• [^] # Re: Diviser pour mieux régner

    Posté par . En réponse au journal [:zzubbione]. Évalué à 10.

    Là je ne peux que bondir : Vous n'avez qu'un seul argument pour le tce : nice s'est pire. C'est l'argument qui ressort en boucle de tous les béni-oui-oui du tce qui se roulent avec plaisir dans le saupoudrage (aux yeux) de 3 mesurettes qui auraient peut être pu, selon le sens du vent, permettre probablement de ralentir un peu la casse ultralibérale.

    Le tce était un traité de merde, tu le sais (puisque tu dis que nice était encore pire) ,et oui il était moins pire que nice, mais ce n'en est pas moins de la merde.

    Ce que les gens veulent c'est un vrai traité social et humain, si l'élite ne sait pas faire, ne veux pas faire, ne peut pas faire parce que les pays ne veulent pas, c'est simple, ils ne le font pas. Il vaut mieux être seul que mal accompagné.

    Pour reposer le débat sur une base autre, je recopie le texte que j'avais posé chez éolas, qui comme toi nous rabache le sempiternel : nice et pire ou c'est pas vrai qu'on s'en moque de ce que vous pensez, lisbonne n'est pas le tce

    La problématique de la construction européenne, c'est qu'elle arrive à un tournant de l'histoire.
    1 - l'émergence d'un nouveau type de société avec le nouveau pouvoir qui va avec : des sociétés transnationales dont la masse critique permet d'infléchir les politiques locales.
    2 - Une augmentation ahurissante de la productivité, ce qui implique un baisse de l'emploi dans les secteurs qui bénéficient de cette productivité.
    3 - Une augmentation de l'espérance de vie qui implique un changement d'équilibre dans la rémunération des retraites.

    La crise actuelle que semble traverser une bonne partie des français n'est pas pour leur donner confiance en l'avenir.

    Ce que veux le peuple de france (et d'ailleurs), c'est le rève qu'un monde meilleur soit possible, même au prix de certains sacrifices. Ce qu'ils voient dans l'europe, c'est une gestion à minima des problématiques qui se posent. Et si on ajoute que le rève que leur vend les tartufes politiques nationaux se transforme dans la vraie vie en semi-cauchemard, imaginez un peu ce qu'ils voient dans cette gestion à minima de la crise, une fois transformée dans son quotidien.

    La confiance dans les élites politiques est à ce point perdue qu'il est impensable de donner un semblant de pouvoir à un bonhomme qui habite même pas ici. Dans une économie qui se libéralise (c'est une bonne chose), il faut absoluement un pouvoir politique fort qui fait l'arbitre. Arbitre qui défend le plus faible.

    Pourquoi dans les courses de chevaux on alourdit ceux qui vont plus vite ?
    Pourquoi dans les matchs de boxe on trie suivant les poids ?
    Pourquoi dans les classes on trie suivant les ages ?
    Et dans la vie de tous les jours, on laisse s'instaurer le bordel 'auto-disant-auto-régulant' !
    En plus, en acceptant le concept même de Lobby, on permet à celui qui a le plus de moyen financier d'expliquer mieux son point de vue.

    Ainsi, à tort ou à raison, la perception de l'avenir pour le 'peuple moyen' est assez sombre. Et il n'y a pas de raisons de penser qu'on essaie de construire un monde plus humain.

    il y a eu la révolution biologique (ou évolution génétique)
    il y a eu la révolution sociale (rassemblement des individus en groupes)
    il y a eu la révolution industrielle (croissance de la production)

    Chacun de ses cycles a vu une amélioration entre l'avant et l'après.
    Plus évolués, plus organisés, plus productifs.

    Le dernier stade est ce que j'appelle la révolution spirituelle, celle qui fait dire : "il a fallut être plus d'homme, il faut maintenant être plus homme" à ce brave Teilhard de Chardin. : c'est cela le dernier stade : plus homme. Mais pour arriver à cela, il faut être capable de changer radicalement le mode d'accès à la société : plus homme cela veut dire que je sacrifie de mon confort pour sauver une vie humaine (un clodo en train de crever de froid). C'est une étape très importante et qui devrait couler de source, car à chaque étape de l'évolution il avait fallu être plus 'ensemble' pour survivre. Mais au cours des 100 dernières années : nous avons désapris à nous entraider pour trouver dans son voisin un compétiteur ou un objet de haine.

    Et, par sérendipité, il faut des hommes visionnaires pour mener cette révolution, pas ceux qui ne pensent qu'aux copains, aux cac40, à leur ré-election. Il faut surtout un état qui régit ses changements avec finesse et intelligence.

    Lorsque les peuples ont répondus non à l'europe qui se contruit, ce n'est pas parce qu'ils détestent les voisins (c'est un épiphénomène), c'est parce qu'ils croient, au plus profond d'eux, même inconsiemment, dans une sorte d'instinct de survie de groupe, que les politiques actuels ne sont pas à même d'amorcer le virage nécessaire et que les outils qui se mettent en place (la gestion à minima) ne serviront qu'à être instrumentalisés par ceux-là même qu'il convient de réguler 'pour le bien de tous'. Ils croient fondamentalement que les efforts doivent être équitablement répartis pour éviter de raviver les haines d'un égoïsme par encore désapris et ne voit pas cet équitable se profiler, ni en ombre, ni en filligrane.

    Et aucun plan B, traité lambda, politique présent, discours démago, n'est capable de porter ces espoirs. Les vagues arnaques au "demain on rase gratis" ne prennent plus. Voila le pourquoi du non : nice, lisbonne, barcelone, madrid, tokyo on s'en moque.

    hervé_02 un noniste militant