• [^] # Re: about sms

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Les vierges effarouchées du langage. Évalué à 0.

    Ce qui permet sans se tromper d'affirmer que le langage "sms" est une langue d'abrutis vient tout simplement du fait qu'il ne s'agit que d'une "phonétisation" raccourcie des mots.

    Beaucoup de langues s'écrivent de manière phonétique, je ne considère pourtant pas ces locuteurs comme des abrutis. Simplifier l'écriture permettrait d'en faciliter l'accès. La "proposition" implicite du essèmesse ne me paraît pas pertinente, mais elles le semblent pour de nombreuses personnes et certaines sont mêmes, révélation, intelligentes.

    Ce qui présuppose qu'un mot français se prononce toujours de la même façon, et qu'à un son unique correspond un mot unique. Ce qui dans les deux cas est faux et réducteur. Disons-le : stupide.

    À l'oral, l'accentuation (non-marquée en français) est variable (non, elle ne tombe pas systématiquement à la fin des mots). Aux lettres correspondent diverses prononciations et à un même son ou même ensemble de sons (homophones) correspondent divers sens, exemple : sol, sole, sol; mer; maire; mère. Mais une même graphie, mère, possède généralement divers acceptation. D'ailleurs, pour une entrée, une graphie, dans un dictionnaire correspond rarement une seule définition.
    Ce fonctionnement, une graphie pour plusieurs significations, existe déjà en français. Son utilisation a était amplifiée.

    Petite exemple tiré de l'article : oignon. Terme que nous pouvons malheureusement, je vais expliquer pourquoi, écrire dorénavant : ognon. Pourquoi malheureusement ? Parce que dans certaines régions de France il est pronconcé "OIgnon", soit en dialecte SMS : oinion.

    Certains termes ont diverses graphies, est-ce que ça gêne la compréhension ?

    Pensons à également à une phrase comme celle-ci : "C grav il a perdu c choçur"

    Il a perdu quoi ? Ses chaussures, ou ces chaussures ? Qu'importe ces chères têtes blondes, même lorsqu'elle s'efforce d'écrire selon la norme ne savent plus faire la différence entre un démonstratif et un possessif.


    Remarquez cependant qu'à l'oral, on différencie sémantiquement très bien "ces" de "ses" alors qu'ils sont phonétiquement identiques. Ce n'est donc pas notre oreille qui les différencie mais notre cerveau. Peut-être est-ce l'écrit qui demande davantage de différentiation que l'oral, les processus cognitifs n'étant pas les mêmes.

    Et là nous touchons à la pensée, pas seulement à la graphie.

    Et c'est grave docteur ? :p