• [^] # Re: Informaticien ?

    Posté par . En réponse au journal Le chercheur, l'ingénieur et l'informaticien. Évalué à 9.

    C'est-à-dire que, dit comme çà, j'ai l'impression que pour Aldoo, coder est une activité rebutante, voire dégradante (d'une part) et - surtout - que les gens qui le font n'arrivent qu'en bout de ligne pour traduire dans un langage donné un pseudo-code qui a déjà été prémaché par leurs supérieurs. Je pense que depuis 1960, ce modèle n'existe plus.

    D'une part, il y a bien longtemps que l'on ne distingue plus les analystes des programmeurs, d'autre part, ce sont ceux qui sont confrontés de près à l'utilisation de leur machine au quotidien qui développent le meilleur esprit d'analyse et qui pondent au final les algos les plus efficaces. Alors constater qu'il y a des gens qui pensent qu'au contraire, quand on est devant un écran, on n'est qu'exécutif, ça me scie.

    Aldoo a carrément écrit que le travail d'un programmeur ne réside que dans sa forme !
    En outre, il y a bien longtemps, également, que les ordinateurs ont dépassé le simple stade des outils d'aide aux mathématiques. Avec ce genre de raisonnement, on n'aurait jamais connu les jeux vidéos, par exemple.

    M'enfin bon. Tout cela est assez révélateur de la mentalité d'une certaine partie des scientifiques, que je pensais pourtant en nette régression. Les gens qui sont doués pour les mathématiques traditionnelles avaient l'habitude d'être les rois du monde, parce que ça s'applique à peu près tout les domaines de la vie courante : physique sous toutes ses formes, finances, astronomie, aérospatiale, etc. Or, il se trouve que les ordinateurs utilisent et poussent à l'extrême une branche très particulière de ces mathématiques dans laquelle ces gens-là ne sont pas plus avantagés que le commun des mortels. Malgré cela, les ordinateurs sont omniprésents. Et beaucoup de gens ne comprennent pas que l'on remette en cause l'universalité de leur connaissances.

    Et puis puisque l'on parle d'ingénierie, il est de fait que beaucoup de gens estiment désormais que l'activité principale d'un ingénieur n'est plus la conception, mais le management. Ça, déjà, ça pourrait faire jazzer pendant des heures, mais bon. Pour moi, l'emblématique de l'ingéniérie est la conception des ponts et des avions. Beaucoup de maths et de théorie initiale, certes, mais pour produire quand même au final des ouvrages d'art (dans tous les sens du terme). Spécialement, en aéronautique, d'ailleurs (« pour qu'un avion vole bien, il faut qu'il soit beau », selon Marcel Dassault).

    Avec ce genre d'approche, on arriverait à des trucs du style : « pour faire un avion, on part de l'existant - un autobus - on lui colle deux ailes et on motorise suffisamment, jusqu'à ce que ça vole ». Et quand je vois comment sont conduits certains projets, particulièrement en informatique, je me dis que c'est pas loin de la réalité.