Beaucoup de langues s'écrivent de manière phonétique, je ne considère pourtant pas ces locuteurs comme des abrutis.
Très bien, mais nous ne parlons pas de ces langues, nous parlons du français qui ne fonctionne pas ainsi. Si demain je me met à remplacer mes lettres par des hiéroglyphes en expliquant que d'autres langues sont ainsi, on risque de me prendre pour un abruti, ou de me soupçonner de cacher quelque choses. Sans doute les deux.
Oui, et c'est ce que l'on fait depuis des siècles en la "normalisant", justement ! Avec à chaque fois le risque de faire perdre son origine à l'oreil de "tout le monde" (Hôpital => hospital => hospice => hospitalité etc.)
La "proposition" implicite du essèmesse ne me paraît pas pertinente, mais elles le semblent pour de nombreuses personnes et certaines sont mêmes, révélation, intelligentes.
Victimes, plutôt, de présupposés idéologiques que je ne partage pas, vous vous en doutez.
Ce fonctionnement, une graphie pour plusieurs significations, existe déjà en français. Son utilisation a était amplifiée.
Oui, et cela était particulièrement remarquable lorsque le français était une langue transmise principalement par l'oral. À l'écrit, seul des lettrés pouvait se retrouver dans les multiples graphies car ils entendaient les mots et connaissaient plus ou moins bien leurs diverses origines.
Lisez Rabelais à haute voix, tout s'éclaire !
Seulement, votre présupposé c'est la simplification du discours. Or, vous cherchez des arguments dans une époque ou l'écrit était réservé à une élite !
Certains termes ont diverses graphies, est-ce que ça gêne la compréhension ?
À l'oral, peu souvent, mais à l'écrit, oui.
De plus vous confondez diversité des graphies avec RÉDUCTION à une seule graphie ! Qu'un même mot ait plusieurs graphies est une chose. Qu'un ensemble de mots phonétiquement proches soient systématiquement réduits à une seule graphie en est une autre.
Remarquez cependant qu'à l'oral, on différencie sémantiquement très bien "ces" de "ses" alors qu'ils sont phonétiquement identiques. Ce n'est donc pas notre oreille qui les différencie mais notre cerveau.
Nous en reparlerons dans plusieurs dizaines d'années. Certes, il est fort probable que la différence entre le possessif et le démonstratif perdurera au moins de manière floue, mais il est d'autres termes, d'autres sens, qui risques de subir un sort bien moins clément beaucoup plus rapidement.
Ce n'est pas un problème de mots, c'est un problème de pensée.
On ne connait qu'en faisant des distinctions. Et on ne peut faire des rapprochements entre des choses différentes, que si on a auparavant fait des distinctions.
Si la simplification d'une langue est souvent nécessaire, la pratique qui consiste à réduire systématiquement une langue afin de la rendre pratique, est destructeur.
Destructeur, pas pour la langue, qui n'est rien en soi, mais pour la pensée. Car alors le champs de la pensée se réduit, le monde se réduit, tout devient pauvre. Là où nous aurions pu voir plusieurs événements en construisant un seul, nous ne voyons plus qu'une seule chose. Là où nous aurions du percevoir un geste plein d'une histoire longue et profonde, nous ne voyons qu'un mouvement du bras.
Misère de la réduction ! Toi qui, par exemple, ne peut voir pleinement le sens si limpide de l'orientation !
L'orientation est un excellent exemple.
Prenons la messe. On nous a rabâché les oreilles avec la messe dite "face au peuple" et "dos au peuple". Soyons clair, il n'est nul part écrit dans Sacrosanctum Concilium que la messe doit dorénavant se faire "face au peuple" (à part pour la liturgie de la parole).
Ça n'est pas dit, tout simplement parce que la prière ne doit avoir qu'une seule "direction" symbolique : l'orient.
L'orient, vers lequel toutes les églises (sauf cas particuliers) sont dirigées. L'orient, le soleil levant, qui symbolise le Christ.
D'où le mot ORIENTATION. Une messe bien orientée est une messe... orientée. Tournée vers Dieu, vers l'est. Et cela n'a rien à voir avec le "peuple" manifestement devenu trop anthropocentré.
Voilà comment la perte du sens d'un seul mot, l'orientation, a pu permettre au fil des temps ce vocable aberrant : messe "face au peuple" et "dos au peuple".
Si nous nous souvenions encore du sens du mot "orientation", le choix des terme "face au peuple" et "dos au peupl" serait un choix ouvertement en conflit avec la signification profonde de la prière commune. Mais ce mot ne peut plus faire cela. L'ayant oublié, nous pouvons nous persuader que la célébration est une affaire entre soi et le prêtre.
[^] # Re: about sms
Posté par Camille_B . En réponse au journal Les vierges effarouchées du langage. Évalué à 6.
Très bien, mais nous ne parlons pas de ces langues, nous parlons du français qui ne fonctionne pas ainsi. Si demain je me met à remplacer mes lettres par des hiéroglyphes en expliquant que d'autres langues sont ainsi, on risque de me prendre pour un abruti, ou de me soupçonner de cacher quelque choses. Sans doute les deux.
Simplifier l'écriture permettrait d'en faciliter l'accès.
Oui, et c'est ce que l'on fait depuis des siècles en la "normalisant", justement ! Avec à chaque fois le risque de faire perdre son origine à l'oreil de "tout le monde" (Hôpital => hospital => hospice => hospitalité etc.)
La "proposition" implicite du essèmesse ne me paraît pas pertinente, mais elles le semblent pour de nombreuses personnes et certaines sont mêmes, révélation, intelligentes.
Victimes, plutôt, de présupposés idéologiques que je ne partage pas, vous vous en doutez.
Ce fonctionnement, une graphie pour plusieurs significations, existe déjà en français. Son utilisation a était amplifiée.
Oui, et cela était particulièrement remarquable lorsque le français était une langue transmise principalement par l'oral. À l'écrit, seul des lettrés pouvait se retrouver dans les multiples graphies car ils entendaient les mots et connaissaient plus ou moins bien leurs diverses origines.
Lisez Rabelais à haute voix, tout s'éclaire !
Seulement, votre présupposé c'est la simplification du discours. Or, vous cherchez des arguments dans une époque ou l'écrit était réservé à une élite !
Certains termes ont diverses graphies, est-ce que ça gêne la compréhension ?
À l'oral, peu souvent, mais à l'écrit, oui.
De plus vous confondez diversité des graphies avec RÉDUCTION à une seule graphie ! Qu'un même mot ait plusieurs graphies est une chose. Qu'un ensemble de mots phonétiquement proches soient systématiquement réduits à une seule graphie en est une autre.
Remarquez cependant qu'à l'oral, on différencie sémantiquement très bien "ces" de "ses" alors qu'ils sont phonétiquement identiques. Ce n'est donc pas notre oreille qui les différencie mais notre cerveau.
Nous en reparlerons dans plusieurs dizaines d'années. Certes, il est fort probable que la différence entre le possessif et le démonstratif perdurera au moins de manière floue, mais il est d'autres termes, d'autres sens, qui risques de subir un sort bien moins clément beaucoup plus rapidement.
Ce n'est pas un problème de mots, c'est un problème de pensée.
On ne connait qu'en faisant des distinctions. Et on ne peut faire des rapprochements entre des choses différentes, que si on a auparavant fait des distinctions.
Si la simplification d'une langue est souvent nécessaire, la pratique qui consiste à réduire systématiquement une langue afin de la rendre pratique, est destructeur.
Destructeur, pas pour la langue, qui n'est rien en soi, mais pour la pensée. Car alors le champs de la pensée se réduit, le monde se réduit, tout devient pauvre. Là où nous aurions pu voir plusieurs événements en construisant un seul, nous ne voyons plus qu'une seule chose. Là où nous aurions du percevoir un geste plein d'une histoire longue et profonde, nous ne voyons qu'un mouvement du bras.
Misère de la réduction ! Toi qui, par exemple, ne peut voir pleinement le sens si limpide de l'orientation !
L'orientation est un excellent exemple.
Prenons la messe. On nous a rabâché les oreilles avec la messe dite "face au peuple" et "dos au peuple". Soyons clair, il n'est nul part écrit dans Sacrosanctum Concilium que la messe doit dorénavant se faire "face au peuple" (à part pour la liturgie de la parole).
Ça n'est pas dit, tout simplement parce que la prière ne doit avoir qu'une seule "direction" symbolique : l'orient.
L'orient, vers lequel toutes les églises (sauf cas particuliers) sont dirigées. L'orient, le soleil levant, qui symbolise le Christ.
D'où le mot ORIENTATION. Une messe bien orientée est une messe... orientée. Tournée vers Dieu, vers l'est. Et cela n'a rien à voir avec le "peuple" manifestement devenu trop anthropocentré.
Voilà comment la perte du sens d'un seul mot, l'orientation, a pu permettre au fil des temps ce vocable aberrant : messe "face au peuple" et "dos au peuple".
Si nous nous souvenions encore du sens du mot "orientation", le choix des terme "face au peuple" et "dos au peupl" serait un choix ouvertement en conflit avec la signification profonde de la prière commune. Mais ce mot ne peut plus faire cela. L'ayant oublié, nous pouvons nous persuader que la célébration est une affaire entre soi et le prêtre.
Un exemple parlant, non ?