• [^] # Re: Etonnement

    Posté par . En réponse au journal "En France, les inventeurs peu reconnus et mal payés". Évalué à 1.

    Or une ouverture à la concurrence précède ou suit toujours de très très près une privatisation. A quoi ça servirait sinon de laisser d'autres entreprises assurer une partie du service si ce n'est pour s'en désengager ?

    Si le service en question rapporte de l'argent à l'état plus qu'il ne lui en coûte, c'est crétin de laisser d'autres entreprises grignoter la part du gâteau, et si l'état fournit un service non rentable, quelle entreprise privée mue par l'appât du gain voudrait se mettre à sa place ?

    Les seule explications plausible sont :
    - une partie du service en question seulement soit rentable (dans le cas de la poste : l'activité bancaire, mais pas la distribution d'une énorme masse de courrier pour un ridicule petit timbre de 30 cents) et c'est cette partie rentable qui fait piaffer de désir des actionnaires privés, qui se voient déjà en train de prendre le contrôle du bidule suffisamment, et rentabiliser potentiellement la partie non rentable (en faisant monter les tarifs, en mettant moins de moyens seulement aux endroits où c'est rentable comme les grandes villes et en laissant tomber le reste, les nombreux petits coins de campagnes où on va trouver qu'un facteur pour 3-4 villages c'est trop, et on n'en mettra qu'un pour 20, ou qu'on enverra une fois toutes les 2-3 semaines passer un gros camion dans chaque village avec plein de courrier dans un grand sac qu'on posera au milieu et les gens trieront bien, on va pas se laisser emmerder par 4 pelés et 3 tondus de provinciaux) ; ou encore on le vend à une grosse boîte de distribution type UPS, qui va faire la même chose (faire monter les tarifs, etc.)
    - le service est rentable et rapporte à l'état des sommes importantes (cas des autoroutes, que l'état à revendu à Vinci juste quand elles commençaient à repayer le coût de construction, que c'est ironique ; cas d'EDF, et des services de d'électricité dans d'autres pays européens) auquel cas le privé en bave généralement bien avant que la privatisation soit même discutée
    - le service est non-rentable comme pratiqué avant la privatisation parce que le service publique doit être assuré pour tous et pour le même coût pour tous tant que le service est publique (cas de la sécurité sociale, de l'éducation nationale) ; ici c'est simple : on accuse le système de ne pas être rentable financièrement et on parle du gouffre financier qu'il représente à longueur de discours politiques, d'interview, etc. , avant d'inviter le privé à faire concurrence ; ici le privé peut se permettre de pratiquer dans un premier temps une politique de tarifs bas (des fois l'état va même fournir des aides, comme dans l'éducation où l'état finance maintenant en partie les écoles privées) et remonter ses tarifs quand les clients sont arrivés, si possible progressivement pour que ça ne se sente pas tout de suite, ou laisser construire un système à 2 ou 3 vitesses (un système d'assurances santé à l'américaine, qui fait que ceux qui n'ont pas de couverture santé doivent payer de leur poche ou crever, ceux qui en ont une bas de gamme doivent batailler dur avec leur assurance santé pour obtenir des remboursements, et les gens qui ont une bonne mutuelle sont bien remboursés mais payent -ou leur patron paye- une somme importante que les moins fortunés ne peuvent se permettre)

    Mais je te l'accorde, tu n'as pas prononcé le mot "privatisation".