• [^] # Re: Perso...

    Posté par . En réponse au journal Le pétrole, quelle salauperie !. Évalué à 3.

    > (il y a un maximum autorisé sur 3 jours, les chauffeurs doivent toujours avoir leurs "disques" sur eux en cas de contrôle).

    2 semaines, pas 3 jours. Il y a des règles à la journée, à la semaine et sur 2 semaines concernant la conduite. Plus des règles courants jusqu'à 28 jours pour la gestion des repos. Mais 3 jours, ça ne correspond à rien.

    > D'autant plus qu'il conserve ses heures de conduite autorisées
    Pas forcément. C'est compliqué, la RSE (Réglementation Sociale Européenne sur les temps de conduite et de repos). C'est en tout cas loin d'être aussi simple à gérer que tu ne l'imagines.

    > Il suffit de développer le ferroutage : le train parcourt la plus grande distance avec les conteneurs sur des wagons, le chauffeur dans une cabine/un compartiment/un siège et ce dernier prend le relai au départ et à l'arrivée, pour effectuer le chemin entre le "dépôt" et la gare.
    Et qui paie le chauffeur pendant le trajet en train ? Le transporteur, qui doit, en même temps payer le déplacement du camion sur le train ? Pas très sérieux. Ou alors, le chauffeur est considéré au repos, donc ses heures ne sont pas payées. Mais alors la distance expéditeur-Terminal 1/Terminal 2-destinataire, ça va pas payer grand'chose. Personne n'acceptera ce genre de boulot.

    Donc, c'est une mauvaise solution. La solution ferroutage, c'est de poser des semi-remorques ou des conteneurs sur des trains, et avoir 1 chauffeur au départ pour faire le trajet expéditeur-Terminal 1, et 1 autre chauffeur à l'arrivée pour faire Terminal 2-destinataire. Cependant, ça demande une bonne organisation, rien que pour avoir des tracteurs ou des portes-conteneurs des 2 côtés de la ligne.
    Ensuite, les horaires de chargement/déchargement de conteneur/semi ne sont pas flexibles du tout (j'ai bossé dans une boîte où c'était la galère tous les soirs pour faire partir le conteneur).
    Et le plus gros problème, qui fait que le ferroutage est une solution impossible à déployer pour les transporteurs, c'est que la rail n'a pas la flexibilité de la route.
    Exemple : la centrale d'achat Castorama pour la France se trouve sur Lesquin, dans le Nord de la France. Et tous les jours, des camions partent pour livrer les magasins dans toute la France, avec des heures de rendez-vous souvent limite le lendemain matin.
    Et dans ces magasins (Castorama, mais aussi Brico-dépôt, Bricoman, Point P, etc), la plupart du temps, les réceptionnaires sont de très gros CONS, qui peuvent faire attendre les chauffeurs plusieurs heures si ceux-ci ont eu le malheur d'arriver 15 minutes en retard. En fait, il n'y a même pas besoin d'être en retard, les cours étant tellement encombrées qu'il est parfois impossible de vider (si, si).
    Et donc, un camion qui prend du retard, c'est embêtant, mais on peut se débrouiller. Par contre, si le conteneur ne peut pas être rechargé à temps, ben pouf, tu vas vite être coincé, parce qu'un train n'attend pas un conteneur.

    Tout ça pour dire que les rigolos qui parlent de ferroutage feraient bien de commencer par regarder comment se passent les flux logistiques : aujourd'hui, ceux-ci sont dimensionnés pour faire du « juste-à-temps » par camion, il n'y a plus de stocks, les stocks sont dans les camions qui alimentent les industries et les commerces comme un système de noria.

    Il y a clairement des solutions pour réduire le nombre de poids-lourds sur les routes, mais elles demandent de se pencher très sérieusement sur le problème, et nécessitent la participation active de tous les acteurs économiques, qui devront les financer. <- et voilà pourquoi c'est foutu, ça risque trop de réduire les marges des actionnaires.

    Pour réduire le nombre de poids-lourds sur les routes, choisissez de faire vos achats chez des producteurs locaux, et n'allez pas dans les grandes surfaces (alimentaire, bazar, vêtements, bricolage ... ), elles en font un usage déraisonnable.