Le disque dur de mon ordinateur est chiffré (entièrement). Que j'aie des choses "à cacher" ou pas... ça reste très relatif comme notion. À qui ? Selon quel critère ? Pour moi, chiffrer son disque dur, tout comme chiffrer ses mails, c'est un peu comme mettre une enveloppe sur le courrier qu'on envoie : d'une, pas besoin d'avoir des choses à cacher pour tenir à avoir une certaine "intimité". De deux, si on chiffrait seulement les trucs qu'on veut cacher, ça serait un peu voyant... Une des forces des algos de chiffrement, c'est certes le nombre de clés possibles, mais c'est aussi la quantité de données chiffrées dont on ne sait pas lesquelles valent l'effort...
Observation corollaire : plus tout le monde chiffre ses données, plus ça banalise cette pratique, et protège (des soupçons, des tentatives d'intrusion, etc.) tout le monde en même temps.
Autre point : la question de vouloir cacher le fait qu'on a des données chiffrées. Ça s'appelle "plausible deniability" en anglais. Ça permet par exemple en théorie de nier que tu as des données chiffrées, au cas où on t'oblige à donner la clé (par la force, la menace, ou la loi, qui est un mélange plus ou moins direct des deux premiers), ou bien de donner une clé qui ouvre l'accès à une partie seulement des données, sans qu'on puisse soupçonner qu'il y en a d'autres. C'est le principe de systèmes tels que Phonebook (vieux, plus développé, je n'en ai pas d'autres en mémoire mais ça se trouve facilement).
En théorie c'est le système idéal, mais dans la pratique c'est un problème mathématique vraiment complexe. Je crois me souvenir que Bruce Schneier a écrit un article il y a moins d'un an de ça, expliquant un peu les difficultés que ça soulève ; mais par ailleurs c'est un sujet quand même (relativement) pas mal traité.
# Pourquoi (ne pas) chiffrer ?
Posté par davux . En réponse au journal Chiffrage : Méthode et Utilité. Évalué à 7.
Observation corollaire : plus tout le monde chiffre ses données, plus ça banalise cette pratique, et protège (des soupçons, des tentatives d'intrusion, etc.) tout le monde en même temps.
Autre point : la question de vouloir cacher le fait qu'on a des données chiffrées. Ça s'appelle "plausible deniability" en anglais. Ça permet par exemple en théorie de nier que tu as des données chiffrées, au cas où on t'oblige à donner la clé (par la force, la menace, ou la loi, qui est un mélange plus ou moins direct des deux premiers), ou bien de donner une clé qui ouvre l'accès à une partie seulement des données, sans qu'on puisse soupçonner qu'il y en a d'autres. C'est le principe de systèmes tels que Phonebook (vieux, plus développé, je n'en ai pas d'autres en mémoire mais ça se trouve facilement).
En théorie c'est le système idéal, mais dans la pratique c'est un problème mathématique vraiment complexe. Je crois me souvenir que Bruce Schneier a écrit un article il y a moins d'un an de ça, expliquant un peu les difficultés que ça soulève ; mais par ailleurs c'est un sujet quand même (relativement) pas mal traité.