• [^] # Re: *LE* dictionnaire ?

    Posté par . En réponse au journal Les vierges effarouchées du langage. Évalué à 5.

    Oui oui, les erreurs grammaticales n'existaient pas avant...

    Si vous remontez assez loin dans le passé, avant l'école obligatoire et l'âge d'or de l'école, en effet, les erreurs grammaticales étaient plus que nombreuses si on prenait en compte l'ensemble de la population.

    Il ne faut pas idéaliser l'école de nos parents. Je suis bien d'accord. Si vous n'y foutiez rien, vous n'y deveniez pas comme par magie un pro de l'orthographe et de la grammaire.

    Mais notre époque diffère de celle de nos parents en un point, et des temps plus lointains en un autre point :

    1) Aujourd'hui, même en travaillant correctement, à moins d'avoir la chance d'être né dans un monde de lettré et/ou de faire preuve de dons particuliers en la matière, et d'une bonne persévérance, vous ne pouvez plus obtenir une orthographe impeccable. Au mieux passable.

    Une orthographe telle celle de feu mon oncle, paysan du berry de son métier.

    2) Nous nous éloignions également d'une longue tradition de notre histoire en ce que nous comptons parmi ce que nous nommons les "puissants", ceux qui se montrent, les personnes publiques, des gens de toute première vulgarité. La maîtrise de la rhétorique est évidemment bien loin d'eux, et même de la très grande majorité de nos lettrés.

    La maîtrise de la parole avait commencé son magnifique déclin avec l'invention de l'imprimerie, laissant place à l'écrit, et donc à sa nécessaire "règlementation". Avec l'imprimerie la parole écrite a perdu petit à petit de sa force vitale, si je puis m'exprimer en ces termes, de sa puissance d'évocation et de sa capacité à irriguer nos vies.

    Aujourd'hui c'est l'écrit qui commence son lent déclin. L'écrit et sa plus faible capacité à irriguer nos vies.

    Vers, sans doute, une forme de "communication" (rien que l'aujourd'hui inévitable terme en dit long) encore plus rabougrie.

    Mais rassurons-nous, avec le rabougrissement s'accompagne à chaque fois la vitesse et l'étendue. Nous parlerons moins fortement, mais plus loin et plus vite. Nos mots ne traverserons pas le siècle, mais ils auront promenés leur sanglots médiocres sur toute la surface de la Terre, et peut-être même de l'Univers !