• [^] # Re: Chasse aux immunisés?

    Posté par . En réponse au journal [HS] Un patient guerri du sida. Évalué à 6.

    - On ne change pas d'avis au dernier moment. Lorsque l'on prend Rendez-Vous pour devenir donneur de moelle osseuse, il nous est effectivement rappelé très clairement, et à plusieurs reprises, que c'est un engagement à long terme et qu'il est quand même préférable d'avoir une conviction qui tient dans le temps.

    En même temps, le jour où on t'annonce que tu est compatible avec quelqu'un qui a besoin d'un don, sans quoi il est condamné, j'imagine que tu oublies ta peur des aiguilles et que tu prends ton courage à deux mains. Ceci dit ça ne m'est pas (encore?) arrivé, donc je ne sais pas comment j'aurais réagit.

    - Le boulot va pas être content (congé maladie) Dans ce cas, il ne doit pas être content quand tu prends des congés maladie.

    Franchement si ton supérieur hiérarchique direct est trop con pour comprendre que la vie d'une personne est en jeu et que ça vaut un peu plus que quelques jours de travail (qui si je ne me trompe pas sont, au moins en partie, indemnisés), ben c'est même pas la peine de lui expliquer. L'hôpital te fait un arrêt maladie et je ne suis pas sûr que la raison soit mentionnée dessus. Si ce n'est pas le cas, je crois que ça ne le regarde pas. Tu étais hospitalisé pour des raisons personelles, il n'a pas besoin d'en savoir plus.

    - Ca fait mal (1 semaine d'arrêt si je me souviens bien, et c'est pas pour rien) Ça c'est le don de moelle classique. Il est maintenant possible (sur proposition du médecin du receveur) de faire un (ou deux) dons de cellules souches périphériques. Au lieu d'être hospitalisé la veille du don + le jour du don (soit deux jours), le donneur recevra alors des injections stimulant la production de cellules souches de la moelle. Ces cellules seront recueillies par Cytaphérèse[1], ce qui évite l'hospitalisation et l'anesthésie.


    Par contre, il faut aussi noter qu'il n'y a qu'une chance sur un million que deux individus pris au hasard aient un système HLA compatible (cette recherche intervient après la recherche dans la fratrie où chaque individu a autour d'une chance sur 3 à une chance sur 4 d'être compatible). Pour comparaison, il y a 150 000 donneurs inscrit en France (fort heureusement les recherches se font directement dans tous les pays possédant des registres de donneurs). Il faut bien se rendre compte que se porter volontaire ne changera dans l'immense, l'*énorme* majorité des cas rien du tout pour le donneur volontaire qui ne sera jamais appelé, Mais en augmentant fortement le nombre d'inscrits, on diminue la probabilité de ne trouver aucune donneur pour une personne donnée.

    "Ce que vous ferez sera insignifiant, mais il est essentiel que vous le faisiez" disait (à peu près) Gandhi. Ça s'applique bien dans ce cas également.

    Mais bon, l'état est à critiquer aussi : très rarement vu de la "propagande" pour les dons Personnellement j'en ai vu assez souvent, notamment dans les centres de transfusion sanguine. Ceci dit, je ne regarde exceptionnellement la télévision et je n'écoute que très rarement la radio. Peut être souhaitais tu souligner que ça ne passe pas dans ce type de médias. Je me rappelle vaguement d'un objectif auquel se serait engagé l'était (de l'ordre de 10 000 nouveaux donneurs volontaires par ans IIRC). Peut être que s'il n'y a pas plus de battage, c'est que les objectifs sont tenus ?

    et pas de carotte (une personne donnant beaucoup n'a pas plus de chances de recevoir si besoin) Ça ne me semble pas plus choquant que ça.

    D'abord parce que la probabilité de recevoir quelque chose dépend plus de la chance (trouver la bonne personne) que de la concurrence entre deux receveurs potentiels en concurrence.

    Ensuite parce que je préfère avoir une base de donneurs fiables. Laisser croire que si on est inscrit augmenterait probablement ne nombre de donneurs "spontanés", mais si c'est pour qu'ils se désistent le jour où on les appelle, ça n'a pas tellement d'intérêt.
    Par ailleurs je pense qu'on y gagnerait à faire plus dans la pédagogie (la vraie pédagogie, pas une pédagogie déguisée à la hadopi : si tu ne donnes pas tu es puni d'avoir moins de chance de recevoir). Pour moi une bonne solution serait d'expliquer tout ça à l'école, ça fait des années que j'en rêve (cours de sensibilisation, avec chiffres, exemples concrets sur les dons de sang, d'organe et de moelle, ce qui pourrait être couplé avec des cours de secourisme).

    [1] Même technique que lors du don de plasma ou de plaquettes (particulièrement semblable au don de plaquettes, qui se situent dans la même zone que les cellules souches lors de la centrifugation) : Le sang est prélevé, plus trié, afin de récupérer la partie qui nous intéresse, puis le reste est réinjecté au donneur.