Justement, tu touches un point précis: pourquoi en France, quand on parle d'un chercheur, on pense immédiatement à un "fainéant dans son labo", alors que quand on parle d'un chercheur anglais ou américain, on pense tout de suite le contraire ?
Je pense que le problème se situe à plusieurs niveaux. Tout d'abord les anglo-saxons communiquent énormément vis-à-vis du public, en tout cas bien plus que les Français même si je trouve qu'il y a une certaine amélioration depuis quelques années, sans doute grâce aux projets qui sont de plus en plus européens d'ailleurs. Ça permet de montrer que l'argent ne disaparaît pas dans un trou noir, c'est plus facile de défendre un budget après.
Ensuite en France il y a l'association fonctionnaire == fainéant. Sauf que dans la recherche je connais peu de gens paresseux (bon si on exclut certaines secrétaires qui jouent au Solitaire toute la journée ou qui sont tellement empotées que c'est plus rapide de faire leur boulot à leur place, non ne riez pas, j'en connais pas mal). Au final les 35 heures et les montagnes de RTT ça fait rire la plupart des chercheurs, ils en voient rarement la couleur. La recherche n'est pas franchement compatible avec la paresse.
Justement, pourquoi un salaire misérable et des moyens ridicules pour faire de la recherche ?
Est-ce exactelement le même cas dans d'autres pays ?
Le salaire en France est faible même si on peut trouver pire dans les autres pays latins. En comparaison les salaires en Angleterre et surtout en Suisse et aux USA sont beaucoup plus élevés. En jeune chercheur est embauché en France à 24-25k€/an brut. Dans mon secteur aux USA le salaire typique d'embauche c'est dans les 70k$/an bruts et ça finit largement au-delà de 100k$. Après si les moyens pour faire de la recherche et la considération étaient meilleurs ça encouragerait à rester même pour un salaire faible. Aux USA même pour un petit projet il y a tout de suite beaucoup d'argent, des dizaines voire des centaines de milliers de dollars. Et les meilleurs chercheurs ont beaucoup d'argent, ce qui leur permet de développer leur recherche, acheter du matériel, racheter les heures d'enseignement, payer des postdocs, publier, aller en conf pour présenter leurs résultats et initier de nouvelles collaborations, etc. En France c'est le parcours du combattant pour obtenir des clopinettes. Mes collègues américains hallucinent lorsque je leur décris la situation française.
[^] # Re: Hérissons
Posté par med . En réponse au journal [HS] Pour info et désintoxication - recherche scientifique et université. Évalué à 3.
Je pense que le problème se situe à plusieurs niveaux. Tout d'abord les anglo-saxons communiquent énormément vis-à-vis du public, en tout cas bien plus que les Français même si je trouve qu'il y a une certaine amélioration depuis quelques années, sans doute grâce aux projets qui sont de plus en plus européens d'ailleurs. Ça permet de montrer que l'argent ne disaparaît pas dans un trou noir, c'est plus facile de défendre un budget après.
Ensuite en France il y a l'association fonctionnaire == fainéant. Sauf que dans la recherche je connais peu de gens paresseux (bon si on exclut certaines secrétaires qui jouent au Solitaire toute la journée ou qui sont tellement empotées que c'est plus rapide de faire leur boulot à leur place, non ne riez pas, j'en connais pas mal). Au final les 35 heures et les montagnes de RTT ça fait rire la plupart des chercheurs, ils en voient rarement la couleur. La recherche n'est pas franchement compatible avec la paresse.
Justement, pourquoi un salaire misérable et des moyens ridicules pour faire de la recherche ?
Est-ce exactelement le même cas dans d'autres pays ?
Le salaire en France est faible même si on peut trouver pire dans les autres pays latins. En comparaison les salaires en Angleterre et surtout en Suisse et aux USA sont beaucoup plus élevés. En jeune chercheur est embauché en France à 24-25k€/an brut. Dans mon secteur aux USA le salaire typique d'embauche c'est dans les 70k$/an bruts et ça finit largement au-delà de 100k$. Après si les moyens pour faire de la recherche et la considération étaient meilleurs ça encouragerait à rester même pour un salaire faible. Aux USA même pour un petit projet il y a tout de suite beaucoup d'argent, des dizaines voire des centaines de milliers de dollars. Et les meilleurs chercheurs ont beaucoup d'argent, ce qui leur permet de développer leur recherche, acheter du matériel, racheter les heures d'enseignement, payer des postdocs, publier, aller en conf pour présenter leurs résultats et initier de nouvelles collaborations, etc. En France c'est le parcours du combattant pour obtenir des clopinettes. Mes collègues américains hallucinent lorsque je leur décris la situation française.