L'implication n'est pas logiquement floue, elle est logiquement fausse. S'il y a corrélation statistique entre stress et mensonge, c'est sans compter que la volonté des menteurs rentre en ligne de compte, ainsi que la situation dans laquelle ils sont placés.
Je recommence avec un autre exemple à 2 cents :
Mettons que j'invente un détecteur de gens mouillés, qui dans des circonstances normales détecte à 95% de fiabilité une personne mouillée, et que je décrète que ça peut servir de détecteur de gens qui viennent de prendre leur bain (en général, une personne qui sort du bain est mouillée, il y a donc corrélation). Maintenant, armé de mon détecteur de gens mouillés, je sors dans la rue.
Il pleut.
Est-ce que je n'ai pas décrété un peu vite que mon détecteur détectait avec une excellente marge de fiabilité les gens qui viennent de prendre un bain ?
Ici, c'est un peu pareil. Le bidule détecte les changements dans la voix (que l'on appelle "stress" un peu vite pour simplifier, mais bon). Dans des conditions optimales pour la personne mesurée, ça peut donner une bonne indication, mais quand on à affaire à des gens dans le besoin, ou qui ne comprennent pas bien les demandes de l'administratif au bout du fil, ou énervés à cause d'un problème dans leur dossier ?
Eh bien ça va faire beaucoup plus de faux positifs, qui vont faire s'allumer la petite lampe rouge, parce que l'outil probabiliste ne peut pas être conscient des facteurs humains qui amènent la voix à dégager du "stress".
De la même façon, quand on sonde une population d'individus humains, on en la déclare pas homogène, au contraire on essaye de la cartographier un peu à l'avance pour savoir comment "redresser" l'échantillon, c'est à dire donner à des gens que l'on juge plus ou moins représentatifs plus ou moins de poids dans la mesure, et surtout on ne laisse pas un ordinateur les interpréter, c'est toujours un statisticien derrière qui réfléchit à ce que ça veut dire. Et même là, les interprétations sont toujours à prendre avec des pincettes.
Tout ça pour dire que les outils probabilistes et statistiques, ce sont de bons outils à bien utiliser, et pas pour n'importe quoi, comme c'est le cas ici.
[^] # Re: arf
Posté par Bastes . En réponse au journal Un «détecteur de mensonge» basé sur la voix. Évalué à 2.
Je recommence avec un autre exemple à 2 cents :
Mettons que j'invente un détecteur de gens mouillés, qui dans des circonstances normales détecte à 95% de fiabilité une personne mouillée, et que je décrète que ça peut servir de détecteur de gens qui viennent de prendre leur bain (en général, une personne qui sort du bain est mouillée, il y a donc corrélation). Maintenant, armé de mon détecteur de gens mouillés, je sors dans la rue.
Il pleut.
Est-ce que je n'ai pas décrété un peu vite que mon détecteur détectait avec une excellente marge de fiabilité les gens qui viennent de prendre un bain ?
Ici, c'est un peu pareil. Le bidule détecte les changements dans la voix (que l'on appelle "stress" un peu vite pour simplifier, mais bon). Dans des conditions optimales pour la personne mesurée, ça peut donner une bonne indication, mais quand on à affaire à des gens dans le besoin, ou qui ne comprennent pas bien les demandes de l'administratif au bout du fil, ou énervés à cause d'un problème dans leur dossier ?
Eh bien ça va faire beaucoup plus de faux positifs, qui vont faire s'allumer la petite lampe rouge, parce que l'outil probabiliste ne peut pas être conscient des facteurs humains qui amènent la voix à dégager du "stress".
De la même façon, quand on sonde une population d'individus humains, on en la déclare pas homogène, au contraire on essaye de la cartographier un peu à l'avance pour savoir comment "redresser" l'échantillon, c'est à dire donner à des gens que l'on juge plus ou moins représentatifs plus ou moins de poids dans la mesure, et surtout on ne laisse pas un ordinateur les interpréter, c'est toujours un statisticien derrière qui réfléchit à ce que ça veut dire. Et même là, les interprétations sont toujours à prendre avec des pincettes.
Tout ça pour dire que les outils probabilistes et statistiques, ce sont de bons outils à bien utiliser, et pas pour n'importe quoi, comme c'est le cas ici.