Tout cela n'est valable que parce qu'il s'agit de formes dégénérées d'un contexte globalement bien tenu. Comme il y a redondance et que, statistiquement, tu peux lire ou entendre une forme correcte dans la majorité des cas, tu peux faire le distingo entre ce qui relève du signal et ce qui tient du bruit. C'est exactement la même chose que dans le cas de cette célèbre citation :
Sleon une édtue de l'Uvinertisé de Cmabrigde, l'odrre des ltteers dnas un mto n'a pas d'ipmrotncae, la suele coshe ipmrotnate est que la pmeirère et la drenèire soeint à la bnnoe pclae.
Le rsete peut êrte dnas un dsérorde ttoal et vuos puoevz tujoruos lrie snas porlbème.
C'est prace que le creaveu hmauin ne lit pas chuaqe ltetre elle-mmêe, mias le mot cmome un tuot.
Maintenant, imagine un étranger, complètement ab initio, essayant d'apprendre la langue en partant du S.M.S. Comme, selon toi, le dictionnaire ne doit même plus faire référence, il n'a aucun moyen de savoir de quels mots il s'agit réellement. Pire que ça : d'ici une cinquantaine d'année, comme le contexte ne sera plus du tout le même, les francophones natifs de la langue eux-mêmes ne seront plus capables de la lire. Il n'y a qu'à entendre les expressions « jeunes » de nos parents ou grands parents pour se rendre compte qu'il n'y a plus rien de commun avec le langage actuel.
Si l'on dépasse le siècle, alors les textes entiers seront inutilisables. La totalité des racines étymologiques seront noyées dans cet espèce de magma. La civilisation a pris son essor dès lors que l'on a pu transmettre de façon fiable les connaissances à travers l'espace (géographie, longues distances) et le temps (les générations successives).
Le langage S.M.S. n'est pas une culture, c'est un phénomène de société. Il correspond assurément à une époque (et sa génération), il est intéressant à étudier d'un point de vue sociologique, mais il n'a pas à être défendu et encore moins enseigné, par exemple. D'autre part, je pense que c'est une forme de nivellement par le bas : « l'orthographe, c'est difficile ? On n'a qu'à dire que c'est comme cela qu'on parle à partir de maintenant. ». J'ai rien contre ça quand c'est justifié (bosser dur pour rien, c'est stupide), mais là, je pense que ça ne l'est pas. Ce commentaire, par exemple, est écrit d'une manière que j'estime correcte, et cela ne m'a pas demandé d'effort particulier.
Comme, en outre, la dégradation chronique de l'orthographe est un phénomène récent alors que, pendant des siècles, les générations d'écoliers n'ont jamais rencontré de telles difficultés, j'affirme - pour ma part - qu'il s'agit d'un problème et pas d'une tendance.
[^] # Re: Ognon
Posté par Obsidian . En réponse au journal Les vierges effarouchées du langage. Évalué à 10.
Maintenant, imagine un étranger, complètement ab initio, essayant d'apprendre la langue en partant du S.M.S. Comme, selon toi, le dictionnaire ne doit même plus faire référence, il n'a aucun moyen de savoir de quels mots il s'agit réellement. Pire que ça : d'ici une cinquantaine d'année, comme le contexte ne sera plus du tout le même, les francophones natifs de la langue eux-mêmes ne seront plus capables de la lire. Il n'y a qu'à entendre les expressions « jeunes » de nos parents ou grands parents pour se rendre compte qu'il n'y a plus rien de commun avec le langage actuel.
Si l'on dépasse le siècle, alors les textes entiers seront inutilisables. La totalité des racines étymologiques seront noyées dans cet espèce de magma. La civilisation a pris son essor dès lors que l'on a pu transmettre de façon fiable les connaissances à travers l'espace (géographie, longues distances) et le temps (les générations successives).
Le langage S.M.S. n'est pas une culture, c'est un phénomène de société. Il correspond assurément à une époque (et sa génération), il est intéressant à étudier d'un point de vue sociologique, mais il n'a pas à être défendu et encore moins enseigné, par exemple. D'autre part, je pense que c'est une forme de nivellement par le bas : « l'orthographe, c'est difficile ? On n'a qu'à dire que c'est comme cela qu'on parle à partir de maintenant. ». J'ai rien contre ça quand c'est justifié (bosser dur pour rien, c'est stupide), mais là, je pense que ça ne l'est pas. Ce commentaire, par exemple, est écrit d'une manière que j'estime correcte, et cela ne m'a pas demandé d'effort particulier.
Comme, en outre, la dégradation chronique de l'orthographe est un phénomène récent alors que, pendant des siècles, les générations d'écoliers n'ont jamais rencontré de telles difficultés, j'affirme - pour ma part - qu'il s'agit d'un problème et pas d'une tendance.