• # Ce n'est pas un néologisme, c'est un barbarisme

    Posté par . En réponse au journal Les vierges effarouchées du langage. Évalué à 1.

    Dans la préhistoire, le nombre de mots existant était beaucoup plus élevé qu'on ne le pense. Un objet, un nom. On appelait gragrarc le grand arbre à l'entrée de la grotte, ralgrac le grand arbre calciné au sommet de la colline et raoul le petit arbre à sa droite. Il était impossible à l'époque d'expliquer un itinéraire. Soit l'autre connaissait le mot parce qu'il connaissait l'objet et donc savait déjà ou aller, soit il ne savait pas ou aller et ne reconnaissait pas le mot.

    Quand le langage a commencé à se structurer, le nombre de mots a paradoxalement commencé à diminuer. Parce que les mots ont pris un sens il n'avait pas à être aussi nombreux. Quelque soit la taille, la couleur, la position géographique de gragrarc, ralgrac ou raoul, ils avaient suffisamment de points communs pour qu'on leur donne un nom générique. Et, 10000 ans avant Helen_Keller, on découvre qu'il est plus simple, plus efficace qu'un mot désigne une idée plutôt qu'un objet concret.

    Du coup, tout devient plus simple: Lorsque mappy.rock indique qu'il faut marcher dos au soleil jusqu'à l'arbre, on sait ce que l'on va rencontrer, même si l'on n'a jamais vu cet arbre en particulier.

    Bien sur, cela ne fonctionne que si chacun sait ce qu'est un arbre. Et un soleil. Et un dos.

    Alors oui, quand je rencontre des gens qui ont envie de donner un petit nom à chacun des arbres de la forêt, ça me fait tiquer.