• [^] # Re: Informaticien ?

    Posté par . En réponse au journal Le chercheur, l'ingénieur et l'informaticien. Évalué à 3.

    Sans te connaitre, j'ai l'impression à lire ta prose que tu rentres dans la catégorie des codeurs frustrés de ne pas recevoir la considération qu'ils estiment leur être due.

    Non. Pourtant, ça aurait pu, effectivement.

    En fait, j'aime mon métier, mais il est généralement bien considéré. Par contre, il y a effectivement beaucoup de gens qui pensent que ce n'est pas plus compliqué de bien programmer que de déboucher un évier. Pour autant, ce n'est pas forcément du mépris.

    Personnellement, je considère que algorithmie et programmation sont deux activités différentes. Elles peuvent être réalisées par la même personne sur un certain nombre de projets ou sur des éléments déterminés, mais cela reste des activités distinctes

    Ça en revient à ce que je disais au dessus. Un électronicien accompli est quelqu'un qui manie aussi bien le fer à souder que les formules qui régissent le phénomène. Après, évidemment, on peut se spécialiser, spécialement quand on fait de la micro-électronique.

    Malheureusement, je vois trop souvant dans mon boulot (bioinfo) des codes dont algo et implémentation ont été fait par la ou les mêmes personnes, et on obtient souvant des choses sous-optimales dans au moins une des deux catégories.

    Je travaille aussi dans une unité de bioinfo, même si je ne suis pas moi-même biologiste et ce cas de figure est très particulier : il est très difficile d'être à la fois très bon biologiste et très bon coder, parce que c'est une vraie double compétence, et que la bio est plus éloignée encore de l'informatique que le sont déjà les sciences dures traditionnelles.

    De toutes façons, la bioinformatique est un métier à part entière et pourtant récent. Il y a même des écoles qui se construisent pour se focaliser sur ce type d'application.

    asser de 5% à 10% d'utilisation CPU ne va pas changer la face du monde, mais dans le cas d'application de calcul ou d'applications critiques, ce n'est pas tout à fait la même chose.

    Oui mais justement. Le problème de la bioinfo est de coder des logiciels efficaces et qui soient adaptés aux besoins des biologistes. Là, tu vas avoir besoin de deux personnes spécialisées dans leur métier avec éventuellement un correspondant entre les deux.

    Par contre, passer de 10% à 5% d'utilisation du CPU, ça ne peut pas se faire efficacement sans bien connaître le fonctionnement de sa machine. Il faut bien se rendre compte que ça marche dans les deux sens : autant optimiser le code pour faire fonctionner un algo congénitalement pourri est absurde, autant considérer qu'un algorithme parfait sur le papier sera forcément le plus efficace quelque soit le contexte l'est tout autant.

    Et encore. Je pense que dans bien des cas, son boulot consiste en mettre ensemble des éléments prééxistants et trouver la "colle"qui permettra de faire de l'ensemble des pièces un tout cohérent et qui correspond au besoin (et aux contraintes).

    C'est aussi quelque chose qui pourrait être débattu longuement : jusqu'à quel stade faire de la veille technologique et de la recherche de l'existant reste-t-il plus efficace que de réinventer la roue ? Pas si simple d'y répondre, encore moins hors-contexte :-)

    Pour reprendre ton exemple de l'avion, le but n'est pas de savoir dessiner un boulon, [...] Ce n'est pas du calcul mathématique et pourtant c'est tout de même de l'ingénieurie

    C'est bien ça que je voulais dire : il s'agit d'un travail pluri-disciplinaire mais très lié, et surtout très appliqué.

    Après, vouloir limiter le travail de l'ingénieur technique au fait de pouvoir pondre du code, c'est soit être frustré, soit vouloir le remplacer à terme par des BTS sous peu ;-)

    J'expliquais le contraire.
    Je sais bien que mes posts sont particulièrement longs, mais quand même.

    Ensuite, 'faudrait peut-être remettre les choses à leur place et revaloriser aussi le métier des techniciens. C'est précisément parce que beaucoup de gens estiment qu'on n'est en mesure de raisonner seul qu'à partir du niveau ingénieur que le métier se galvaude. Même à Bac+2, point de salut, aujourd'hui, dirait-on.