un candidat) c'est en définitive l'électeur qui a le dernier mot.
# Au contraire, un excellent système !
Posté par abgech . En réponse au journal [HS] Mort au scrutin proportionnel !. Évalué à 10.
Encore faut-il qu'il soit correctement fait, ce qui ne semble pas être le cas pour les élections européennes en France.
La première des choses, pour éviter un éparpillement en de multiples petits partis, c'est d'établir un quorum, c'est-à-dire que pour prétendre à participer à la répartition, une liste doit recueillir un pourcentage minimum de voix, par exemple, 5 %.
La deuxième chose, c'est de ne pas avoir de liste bloquée. Je prends exemple sur ce qui se passe en général en Suisse :
Imaginons que lors d'une élection à une assemblée comportant 100 membres, un électeur choisit la liste X, la liste X obtient 100 suffrages de liste, qui vont servir à calculer la répartition entre listes concurrentes, chaque personne sur la liste obtient 1 suffrage individuel. Si la liste X a droit à, par exemple, 9 candidats élus, ce sont les 9 candidats de la liste X qui obtiennent le plus de voix individuelles qui sont élus. La position dans la liste ne joue strictement aucun rôle.
L'électeur peut maintenant modifier la liste :
1) Il peut alors biffer autant de candidat qu'il le veut sur la liste, la liste obtient toujours 100 voix de liste, mais les candidats biffés ne reçoivent pas de voix individuelles. Cela permet de diminuer les voix des candidats que l'on apprécie peu tout en conservant l'intégralité des voix pour la liste. On appelle cela le latoisage.
2) Il peut rajouter sur la liste X un (ou plusieurs) candidat(s), appelons-le C, de la liste Y, la liste X reçoit 99 voix de liste, la liste Y reçoit 1 suffrage de liste, les candidats de la liste X non biffés reçoivent chacun un suffrage individuel et le candidat C (de la liste Y) reçoit un suffrage individuel. Cela permet de donner une voix individuelle à un candidat que l'on apprécie mais qui figure sur une autre liste que sa liste préférée. On parle alors de panachage.
3) Il est possible de combiner latoisage et panachage.
4 ) Pour les élections au niveau fédéral (et peut-être dans d'autres cantons que Genève, mais je ne connais pas), il est possible de rajouter une fois le nom d'un candidat de la liste, ce qui revient à donner 2 suffrages individuel à un candidat que l'on désire favoriser par rapport à ses co-listiers.
Voilà un système proportionnel qui me parait assez bien construit.
Les diverses sensibilités sont représentées proportionnellement, mais en évitant l'émiettement en petites formations rendant une assemblée totalement ingérable. Les partis ne font pas la pluie et le beau temps, parce que, par latoisage et panachage (sans compter le redoublement du nom d'un candidat) c'est en définitive l'électeur qui a le dernier mot.